CHAPITRE VII. NUTRITION
mois, ont été entreprises sur ce point par MM. Boussingault, Fartmann, Kaufmann, Mathieu de Dombasle, Dailly, Daurier, Lequin, etc. Il en résulte que, si un lot de bestiaux augmente en moyenne, en une année, de 6 kilogrammes par 100 kilogrammes de foin consommé sans sel, un autre lot, soumis au régime du foin salé, augmente dans le môme temps de 7 kilogrammes par 100 kilogrammes de foin consommé.
De l’eaai dans les phénomènes de nutrition. — L’eau, partout répandue dans le corps humain, forme la base de toutes les humeurs et fait partie constituante de tous les tissus. Le corps humain contient environ 73 parties d’eau et 25 parties de substances solides supposées desséchées. L’eau est la menstrue liquide de toutes les absorptions, des sécrétions, de l’exhalation et des diverses opérations chimiques qui s’accomplissent dans l’organisme animal. L’eau maintient le sang dans l'état de liquidité nécessaire à la circulation, et les divers tissus dans l’état de souplesse ou de mollesse en rapport avec l’accomplissement de leurs fonctions. La vie animale (comme la vie végétale) n’est possible qu’à la condition que les tissus soient continuellement pénétrés de parties liquides. Tout ce qui est solide et sec est inerte ou privé de vie. L’eau dissout et met en présence les substances qui doivent réagir les unes sur les autres. Les expériences de MM. Bischoff, Voit et Kaupp ont démontré que la proportion de l’eau que boivent les animaux a une grande influence sur l’activité de la nutrition en favorisant l’absorption et en mettant plus aisément en contact les liquides et les tissus de l’économie.
L’eau est d’ailleurs, dans les diverses réactions de la chimie vivante, incessamment formée et incessamment détruite, ses éléments concourant aux métamorphoses des diverses combinaisons organiques.
L’eau a encore des usages physiques ou mécaniques. Gomme elle est incompressible ou sensiblement incompressible, elle maintient le volume et la situation des parties et résiste avec énergie aux diverses causes de compression.
L'eau contenue dans le corps humain est incessamment renouvelée par les boissons et incessamment évacuée par les diverses voies d’excrétion. La masse d’eau qui passe journellement dans le corps humain est considérable. L’eau qui s’échappe par les exhalations et les sécrétions n’est pas tout entière représentée par les boissons et l’eau des aliments. Si l’on additionne la quantité d’eau rendue en moyenne, dans les vingt-quatre heures, par la sécrétion urinaire, par l’évaporation cutanée et pulmonaire et parles selles, on constate que cette quantité est supérieure à la quantité d’eau introduite en nature avec les aliments et les boissons. L’eau qui s’échappe par ces diverses voies1 peut être évaluée à 2k,5, tandis que la quantité d’eau avalée avec les boissons et les aliments 2 n’est guère en moyenne que de 2 kilogrammes. L’excédant de l’eau des exhalations et des sécrétions est dû à la formation de l’eau, dans les
1 Pour l’évaporation pulmonaire, voy. § 143; pour l’évaporation cutanée, voy. § 157 ; pour la sécrétion urinaire, voy. § 179; évacuée avec les selles, voy. § 180.
2 Les aliments, quelque consistants qu’ils soient, contiennent une grande quantité d’eau, qu’on peut évaluer en les soumettant à l’évaporation. La viande de bœuf et de mouton que nous consommons contient 75 p. 100 d’eau; le pain, 40 p. 100; les légumes, 80, 90, ou 95 p. 100.
métamorphoses de la nutrition, aux dépens de l’oxygène de la respiration et de l’hydrogène des substances organiques. L’eau formée dans le corps humain aux dépens de l’oxygène absorbé par la respiration et de l’hydrogène des substances organiques est, au même titre que l’acide carbonique, l’un des produits ultimes de la nutrition et l’une des sources de la chaleur animale.
La quantité d’eau ou la quantité de boissons que l’homme avale journellement est beaucoup plus variable en apparence qu’en réalité. L’homme qui fait usage d’une alimentation presque exclusivement végétale boit peu, il est vrai, mais les végétaux dont il se nourrit sont riches en eau, et l’équilibre se trouve ainsi rétabli. La quantité des boissons est d’ailleurs soumise à des fluctuations nombreuses, qui dépendent de l’activité plus ou moins grande des évacuations, lesquelles, nous l’avons dit, développent, lorsqu’elles augmentent, le sentiment de la soif (§5). Dans les chaleurs de 1 été, les transpirations abondantes qui se font par la peau font sentir le besoin de remplacer l’eau expulsée et de maintenir le sang dans sa densité normale. Dans cette saison la masse d’eau qui traverse le corps en un temps donné est notablement augmentée. Dans certaines maladies (polyurie), elle peut s’élever au double, au triple et beaucoup plus haut encore, mais alors surviennent des désordres graves.
ARTICLE II