‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 4 sur 429 · DIGESTION · texte numérisé non relu

DIGESTION

Définition. — Division. — La digestion est celte fonction à l’aide de laquelle l'économie répare ses pertes incessantes. La digestion prépare, au moyen des aliments, les matériaux de réparation dont l’absorption s’empare pour les porter dans le torrent de la circulation. La nutrition consistant dans la série des transformations successives qu’éprouvent les substances nutritives depuis le moment de leur entrée dans l’organisme jusqu’à celui de leur sortie par la voie des sécrétions et des exhalations, la digestion peut être considérée comme le premier tepips de la nutrition .

Tandis que les végétaux vont chercher, à l’aide d’organes extérieurs (racines, feuilles), dans la terre ou dans l’air, les éléments de leurs tissus, l’homme et les animaux ne trouvent point au dehors, comme les plantes, leurs aliments tout préparés. Avant de pénétrer dans les voies de l’absorption, la matière alimentaire doit être dissoute et métamorphosée ; à cet effet, elle est reçue dans une cavité qu’ils portent en eux : c’est la cavité digestive. Dans l’homme et les animaux supérieurs, la cavité digestive est représentée par un long canal ou tube digestif. L’aliment, introduit dans la bouche, parcourt successivement les diverses portions de ce conduit, se trouve soumis, chemin faisant, à l’influence de liquides variés qui le fluidifient, le transforment et le rendent propre à être absorbé. Les parties non modifiées de l’aliment teintes par la bile, et auxquelles viennent se joindre quelques produits excrémentitiels de la muqueuse intestinale, sont rejetées au dehors sous le nom de matières fécales.

Les phénomènes de la digestion sont de deux ordres. Les uns ont pour but de faire cheminer l’aliment dans toute l’étendue du tube digestif, de présenter ses diverses parties aux sucs digestifs et aux divers points de la surface absorbante de l’intestin, et, enfin, d’expulser le résidu non digéré ; ce sont des phénomènes de mouvement ; ils constituent la partie mécanique de la digestion. Les autres ont pour but de modifier et de métamorphoser l’aliment pour le rendre absorbable, en un mot, de le digérer ; iis constituent la partie essentielle de la digestion, ou la partie chimique.

Les divers actes de la digestion peuvent donc être groupés sous ces deux chefs : phénomènes mécaniques et phénomènes chimiques de la digestion. Mais, avant d’entrer dans leur étude, nous devons d’abord examiner les aliments en eux-mêmes, afin de mieux saisir la nature des métamorphoses qu’ils éprou- Béclaud, 7e édition. 2

veront dans le sein des organes digestifs. Nous devons aussi consacrer quelques mots à deux sensations particulières qui précèdent l’ingestion des aliments, et qui en assurent le retour régulier : nous voulons parler de la faim et de la soif.

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