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CHAPITRE VI. SÉCRÉTIONS

sans compromettre la vie, et, d’autre part, les animaux qui ne survivent pas à l’extirpation de ces organes succombent également aux lésions opératoires qu’il faut pratiquer pour arriver jusqu’à elles. L’obscurité qui entoure encore les fonctions des capsules surrénales n’a donc pas été dissipée par les expérimentations dont nous parlons L

On a cru remarquer, dans ces derniers temps, entre l’aspect particulier de la peau, auquel on donne en pathologie le nom de peau bronzée , et les altérations des capsules surrénales (tubercules, hypertrophie, ramollissement), une coïncidence dont on cherche encore l’explication.

— Les fonctions du corps thyroïde sont tout aussi obscures que celles des capsules surrénales. On a souvent dit que les cris violents, que l’accouchement, que le coït, augmentaient le volume du corps thyroïde. Si on ne veut parler que d’un accroissement de volume temporaire et renfermé dans des limites peu étendues, la chose est possible ; elle est même probable, attendu que les divers actes dont nous parlons, étant accompagnés d 'efforts, c est-à-dire de suspensions sac.cadéés des mouvements respiratoires, ont tous pour effet commun d’entraver, au moment où ils se produisent, la circulation dans les veines des parties voisines de la poitrine. Mais ces changements de volume ne sont, en aucun cas, comparables à ceux de la rate, dont le tissu réticulaire est approprié à cette destination. A en juger par les altérations de nature que subit le corps thyroïde, lorsque l’individu se trouve dans des conditions hygiéniques défavorables (goitre), on ne peut méconnaître que ce corps joue dans l’économie un rôle assez important dans les fonctions de nutrition. On peut cependant l’enlever sur les animaux, sans que ceux-ci succombent nécessairement. On a même vu survivre des chiens privés à la fois de la rate et du corps thyroïde 2.

— Le thymus, ayant acquis tout son développement au moment de la naissance et disparaissant ensuite, est vraisemblablement subordonné aux fonctions de nutrition de la première enfance, et peut-être à la période de lactation. Les jeunes mammifères sur lesquels on enlève le thymus se font remarquer par une extrême voracité et par un amaigrissement rapide. Il est vrai que, pour enlever cet organe, il faut faire subir à l’animal une mutilation grave. On aurait remarqué cependant que l’amaigrissement était plus rapide chez les animaux auxquels on avait enlevé le thymus, que chez d’autres animaux du même âge auxquels on avait pratiqué une mutilation équivalente, tout en laissant le thymus dans la poitrine3.

Les animaux finissent généralement par succomber à l’ablation du thymus. Cependant M. Friedleben est récemment parvenu à conserver vivants de jeunes chiens privés de thymus. D’après les expériences de M. Friedleben, l’ablation du thymus aurait pour effet l’augmentation dans le sang du chiffre des globules blancs 4.

* MM. Cloez etSeligsohn signalent dans les capsules surrénales la présence de l’acide hippurique.

2 MM. Frerichs et Stalder, ainsi que M. Gorup-Besanez, signalent dans le corps thyroïde la présence de la leucine, de l’hypoxanthine, de l’acide lactique.

3 M. Gorup-Besanez signale dans le thymus, c’est-à-dire dans le suc extrait du thymus du veau, la présence de la leucine, de l’hypoxanthine, de l’acide lactique, de l’acide acétique, de l’acide butyrique.

4 L’augmentation des globules blancs serait plus marquée encore lorsqu’on enlève en même temps la rate (Friedleben).

Un animal dératé peut survivre, ainsi qu’un animal déthymé ; mais si on enlève à la fois le thymus et la rate, l’animal succombe rapidement.

M. Friedleben, en examinant au microscope le sang qui revient du thymus par les veines, a remarqué, au milieu des globules du sang, une notable proporlion d'éléments figurés plus petits (globulins ou hématoblastes ?). La doctrine émise par M. His sur les fonctions du thymus est, en grande partie, basée sur ce dernier fait. M. His suppose que les corpuscules qui prennent naissance dans les cellules du thymus passent par des voies spéciales dans les vaisseaux veineux, où ils deviendraient ensuite, en se transformant, les globules rouges du sang1.

§ 193 bis.

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Oe» sécrétions dans la série animale. — Les organes glandulaires qu’on rencontre dans la série animale peuvent être, comme chez l’bomme, rattachés à deux types principaux. L’élément glandulaire est représenté, ou bien par de petits sacs, ou bien par des tubes d’une grande ténuité. Le groupement varié de ces parties élémentaires, au sein d’une base conjonctive (base conjonctive des-

i Nous avons à peine besoin de faire remarquer le caractère hypothétique de cette supposition qui repose sur l’existence, non démontrée, de communications entre les veines et les cellules du thymus.

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