F. Le Dantec, Za malière vivante, Paris, 1896, p
PHYSIOLOGIE CELLULAIRE
nucléé. Il en va ainsi tant que la désorganisation ne s’est pas produite.
Chez les animaux supérieurs, on a observé aussi des faits qui établissent le rôle du noyau. On sait, par exemple, que le noyau des cellules glandulaires présente des modifications suivant que la glande est au l'epos ou en état d’activité fonctionnelle. D’autre part, les phénomènes de dégénération consécutifs à la section des nerfs prouvent que l’axone d’une cellule nerveuse, séparé du noyau de la cellule, meurt rapidement ; au contraire, la partie du prolongement resté en connexion avec la cellule continue à vivre.
G. Mort des cellules. — Virtuellement, il est des cellules qui ne meurent pas ; les cellules reproductrices, quand elles se trouvent dans des conditions déterminées, réédifient toujours un organisme; elles transmettent donc à d’autres éléments la substance qu’elles avaient reçue elles-mêmes, et ainsi de suite indéfiniment. On comprend que l’on ait pu, dans ce sens, affirmer la continuité du plasma germinatif (A. Weismann*).
Les cellules que, par opposition aux précédentes, on appelle somatiques (de atop.a, corps), meurent de différentes manières. D’abord par une sorte d’usure, si fréquemment observée qu’on la considère comme un phénomène normal; les cellules du tégument se desquament sans cesse et sont remplacées par de nouveaux éléments; il en est de même des cellules du revêtement intestinal, des cellules glandulaires, etc. D’autres cellules meurent à la suite de processus pathologiques; les principaux de ces processus, qui conduisent la cellule à la mort, sont les dégénérescences graisseuse, amyloïde, muqueuse, calcaire ; toutes déviations de la nutrition. Enfin des cellules peuvent mourir, non plus par déviation, mais par arrêt de leurs échanges nutritifs; on connaît en effet des processus dits de nécrose^ tels que la nécrose de coagulation (coagulation des matières albuminoïdes des tissus), la gangrène sèche et la gangrène humide.
On voit que l’on a ainsi déterminé plusieurs séries de mécanismes suivant lesquels meurent les cellules. On n’a pas déterminé la cause intime de la mort.