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CHAPITRE III. CIRCULATION

pectorale, dans l’intervalle intercostal qui correspond au choc du cœur, entre les deux plans des muscles intercostaux externe et interne. Cette ampoule transmet son mouvement par l’intermédiaire du tambour au levier le.

Les trois leviers enregistreurs recevant leur impulsion chacun d’une source particulière, on obtient sur le cylindre enregistreur AE trois tracés : le tracé ventriculaire, le tracé auriculaire, le tracé précordial. L’un des leviers écrit les mouvements du ventricule, un autre écrit les mouvements de l’oreillette, le troisième donne le tracé du choc du cœur. Or, en consultant ces tracés, obtenus simultanément, on constate qu’il y a entre la contraction ventriculaire et le choc précordial un synchronisme parfait : donc, c’est pendant la systole ventriculaire qu’a lieu le battement du cœur et non pendant la systole de l’oreillette. D’un autre côté, on peut voir sur le tracé de l’oreillette que la contraction auriculaire précède le choc précordial, de même qu’elle précède la contraction du ventricule.

Au lieu de l’appareil enregistreur à deux cylindres, M. Marey emploie aujour-

Tracés des mouvements de l’oreillette droite et du ventricule droit, obtenus simultanément sur le cheval

à l’aide du cardiographe.

d’hui, et tous les physiologistes ont adopté, l’appareil à un seul cylindre qui est plus simple et plus précis L Quant aux tambours qui recueillent et transmettent aux leviers enregistreurs les modifications survenues dans les ampoules d’épreuve, on peut les employer comme appareils de transmission dans une foule d’actes physiologiques où interviennent des phénomènes de mouvement (circulation, respiration, locomotion, etc.). Le tambour de transmission pouvant être utilisé dans des cas très-variés et annexé aux appareils de recherches les plus divers, porte, pour cette raison, le nom de tambour polygrophe. La figure 44 le représente isolé et amplifié.

L’examen de la figure 43 (voyez le tracé de la contraction ventriculaire) montre que l’ascension du levier une fois arrivé à son summum s’y maintient pendant quelque temps, c’est-à-dire pendant toute la durée qui sépare ce moment du moment de la descente. Le temps qui mesure ces deux points mesure la durée de la systole ventriculaire et montre en même temps que ce qu’on désigne sous le nom de choc précordial n’est pas instantané, mais que la pro-

Voyez fig. 52, page 249.

pulsion précordiale ou pulsation cardiaque dure autant que la contraction ventriculaire.

Si le choc ou battement du cœur contre les parois de la poitrine est lié à la contraction des ventricujes, il est naturel de penser que c’est cette contraction elle-même qui le détermine. La contraction ou systole ventriculaire projette, en effet, l’ondée sanguine dans les courbures de l’aorte et de l’artère pulmonaire, c’est-à-dire dans des canaux élastiques. Ceux-ci tendent à se redresser comme un ressort, et ce mouvement de redressement se manifeste à l’extré-

Fig. 44. — Tambour polÿgraphe.

a, ampoule en forme de tambour. La partie inférieure de cette ampoule est en métal (en laiton), c’est-à-dire rigide.

Les changements dans le ressort élastique de l’air contenu dans l’ampoule se traduisent et s’accusent par conséquent avec plus d’énergie sur la partie élastique, c’est-à-dirc sur la membrane de caoutchouc fixée sur la cupule rigide.

b, levier enregistreur.

r, pointe conique fixée à la membrane élastique du tambour a et transmettant au levier b tous les changements de volume de l’air contenu dans le tambour. Comme le point par lequel la pointe c soulève le levier b est trèsrapprochée de l’articulation du levier, les mouvements de l’extrémité écrivante de ce levier ont une amplitude considérable eu égard aux faibles déplacements qui ont lieu au point c. il, tube à l’aide duquel on fait communiquer le tambour a avec l’ampoule d'épreuve ou ampoule initiale (ampoule qui peut avoir les formes les plus diverses) introduite dans un organe ou dans une cavité ou bien encore appliquée sur une partie où s'opèrent les mouvements qu’on veut enregistrer.

mité du ressort représentée par la partie libre du cœur. On a objecté à cette explication, qui a élé donnée par Sénac, que, sur les autres points du trajet circulatoire, les courbures des artères ne se redressent point au moment de la poussée du sang, mais qu’elles ont, au contraire, de la tendance à s’exagérer. L’objection est très-juste pour les artères dont la courbure est comprise entre deux points fixes. Mais ici les conditions sont autres. Le cœur, appendu aux gros vaisseaux, est libre du côté de sa pointe. Le phénomène mécanique en vertu

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