‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 114 sur 510 · Excitants chimiques · texte numérisé non relu

Excitants chimiques

Beaucoup de substances déterminent des mouvements des cellules.

L’oxygène est par excellence un de ces excitants ; par la privation d’oxygène, les mouvements d'un grand nombre d’ôtres inférieurs sont ralentis d’abord, puis arrêtés. Les acides, les alcalis, les sels, beaucoup de produits organiques peuvent aussi, à des doses diverses, provoquer la contraction des pseudopodes des organismes unicellulaires, ou le mouvement des cils vibratiles, ou celui des éléments différenciés des tissus contractiles, ou amener d’autres réactions, comme la phosphorescence des Noctiluques, par exemple. Si l’on verse doucement une goutte d’une solution concentrée de sel marin ou de sucre dans un vase rempli d’eau de mer et à la surface duquel il y a des Noctiluques, ceux-ci se mettent à briller dans tout le cercle de diffusion de la substance.

Inversement, les acides ou les alcalis, à des doses différentes, arrêtent les mouvements des amibes.

Parmi les substances qui suspendent l’activité cellulaire, il faut placer en première ligne les anesthésiques, comme l’éther, le chloroforme, le chloral, etc., et quelques alcaloïdes, tels que la cocaïne.

Claude BEaNAno a montré que les anesthésiques sont de véritables réactifs de toute matière vivante et de son irritabilité. Leur action paralysante atteint aussi bien le protoplasma dans ses fonctions les plus intimes, nutrition et développement, que dans ses mouvements. La fermentation alcoolique du sucre par la levure de bière est empêchée par l’eau chloroformée. De même, la germination des graines est arrêtée. Les mouvements des feuilles de la sensitive, si la plante a été soumise pendant quelque temps à l’action des vapeurs d’éther ou de chloroforme, ne peuvent plus se produire. Sous cette même influence, les amibes rétractent

PHYSIOLOGIE CELLULAIRE

leurs pseudopodes, les infusoires perdent leurs mouvements. La vie des éléments cellulaires des animaux supérieurs, depuis les spermatozoïdes jusqu’aux cellules nerveuses du cerveau, est semblablement suspendue.

Les anesthésiques, en effet, abolissent temporairement, mais ne suppriment pas l’irritabilité de la matière vivante. G est à la condition, il est vrai, que leur dose ne soit pas trop forte ou que leur action ne soit pas trop prolongée; si la dose a été trop forte ou si leur action a duré trop longtemps, les fonctions ne se rétablissent pas.

Page 1