CIRCULATION
Définition. — Division. — La circulation de l’homme et des mammifères consiste dans le mouvementincessant du sang dans l’intérieur d’un système de canaux ramifiés. Par ses contractions le cœur chasse le sang dans les artères. Celles-ci le distribuent dans tous les organes, et il revient par les veines vers son point de départ, en vertu de son impulsion première, et en vertu des forces accessoires qui exercent leur action, soit sur l’ensemble du système, soit sur divers points du trajet circulatoire. Le sang, dirigé vers les organes par les artères, ne se répand point librement dans la trame des tissus, car les artères sont continues avec les veines, par l’intermédiaire du réseau capillaire. Les canaux dans lesquels se meut le sang constituent donc un système fermé. On désigne souvent la circulation sous le nom de cercle circulatoire, pour exprimer la continuité du système.
Le cercle circulatoire n’est ouvert qu'aux points où viennent s’aboucher dans son intérieur le canal thoracique et le grand vaisseau lymphatique droit, c’està-dire au niveau des veines sous-clavière gauches et droites. Mais comme le système lymphatique lui-même commence à ses origines par un réseau fermé, il s’ensuit que l’ensemble de tous les vaisseaux du corps, en y comprenant les vaisseaux lymphatiques, constitue un réservoir continu et fermé.
La circulation dans les vaisseaux chylifères et lymphatiques a été exposée dans le chapitre précédent. A un point de vue général, il est vrai que le système lymphatique ne fait qu’un avec le système sanguin : mais les conditions du mouvement du sang ne sont pas les mêmes que celles du mouvement du chyle ou de la lymphe; il y a avantage à en séparer l’étude.
Le cœur de l’homme, celui des mammifères et celui des oiseaux, est séparé en deux par une cloison complète, qui le partage en cœur gauche et en cœur droit; il est, en quelque sorte, formé de deux cœurs adossés; l’un placé sur le trajet du sang veineux, l’autre placé sur le trajet du sang artériel. L’un reçoit et lance du sang veineux, l’autre reçoit et lance du sang artériel. En rapportant les mouvements du sang au cœur, on peut dire qu’il y a deux circulations, ou deux cercles circulatoires simultanés; de là le nom d 'animaux à double circulation, donné à l’homme et aux animaux supérieurs. De ces deux cercles, l’un commence au cœur gauche, traverse les organes, et revient au cœur droit; l’autre commence au cœur droit, traverse les poumons et revient au cœur gauche. Le premier cercle est plus étendu que le second; on lui donne le nom de grande circulation, ou circulation générale. On donne au second le nom de petite circulation ou circulation pulmonaire.
Les deux cercles de la circulation communiquent l’un avec l’autre, par l’intermédiaire du cœur. Le sang, pris en un point quelconque du système circulatoire, traverse dans une révolution complète, et pour revenir à son point de
départ, une fois le poumon et une fois les organes généraux, tandis qu’il traverse deux fois le cœur.
Le sang que le cœur envoie dans les artères chemine du cœur vers la périphérie, la direction du courant est centrifuge ; la direction du courant est centripète, au contraire, dans les veines. Le sang artériel diffère du sang veineux, non-seulement par la direction de son cours, mais encore par ses caractères physiques et chimiques ; ces caractères, liés aux phénomènes de respiration et de nutrition, seront examinés plus loin. Il nous suffît, pour le moment, de remarquer que le sang qui va du cœur aux organes par les artères est roug e-vermeil, tandis que le sang qui revient des organes au cœur par les veines est rouge-èrwn.
C’est dans le poumon que le sang brun est révivifié et qu’il redevient vermeil. Aussi, les artères qui portent le sang du cœur aux poumons sont remplies par le sang brun, tandis que les veines qui le ramènent du poumon au cœur contiennent du sang vermeil. Ainsi, dans la grande circulation, les artères contiennent le sang vermeil, et les veines le sang brun ; dans la petite circulation, les artères contiennent le sang brun, et les veines le sang vermeil.
La structure anatomique des vaisseaux est en rapport avec les fonctions mécaniques de la circulation, et nullement avec les phénomènes chimiques de la respiration. Les artères pulmonaires, quoique remplies de sang brun, ont la constitution des artères ou canaux centrifuges ; les veines pulmonaires, quoique remplies de sang vermeil, ont la constitution des veines ou canaux centripètes.
Nous examinerons successivement les phénomènes de la circulation dans le cœur, dans les artères, dans les capillaires et dans les veines, et nous ajouterons quelques remarques sur les phénomènes généraux de la circulation.
Mais, avant d’étudier le cours du sang dans les divers départements de l’appareil qui le contient, simplifions l’idée générale qu’on peut se faire de la circulation. Supposons un circuit fermé sur lui-même : comment un organe contractile, compris dans le circuit, imprimera-t-il au liquide comprimé un mouvement circulaire toujours de même sens ? C’est pour bien faire saisir ce fait fondamental que M. Weber a imaginé un appareil d’expérience auquel il a donné le nom de schéma de la circulation (\oy fig. 40).
Fig. 40. — Schéma de Weber.
Un tube élastique courbé et fermé sur lui-même forme un circuit continu d’environ 1 mètre de contour. On le remplit de liquide par l’entonnoir c. Aux points B et on a disposé deux soupapes distantes l’une de l’autre de 10 centimètres et s’ouvrant dans le même sens. L’espace C (compris entre les soupapes B et g) représente, dans l’ensemble du circuit, l’agent d’impulsion, c’est-à-dire le cœur. Si on comprime celte portion C du tube, l’une des soupapes
(B) se fermera, l’autre (g) s’ouvrira, et le liquide sera poussé dans une direction unique, en a. Quand la compression cessera, le liquide qui a distendu le tube élastique soulèvera la soupape B qui était fermée et reviendra dans l’espace C, tandis que la soupape g se fermant, pour la même raison, empêche tout retour du liquide engagé dans la direction a.
Chez l’homme et chez les animaux, les voies dans lesquelles le sang circule ne communiquent pas à plein canal à la périphérie : entre les artères qui partent du cœur et les veines qui y reviennent, il y a les vaisseaux capillaires, c’est-à dire des passages étroits et multiples dans lesquels le sang éprouve des résistances. Pour imiter autant que possible ces conditions anatomiques, M. Weber a placé au point c une sorte de barrage ou d’obstacle à fines ouvertures, c’est-à-dire une éponge l.
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