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CHAPITRE VII. NUTRITION

continue, mais les parties remplacées ne rentrent pas dans la circulation, et leur élimination est immédiate.

Les épithéliums séreux, qui ont la forme polygonée ou pavimenteuse de l’épiderme cutané, mais qui ne sont ni stratifiés comme eux, ni placés aux surfaces extérieures, sont-ils soumis à une reproduction continue? Cela est moins clairement démontré. Si cette reproduction a lieu, il est évident que nous avons affaire ici à un travail de nutrition complet : les éléments détruits ou dissous, pour faire place aux éléments nouveaux, doivent rentrer dans le courant circulatoire.

L’épithélium qui recouvre les membranes muqueuses est généralement constitué pardes cellules fusiformes, cylindriques ou coniques. Les cellules de l’épithélium des membranes muqueuses ont dans l’origine la forme sphérique, comme les cellules épidermiques ; c’est en se développant qu’elles s’allongent, et que les cônes élémentaires se disposent en séries, dont la base regarde la surface de la membrane. Les membranes muqueuses, comme la peau, sont des membranes placées aux surfaces. Ces surfaces communiquent au dehors, soit par l’orifice buccal et nasal (intestins et poumons), soit par l’orifice génital, soit par l’orifice mammaire. Les épithéliums muqueux sont soumis à un renouvellement continu. Les cellules épithéliales qu’on trouve dans les liquides de sécrétion, dans les règles de la femme, dans tous les mucus, mucus nasal, pulmonaire, vaginal, intestinal, le démontrent.

L’épiderme et les épithéliums sont donc dans un état d’évolution perpétuelle. Ainsi se trouvent entretenues la souplesse et l’inaltérabilité de cette sorte de barrière organique. La peau et les membranes muqueuses, sans cesse en rapport avec l’air atmosphérique, avec les diverses substances introduites dans le tube digestif, et aussi avec les divers produits de sécrétion, se trouvent défendues par une couche protectrice sans cesse renaissante et toujours jeune, et sont ainsi protégées efficacement contre les diverses causes de destruction.

Les poils se nourrissent et se développent d’une manière analogue à l’épiderme. Le poil s’accroît du côté de sa matrice ou de son follicule, seule partie où il soit en contact avec des parties vasculaires, et par conséquent avec le liquide nourricier. Les cellules nouvelles repoussent les cellules anciennes, et par leurs transformations diverses donnent naissance à la substance corticale et à la substance médullaire du poil.

Les ongles se nourrissent et se développent aux dépens du derme sous-jacent. L’accroissement en longueur se fait principalement dans la matrice de l’ongle, l’accroissement en épaisseur plus spécialement aux dépens des vaisseaux du derme placé sous la surface adhérente de l’ongle. Les cellules primordiales qui forment l’ongle s’aplatissent comme les cellules épidermiques, et les plaques qu’elles forment s’engrènent et s’imbriquent. La transformation cornée acquiert ici tout son développement.

La substance de l’épiderme, des épithéliums, des ongles et des poils procède des matières albuminoïdes du sang par une métamorphose peu connue. M. Scherer, qui a fait l’analyse de la plupart de ces substances, en les réduisant à leurs éléments primordiaux (oxygène, hydrogène, carbone, azote), a trouvé ^ntre elles et le groupe des matières albuminoïdes une grande analogie décomposition élémentaire. Ces tissus présentent, du reste, une remarquable résistance aux réactifs, et sont ainsi parfaitement appropriés à leurs fonctions de

protection. Les acides ne les attaquent qu’à la condition d’être concentrés, et nous avons vu qu’ils résistent énergiquement aux sucs digestifs.

Nutrition des cartilages et des os. — Les cartilages, une fois développés, se nourrissent ils aux dépens du plasma exhalé des vaisseaux voisins? On le suppose sans l'avoir démontré. Lorsque les tissus vasculaires voisins du cartilage sont malades, il arrive souvent que le cartilage s’altère, s’amincit et se résorbe. Mais on ne peut conclure de l’état morbide à l’état sain, et il ne serait pas impossible que les phénomènes de résorption fussent précisément ce qui distingue l’état pathologique de l'état sain. Il n’est pas possible, dans l’état actuel de la science, d’affirmer que la substance fondamentale des cartilages se renouvelle incessamment par production et résorption continue. Ce qui est plus certain, c’est que des phénomènes d’organisation, c’est-à-dire des formations de cellules au sein de la substance fondamentale des cartilages, se continuent pendant la période adulte. Ajoutons qu’à des périodes plus ou moins avancées de la vie, on voit dans quelques cartilages (ceux du larynx en particulier) apparaître des ossifications plus ou moins étendues.

Les phénomènes de nutrition dont les os sont le siège peuvent être partagés en deux périodes bien distinctes: 1° pendant que l’os s’accroît; 2° quand la croissance de l’os est terminée. Dans la première période, les os sont le siège d’un travail nutritif très actif. Lorsque les os sont arrivés à leur développement complet (ce développement complet est tardif, il n’est guère terminé qu’à vingtcinq ans accomplis), les actes nutritifs de l’os sont singulièrement ralentis et beaucoup plus difficiles à constater.

Pendant la période embryonnaire et pendant la période de croissance, les os se déve'oppent généralement au sein des cartilages qui les précèdent. Toutefois un certain nombre d’os (la plupart des os de la tête et de la face) prennent naissance d'emblée1. Quand l’os se développe, la matière calcaire et la matière organique de l’os (osséine ou gélatine des os) apparaissent ensemble. Quand l’ossification envahit un cartilage, ce n’est pas par dépôt de matière calcaire au sein de la substance du cartilage que l’os se forme, mais l’os nouveau se développe de toutes pièces et le cartilage envahi disparaît devant lui. Que l’ossification débute au sein d'un carLilage ou qu’elle débute d’emblée, les phénomènes de la formation de l’os sont donc les mêmes. Ce qui caractérise essentiellement ce travail, c’est la multiplication d éléments spéciaux ( ostéoblastes ) qui deviendront dans l’os développé les cellules osseuses. En même temps que se multiplient ces cellules, des vaisseaux se développent soit au sein de la substance du cartilage, soit au sein du tissu conjonctif quand l’os n’est pas précédé par la période cartilagineuse. Le sang apporte les matériaux du développement. Les ostéoblastes se disposent par traînées et la substance calcaire se dépose autour d’eux dans la substance organique de l’os que les ostéoblastes semblent préparer.

L’ossification débute par un certain nombre de points. Dans les os longs elle

1 Voici les os qui se développent d’emblée, chez l’homme, et sans cartilage préexistant : la moitié supérieure de la portion écailleuse de l’occipital, les pariétaux, le frontal moins la partie orbitaire, la portion écailleuse des temporaux, le cadre tympanique, les os du nez, les os unguis, les os malaires, les palatins, le vomer, les maxillaires *upérieurs, le maxillaire inférieur, les grandes ailes du sphénoïde et l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde.

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