CHAPITRE VII. NUTRITION
Pendant la période du développement le glycogène paraît se produire dans l’évolution des tissus. La fonction glycogénique localisée chez l’adulte est diffuse chez l’embryon, et on la trouve dans des organes divers.
Lorsqu’on donne à un chien une certaine quantité de viande bien dégraissée et à un autre chien une même quantité de viande et en sus une certaine proportion de graisse, on constate que, dans le premier cas, l’animal perd en poids, tandis que dans le second cas il augmente de poids, bien que la proportion de graisse ne représente pas le poids dont il augmente. Ce qui semble prouver que, dans le premier cas, le chien consomme une partie de ses tissus pour subvenir à l’aliment thermogène qui fait défaut, tandis que, dans le second cas, n’ayant point à subvenir aux dépens de son propre fonds, il s’assimile plus qu’il ne perd. Exemple : M. BoLkin donne à un chien, chaque jour et pendant sept jours de suite, 1 livre de viande de cheval dégraissée et 201) grammes d’eau. Au bout de ces sept jours, le chien, qui pesait 10 kilogrammes, ne pèse plus que 8k,7. Chaque jour il a rendu 366 grammes d'urine contenant 32 grammes d’urée. Pendant sept autres jours, le même chien reçoit chaque jour 1 livre de viande de cheval, 200 grammes d’eau et 80 grammes de graisse. Au bout de la semaine, le chien, qui ne pesait que 8k,7, pèse 9k,6. Il a renduchaque jour 174grammes d’urine contenant 20 grammes d’urée. La graisse a donc protégé le chien contre l’oxydation des éléments azotés de ses tissus. M. Hoppe a fait des expériences analogues ; il a trouvé que le sucre, ajouté à la viande, agissait comme la graisse (le sucre est, comme la graisse, un hydrate de carbone). M. Ranke a observé également qu’un chien dépérit avec une quantité de viande maigre plus que suffisante à son alimentation ; quand une portion de cette viande est remplacée par une quantité, même moindre, de graisse ou d’amidon, le chien se rétablit et augmente de poids.
La mesure suivant laquelle les principes albuminoïdes et les hydrates de carbone doivent entrer dans la constitution de l’aliment dépend de conditions multiples, dont on conçoit le sens, mais dont il serait difficile, dans l’état actuel delà science, de préciser le degré. Si nous examinons un homme bien portant, et si nous prenons pendant quelque temps la moyenne de ses excrétions diverses (sensibles et insensibles), cette proportion moyenne peut, jusqu’àun certain point, servir de mesure à la constitution de l’aliment. En d’autres termes, les aliments doivent contenir, en matières azotées et en matières non azotées, les proportions nécessaires pour correspondre aux diverses excrétions. D’après cette considération, on peut estimer que l’alimentation de l’homme doit contenir moyennement I partie d’albumine ou de matériaux analogues (aliments plastiques), et 3 parties de fécule ou de graisse (hydrates de carbone).
Le tableau suivant, extrait des Nouvelles lettres de M. Liebig, peut être consulté avec fruit. On verra, par l’examen de ce tableau, que l’emploi de certains aliments, à l’exclusion des autres, ne correspondrait pas aux conditions moyennes suivant lesquelles les divers principes de l’alimentation doivent être associés pour le régime normal de 1 homme : nouvelle preuve que le régime mixte et la variété de l’alimentation sont nécessaires pour l’entretien régulier des fonctions (voy. §§ 11, 12, 15, 16, 203, 204).