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CHAPITRE VII. NUTRITION

Ou liquide nourricier. — Le sang circule dans un système de canaux fermés ; les parties du sang qui doivent fournir les matériaux de la nutrition ne peuvent sortir du système circulatoire que par transsudation au travers des parois des vaisseaux. La partie liquide du sang traverse seule les pores invisibles des tuniques vasculaires: dans les conditions physiologiques les globules ne sortent point au dehors des vaisseaux. La partie liquide du sang ou plasma constitue donc le liquide nutritif lui-même L Ce liquide, qui s’échappe au travers des parois des vaisseaux, et particulièrement des vaisseaux capillaires, dont les parois sont d’une extrême ténuité, humecte tous les tissus. La tension permanente à laquelle est soumis le sang dans les vaisseaux entretient et régularise la sortie du liquide. Le liquide nutritif ou nourricier ( lymphe plastique , suc nourricier ) peut être comparé au liquide qui s’épanche dans les cavités libres, telles que les séreuses, ou les membranes de l’œil, etc. Le liquide nutritif contiennes divers éléments du plasma du sang. Il peut être considéré comme un liquide albumineux et fibrineux, contenant des matières extractives, des sels divers et une petite proportion de matières grasses à l’état de sels. Dans l’état normal, le liquide nourricier est incolore ou faiblement coloré en jaune, comme le sérum du sang lui-même. Dans certains états morbides, les matières colorantes du sang (qui font corps avec les globules dans l’état normal), se dissolvant dans le plasma du sang, peuvent être portées plus ou moins modifiées dans le sein des tissus, au travers des parois des vaisseaux, et donner lieu à des épanchements colorés en rose ou en rouge (pétéchies du scorbut, delà fièvre typhoïde, de la peste, etc.).

Le sang, ou mieux la partie liquide du sang (plasma), est donc le liquide nutritif utilisé pour tous les besoins de nutrition et de sécrétion. Le sang est dans un état de métamorphose perpétuelle ; d’uncôté, ilfournitleséléments des tissus et des produits de sécrétion ; et, de l’autre, il se régénère sans cesse, tant aux dépens des matières digestives absorbées dans l’intestin et versées dansla masse par l’absorption, qu’aux dépens des matériaux régressifs puisés par le système lymphatique et par le système veineux dans la trame des tissus. La régénération du sang s’accomplit rapidement. Additionnons par la pensée la quantité d’urine, de salive, de bile, de suc pancréatique, de suc intestinal, la quantité d’eau évaporée parla surface pulmonaire et par la surface cutanée en vingt-quatre heures ; ajoutons à cela les matières organiques du sang, qui pénètrent pendant le même temps dans les tissus, et nous arrivons à ce résultat, que cette quantité représente au moins la masse du sang en circulation. 11 est vrai que la majeure partie de ces produits rentrent par résorption dans le sang, mais il n’en résulte pas moins que ce liquide est dans un état perpétuel de transformation.

Parmi les éléments du sang, l’eau, les matières salines et les matières organiques dissoutes proviennent, soit du dehors par l’absorption digestive, s.oit du dedans par résorption; mais il est d’autres éléments qui, n’existant que dans le sang, accomplissent dans le sang lui-même leur rôle mystérieux : nous voulons parler des hématies ou globules rouges. Les hématies, qui ci r-

1 Les globules blancs (lesquels ne représentent qu’une très faible partie de la masse des globules dd sang) peuvent sans doute sortir au dehors des vaisseaux capillaires. Mais cette diapédèse ne paraît se produire que sous l’influence de conditions irritatives qui ne sont pas l’état normal (voy. § 155).

culent dans les vaisseaux sanguins, ne prennent pas une part immédiate à la nutrition, car ils ne font point partie du liquide nutritif. Ils jouent toutefois un rôle des plus importants : leur diminution dans le sang ou leur augmentation retentissent d’une manière directe sur les phénomènes de nutrition. Nous avons vu plus haut que l’oxygène introduit dans le sang par la respiration a une tendance particulière à se fixer sur eux. D’autre part, les hématies se forment sans cesse et se détruisent sans cesse. Les globules rouges n’existent que dans le sang; mais où et comment ces globules se forment-ils ? Est-il vrai qu’ils ne seraient que les globules blancs ou leucocytes transformés? Cette transformation, à laquelle on a cru autrefois, ne compte plus aujourd’hui que de rares partisans, et personne n’a pu fournir les preuves décisives de cette prétendue métamorphose. Les globules rouges du sang se développent dans le système sanguin, peut-être aux dépens des hématoblastes. Quant à spécifier le lieu précis de leur formation, la chose n’est pas possible dans l’état actuel delà science ; et il n’y aurait rien de surprenant d’ailleurs à ce qu’elle s’accomplît dans des points multiples1.

Ce qui paraît certain, c’est que les hématies sont de tous les éléments organiques du sang le plus important, et celui à la constitution duquel toutes les autres substances azotées sont en quelque sorte subordonnées.

Bien que dans un état de métamorphose perpétuelle, le sang n’oscille que dans des limites déterminées, en sorte qu’il offre une composition relativement constante. Cette constance relative dépend des rapports que le sang entretient entre certains organes et certains tissus. Ici, des matériaux sont déposés qui seront repris plus tard ; là, des produits versés dans le sang seront portés plus loin, et subiront ailleurs des métamorphoses nouvelles. Depuis leur première entrée dans le sang jusqu’à leur départ définitif de l'organisme les substances qui forment l’étoffe ou la trame de nos tissus passent par une série d’étapes encore peu connues, et qui répondent sans doute à la diversité des activités organiques.

ARTICLE I

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