CHAPITRE II. ABSORPTION
samment au cours des liquides. Ajoutons encore que, dans les reptiles et dans les poissons, les vaisseaux lymphatiques sont plus volumineux que dans les mammifères et les oiseaux. Les lymphatiques des reptiles et des poissons manquent en général de ganglions ; les valvules y sont aussi bien moins nombreuses, et chez quelques-uns d’entre eux elles paraissent manquer complètement.
Les vaisseaux chylifères et les vaisseaux lymphatiques des oiseaux forment par leur réunion deux canaux thoraciques, lesquels s’ouvrent, de chaque côté de la base du cou, dans les veines jugulaires. Dans les reptiles et dans les poissons, les vaisseaux chylifères et lymphatiques aboutissent dans le système veineux par des communications multiples et plus ou moins nombreuses. Les communications les plus ordinaires et les plus volumineuses ont lieu dans les veines qui avoisinent le cœur.
Dans les grands mammifères, les vaisseaux chylifères se réunissent avec les vaisseaux lymphatiques en un canal thoracique unique, comme chez l’homme. Souvent cependant le canal thoracique est double, et la division subsiste jusqu’au moment de son embouchure dans le golfe des jugulaires; l’une des divisions se porte à gauche et l’autre à droite pour se réunir avec les lymphatiques du membre droit et du côté droit du cou et de la tête. Dans quelques cas, quoique double dans sa portion thoracique et au commencement de sa portion cervicale, les deux branches se réunissent au moment de s’aboucher dans le système veineux. Ces diverses dispositions sont intéressantes à connaître pour le physiologiste.
Dans les mammifères, les ganglions lymphatiques sont nombreux, et il est très-probable que chez eux, pas plus que chez l’homme, il n’y a en ces points de communication directe entre les vaisseaux lymphatiques et les vaisseaux sanguins.
Invertébrés. — Sauf quelques exceptions, les invertébrés n’ont ni vaisseaux chylifères ni vaisseaux lymphatiques. Dans les invertébrés pourvus d’un système circulatoire complet, avec veines et artères distinctes, tels que les mollusques, par exemple, il est très-probable que les veines qui circulent le long des parois intestinales charrient le produit de la digestion du côté des organes respiratoires. Dans les arachnides, les crustacés, les insectes et les annélides, dont le système circulatoire est moins complet, le produit de la digestion traverse les tuniques de l’intestin, et se rend de là dans les interstices des organes et dans les canaux circulatoires rudimentaires.
Dans les rayonnés ou zoophytes, le produit liquide de la digestion, après avoir traversé les parois du tube digestif, ne rencontre point de véritables vaisseaux ; il se répand, en conséquence, de proche en proche, dans l’épaisseur des organes. Il n’y a point, chez ces animaux, de distinction à établir entre le sang et le produit absorbé delà digestion ; ou plutôt ce produit constitue le sang lui-même. Les produits de la digestion traversent donc les parois de la cavité digestive et pénètrent directement dans la trame des tissus. Les acalèphes, qui appartiennent à cet embranchement, et qui ont la forme de champignons, présentent une disposition assez remarquable. La cavité digestive offre une foule de prolongements qui constituent un lacis compliqué, dans toute l’épaisseur de l’ombelle. Les produits de la digestion s’engagent dans ces diverticules intestinaux, et leur dispersion se trouve ainsi facilitée.