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CHAPITRE VII. NUTRITION

L’influence de l’exercice et du régime sur l’accroissement des masses musculaires révèle clairement aussi que les muscles se forment et se transforment sans cesse, c’est-à-dire se nourrissent. Et cela non seulement sur l’animal dont le développement n’est pas achevé, mais encore sur l’animal adulte. On a basé sur ce principe tout un ensemble de préceptes pour l’éducation physique du premier âge, c’est-à-dire une gymnastique pédagogique. Le Suédois Ling a eu le premier cette pensée, et il l’a même généralisée dans sa Gymnastique esthétique et médicale .

C’est à l’aide de ces notions appliquées avec persévérance que l’homme a pu modifier, jusqu’à un certain point, les espèces animales, et amener dans quelques-unes d’entre elles la prédominance du système musculaire sur tous les autres systèmes organiques. Il est vrai que le régime n’amène pas à lui seul tous ces changements : les croisements, convenablement ménagés, contribuent aussi au résultat. Il est vrai encore que l’exercice et le régime ont surtout de la prise sur l’animal pendant la période de Y accroissement ; mais la diminution et l’augmentation du système musculaire se montrent aussi d’une manière non équivoque chez l’homme et les animaux adultes. Un autre fait vient encore à l’appui du renouvellement de la substance fondamentale des muscles. Lorsque M. Chossat, dans ses expériences sur l’inanition, laissait périr les animaux, il constatait que la diminution de poids de l'animal, conséquence de l’abstinence prolongée, portait surtout sur les parties liquides, sur la graisse et sur le tissu musculaire, qui avait généralement perdu environ la moitié de son poids; la plupart des autres tissus, et en particulier le tissu nerveux, n'avaient, au moment de la mort, perdu que des quantités insignifiantes.

Les muscles présentent parfois dans l’homme (et sans doute aussi chez les animaux) une perturbation de nutrition remarquable. Leurs éléments disparaissent peu à peu par résorption et ne sont plus remplacés (atrophie musculaire progressive). Souvent, à mesure que les éléments musculaires disparaissent, ils sont remplacés par un dépôt anormal de tissu adipeux au milieu des fibres musculaires restantes (atrophie musculaire graisseuse).

Les mutations nutritives qui s'accomplissent dans le tissu nerveux ainsi que dans le tissu conjonctif et ses dérivés sont encore très obscures. Les données expérimentales manquent ici à peu près complètement. Ce qu’il y a de plus remarquable en ce qui touche au système nerveux, c’est la résistance qu’il oppose aux phénomènes de résorption quand on fait périr les animaux d’inanition (voy. § 2! 2) L

Nutrition «lu tissu adipeux. — Ce tissu est celui dans lequel les phénomènes de la nutrition sont le plus évidents. La formation de la graisse est en rapport

hypoxanthine ; de la xanthine; de la créatinine; de la créatine (laquelle peut se transformer en urée et en sarcosine) ; de Vinosité (substance non azotée qu’on a quelquefois comparée au sucre, mais qui en diffère en ce qu’elle ne fermente pas et en ce qu’elle se transforme non en alcool, mais en acide lactique) ; de l’acide sarcolactique ou paralactique.

1 Indépendamment du tissu qui sert de support aux éléments nerveux (tissu conjonctif réductible en gélatine) la substance nerveuse elle-même est composée de matières grasses et de deux substances albuminoïdes : la lécithine et le protagon (la névrine et la cérébrine n’en sont que des dérivés).

On a trouvé dans la substance nerveuse et comme produits régressifs des matières albuminoïdes de la créatinine , de la leu*, me, de la xanthine, de l’ hypoxanthine , de V acide paralactique, de V acide urique, de l'urée; et comme produits non azotés de la cholestérine et de Vinosité.

direct avec les conditions alimentaires. On peut, par le régime, augmenter ou diminuer ce tissu presque à volonté sur les animaux. L’accroissement en poids ou le décroissement de l’animal, lorsqu’il est soumis à Y engraissement ou à la diète, portent surtout sur l’accumulation ou sur le départ de la graisse. Le tissu adipeux est une sorte de dépôt ou de réserve (hydrate de carbone) qui s’accumule quand les aliments thermogènes sont en excès, qui se dépense quand ils font défaut dans l’alimentation.

La graisse, envisagée au point de vue des phénomènes de la nutrition, est bien plutôt un dépôt transitoire qu’un véritable tissu. Ce dépôt s’accumule surtout sous la peau et sous le péritoine. La différence qui existe entre les animaux maigres et les animaux doués d’embonpoint porte principalement sur l’épaisseur plus ou moins considérable de la couche graisseuse sous-cutanée, sous-péritonéale et inter-musculaire. Les autres organes contiennent aussi une certaine proportion de graisse; mais chez les animaux maigres et chez les animaux gras les différences y sont bien moins marquées. C’est au moins ce qui résulte des expériences faites par M. Boussingault sur des canards. La graisse répandue sous la peau, sous le péritoine, entre les muscles et dans les espaces celluleux qui séparent les divers organes, est donc une substance de dépôt subordonnée aux besoins de la machine animale.

Le tissu adipeux ne paraît pas nécessairement soumis à un travail de destruction continue. Pendant fout le temps que, traité parla ration d 'engraissement, l’animal augmente en poids, il est certain que la graisse qui s’accumule dans ses points d’élection ne disparaît pas au fur et à mesure qu’elle est formée. La graisse nouvelle s’ajoute à la graisse ancienne, et cette dernière persiste à côté de la nouvelle, lant que la quantité et la nature de l’alimentation sont de nature à compenser les pertes nécessaires. C’est précisément parce que la graisse déposée dans les tissus ne les abandonne qu’aulant que l’alimentation n’est plus suffisante pour fournir la proportion normale des matériaux oxydables, qu’on peut engraisser les animaux, c’est-à-dire accumuler en eux le tissu adipeux. L’animal placé dans des conditions convenables d’alimentation et de repos peut donc conserver pendant un temps plus ou moins prolongé la graisse déposée dans ses tissus, sans qu’elle y soit nécessairement détruite.

L’accumulation de la graisse au sein des tissus n’est pas d’ailleurs un simple dépôt; cette accumulation implique un travail spécial des cellules adipeuses qui représentent un élément anatomique. L’animal en effet consomme dans son alimentation des substances grasses de compositions assez différentes ; or, d’une part la graisse de l’animal est toujours la même sur un même point, d’autre part elle se distingue par des caractères spéciaux dans les diverses régions où on la rencontre.

Déjà nous avons insisté sur l’engraissement rapide qui succède à une alimentation surtout riche en matières féculentes ou sucrées. Il est certain aussi (MM. Persoz et Boussingault l’avaient déjà remarqué, et les expériences de M. Tscherinoff l’ont de nouveau démontré), que l’on peut engraisser des poules en les nourrissant avec des substances albuminoïdes qui contiennent moins de graisse que celle qui apparaît dans les tissus. Il ne semble donc pas nécessaire pour que la graisse prenne naissance dans l’économie que les hydrates de carbone soient directement introduits dans l’économie, ces hydrates de carbone peuvent (de même que la matière glycogène) prendre naissance dans l’économie

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