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CHAPITRE II. ABSORPTION

les liquides, a la chaleur spécifique la plus élevée, s’osmose vers tous les liquides, et aussi pourquoi l 'hydratation des liquides détermine ou change la direction du courant. Il résulte de ce fait la possibilité de faire varier la direction du courant

différents sels à Y état solide, puis, plongeant ces tubes dans un vase rempli d’eau distillée, il remarque que l’eau du vase passe vers le sel et monte dans le tube, et il note que la hauteur d'ascension du liquide dans le tube varie dans un môme espace de temps, suivant le sel mis en expérience : il y a sous ce rapport des différences assez considérables. M. Jolly désigne, sous le nom d 'équivalent endosmotique, le rapport qui existe entre le poids initial du sel employé et le poids de la dissolution saline contenue dans le tube après l'expérience. Plus il est entré d'eau dans le tube, et plus l’équivalent endosmostique du sel employé est élevé. Ainsi, l’équivalent endosmotique du sel marin serait 4, celui du sulfate de cuivre, 9,5, celui du sulfate de soude, 12, etc.

Exemple : Soit un tube qui, garni de sa membrane, pèse 30 grammes. On y introduit 2sr,5 de sel marin, puis on le plonge dans l’eau distillée. Lorsque l'ascension du liquide dans le tube est terminée, on pèse de nouveau ce même tube. Le poids initial du contenu du tube était de 2,5 :

10Br

le poids du contenu après l’expérience est de 10 gram. Par conséquent, - — = l’équivalent endos-

mostique du sel marin, = 4.

L’expérience pratiquée à la manière de M. Jolly est complexe. Le phénomène se complique, en effet, du degré de solubilité des sels en expérience ; or, ce degré de solubilité, comme on sait, est extrêmement variable. Le sel non encore dissous reste au fond du tube, par son poids, et se trouve en contact avec la membrane, jusqu’à ce qu'il soit entré une quantité d’eau suffisante pour la dissolution. La solubilité du sulfate de cuivre est plus grande que celle du sel marin, la solubilité du sulfate de soude est plus grande encore ; leur affinité pour l’eau l’emporte sur celle du sel marin, et cette propriété introduit dans les expériences un élément nouveau, qui se traduit par un renforcement de courant.

Les chaleurs spécifiques du sel marin, du sulfate de cuivre et du sulfate de soude sont peu différentes entre elles. Aussi, lorsqu’on dégage le phénomène de l'osmose du phénomène de la solubilité, on trouve que le courant de l’eau vers une solution étendue et également titrée de sel marin, de sulfate de cuivre, de sulfate do soude, est sensiblement égal.

MM. Ludwig et Cloctta ont également fait voir que les équivalents endosmotiques de M. Jolly ne sont pas des chiffres constants, et qu’ils varient avec la concentration des liqueurs.

M- Vicrordt a, plus récemment, opposé aux équivalents de M. Jolly les mômes objections, et les expériences qu’il a faites à ce sujet, nous les avions nous-môme répétées bien des fois avec des liquides différents. M. Vierordt prend, par exemple, 100 centimètres cubes d'une solution saline à divers états de concentration ; il place successivement ces diverses solutions dans un endosmometre, qu’il plonge pendant le môme temps, et à la même température, dans 1 00 centimètres cubes d'eau distillée. Or, quand la solution de l’endosmomètre contenait 4 grammes de sel marin, cette solution avait gagné au bout de cinq heures 3CC,45 d’eau distillée ; quand la solution contenait 30 grammes de sel marin, elle gagnait dans le môme temps 5CC,5 d’eau.

MM. Eckard, Hoffmann, Harzer ont également prouvé que les équivalents osmotiques varient avec la température, et suivant qu'on emploie au début de l'expérience des membranes sèches ou des membranes gonflées d’eau.

La condition première pour étudier l’osmose et pour chercher à en découvrir les lois, c’est de l’isoler, autant que possible, de tout ce qui n'est pas elle. Or, suivant nous, la meilleure, je dirai môme la seule méthode possible pour arriver à déterminer la théorie physico-chimique de l’osmose, c’est d’employer, non des corps solides, ni même des corps dissous, mais des corps à l’état liquide en vertu de leur constitution propre ; tels sont l'alcool, l’esprit de bois, l'essence de térébenthine, l’huile, l’éther, etc. Lorsqu’on emploie à cette détermination des sels solides, le sel non encore dissous reste au fond du tube par son poids : il se trouve en contact avec la membrane jusqu’à ce qu’il soit entré une quantité d’eau suffisante pour la dissolution. Plusieurs forces se trouvent en jeu pendant la durée de l’expérience

Nous forons les mômes remarques en ce qui concerne l'influence variée des diaphragmes interposés entre les liquides. Les membranes sèches et les membranes fraîches ne se comportent pas de même ; il intervient ici un phénomène d'imbibition qui trouble d’autant plus le résultat que le pouvoir osmotique des deux liquides en présence est moins prononcé. On sait, en effet, et nous avons appelé l’attention sur ce point, qu’une membrane plongée dans une dissolution saline attire dans son sein plus d’eau que de sel, c’est-à-dire un liquide moins concentré. Pour démêler ce qui appartient à l'osmose de ce qui ne lui appartient point en propre, il est donc nécessaire d’exclure les dissolutions qui ne sont, en résumé, qu’un mélange de deux corps différents (l’eau et la substance dissoute). Il faut, en outre, avoir recours à un môme diaphragme dans toutes les expériences, par conséquent, à des membranes sèches, afin de ne point faire intervenir l’eau, alors que l’expérience porte sur d’autres liquides. Le diaphragme employé doit être, dans les expériences comparatives, emprunté à une même membrane , car l’inégalité d’épaisseur des diaphragmes,

à volonté. En effet, l’eau ayant de beaucoup la chaleur spécifique la plus élevée, on conçoit qu’il est toujours possible d’obtenir avec l’eau et un liquide quelconque, miscible avec elle, un mélange dont la chaleur spécifique l’emporte sur celle de tout autre liquide, pris à Tétât de pureté.

De l’osmose dans les phénomènes d’absorption. — L’eau ingérée en nature est très rapidement absorbée : cela ressort naturellement de tout ce qui précède. Il est vrai encore que les boissons aqueuses que nous prenons pendant le repas, en diluant les substances dissoutes par les sucs digestifs, favorisent puissamment l’absorption. Il est certain encore que l’eau que nous perdons incessamment par les diverses voies d’excrétion, par l’urine, par l’évaporation cutanée et pulmonaire, en diminuant l’eau du sang et des autres liquides de l’économie, en les concentrant, pour ainsi dire, met continuellement ceux-ci dans des conditions favorables à l’absorption. L’évaporation cutanée et pulmonaire joue, relativement à l’absorption des animaux, un rôle analogue à celui que remplit dans les végétaux l’évaporation qui a lieu à la surface des feuilles et des parties tendres; et on sait, par les expériences de Haies, que la force avec laquelle l’évaporation fait pénétrer les liquides dans les tissus des plantes est considérable.

On a cherché à établir que le sérum du sang ou que le sérum de la lymphe intestinale étaient plus denses que les substances liquides absorbées, et que le courant prédominant (d’où l’absorption) s’établissait ainsi de la substance à absorber vers les liquides organiques. M. Mülder affirme qu’il en est toujours ainsi, et M. Frerichs croit môme l’avoir prouvé expérimentalement. Suivant lui, la partie liquide et absorbable du chyle intestinal aurait une densité de 1024 seulement, la densité du sang étant de 1050 à 1060. Mais il est bien difficile d’affirmer, par l’ouverture d’un animal, que la matière liquide trouvée dans son estomac ou son intestin doit s’engager dans les voies veineuses et chylifères à l’état où on la trouve ; la nature de l’alimentation et la quantité des boissons suffisent, d’ailleurs, pour faire varier singulièrement la pesanteur spécifique des liquides contenus alors dans l’intestin. M. de Becker injecte dans l’intestin des lapins des solutions de sucre de densités variables, et il remarque que les dissolutions concentrées passent dans le sang tout aussi bien que les dissolutions plus étendues.

en ralentissant ou en accélérant le phénomène, peut donner lieu à des illusions, etc. M. Harzer a attiré l’attention sur ce point, et montré comment, en faisant varier cette épaisseur, on fait aussi varier ce que M. Jolly a désigné sous le nom d’équivalents endosmotiques. Il faut, en un mot, so placer toujours dans les mômes conditions pour faire des expériences comparables.

Pour nous résumer en quelques mots, nous dirons : l’osmose est une propriété physico-chimique de la matière, en vertu de laquelle les liquides miscibles tendent au mélange au travers des membranes, avec prédominance d’un courant sur l’autre. La direction et l’intensité de ce courant sont déterminées, toutes choses égales d’ailleurs, par les différences de chaleur spécifique. Il est vrai, et cela n’est pas inutile à remarquer, que, l’eau ayant parmi tous les corps la chaleur spécifique la plus élevée, la dilution d'une substance par l’eau ou sa concentration par la soustraction de l’eau coïncide avec l’élévation ou l’abaissement de la chaleur spécifique du mélange ; par conséquent, il est vrai que les liquides dilués par l’eau marchent vers les liquides moins étendus, tout au moins quand ces liquides ont la même composition chimique. Comme la dilution par l’eau a aussi la propriété de diminuer la densité d’un certain nombre de liquides, on peut dire encore, mais seulement d’une manière très-générale, que les liquides les moins denses marchent vers ceux qui sont plus denses. Mais il y a, je le répète, de nombreuses exceptions, et ce n’est là qu’un cas particulier, tandis que tous les phénomènes de l’osmose obéissent à une loi commune.

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