‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 122 sur 510 · De Bijoç, pression · texte numérisé non relu

De Bijoç, pression

2. M. Mendelssohn (physiologiste russe contemporain), Archiv für die ges, PlujsioL, 1895, LV, p. i'„ lig. 3.

PHYSIOLOGIE CELLULAIRE

inverse, celle-là s’orientant par conséquent dans le sens de la pression verticale (géotropisme positif), celle-ci dans le sens de la moindre pression (géotropisme négatif).

b. Physico-tuopismes. — Thermo tropisme. — C’est un tropisme dû à l’action de la clialour : les cellules (Amibes, leucocytes) se dirigent du côté où la température est la plus élevée ou bien du côté où elle est la plus basse (thermolropismc négatif). Une expérience très exacte peut être faite sur les Paramécies [Paramæcium aurelia) ; la ligure 10 montre qu’à une température uniforme de 19° ces êtres se répandent également dans tout le liquide (eau) où on les observe ; si l’on fait baisser la température de 38® à 26°, ils s’accumulent dans l’endroit le moins chaud de la préparation et, si on l’élève de 10 à 26®, ils s'accumulent à l’endroit le plus chaud.

Phototropisme. — Les actions directrices produites par les rayons lumineux sont très nombreuses.

Beaucoup d’Algues et d’infusoires recherchent ou fuient la lumière, suivant qu’elle est plus ou moins intense. Les corps chlorophylliens (intraprotoplasmiques) sont attirés par la lumière. Les régions violettes et bleuesdu spectre sont plus actives que le rouge.

On rattache au phototropisme les phénomènes connus depuis longtemps chez les végétaux supérieurs sous le nom à! héliotropisme . On sait que les plantes dont un côté est éclairé et l’autre dans l’ombre se tournent vers la lumière du soleil.

Électrotropisme. — Le courant galvanique détermine des directions de mouvement [galvanotropisme).

Par exemple, des larves de grenouille ou des embrjmns de Poissons, dans un vase que l’on fait traverser par un courant constant, disposent le grand axe de leur corps suivant le sens du courant (tête vers l’anode, queue vers la cathode). Quand on fait passer un courant constant à travers une goutte d’eau contenant des Paramécies, on voit ces Infusoires, au moment de la fermeture du courant, se diriger vers la cathode ; sous la même influence, les Amibes par leurs pseudopodes se dirigent vers le pôle négatif. D’autres organismes, des Bactéries, des Flagellés, présentent le phénomène inverse, c’est-à-dire se portent, à la fermeture du courant, vers l’anode [galvanotropisme positif).

c. Chimiotropismes. — Des excitants chimiques produisent aussi des actions directrices des mouvements cellulaires.

A cet égard, l’oxygène a une action remarquable. Beaucoup de Bactéries, celles de la putréfaction par exemple, se portent toujours là où elles peuvent trouver des traces d’oxygène; ainsi elles s’accumulent autour d’une cellule d’algue verte exposée à la lumière et qui par suite dégage un peu d’oxygène par sa fonction chlorophyllienne. Cette influence de l’oxygène sur une foule de cellules est un cas typique de chimiotropisme positif.

D’autres corps produisent le même effet ou l’effet inverse. Les Paramécies sont indifférentes à l’oxygène, mais l’acide carbonique les attire ; on

FONCTIONS DES CELLULES

le constate de la façon la plus nette en introduisant sous la lamelle de la préparation une bulle d’air et une bulle d’acide carbonique (voy. fig. 11).

On multiplierait aisément ces exemples. Des nombreuses recherches faites sur le chimiotropisme il résulte que les cellules sont attirées do préférence par certaines substances. Les anthérozoïdes des Fougères sont attirés par l’acide malique, même en dilution à un cent milllième. Les anthérozoïdes des Mousses sont indifférents à cet acide, mais très sensibles au sucre de canne.

Chez les êtres complexes, les cellules mobiles que sont les leucocyte»

A Zjmji. après l'inlrodurlioit d'une bivlle d’acide coJ'bonipue

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Fig. U. — .Action de l’acide carbonique sur les Paramécies (H. S. Je>nungs) • : chimiotropisme positif.

a, bulle d’air, c, bulle d’acide carbonique.

présentent cette propriété chimiotropique, à un degré tel qu’elle constitue pour les animaux supérieurs une condition d’existence importante. En effet les leucocytes affluent en grand nombre aux points d’invasion de l’or"a' nisme par diverses bactéries, attirés qu’ils sont par ces bactéries ou par leurs produits solubles ; ensuite les microbes sont englobés par ces leucocytes (phagocytose). Les produits de décomposition des cellules dégénérées et vieillies attireraient aussi les leucocytes ; de là le rôle que leur a supposé METCHNiKOKFdans la sénescence. De là aussi leur rôle dans l’histolyso des Insectes (destruction des tissus des larves lors de la métamorphose).

Par ces quelques faits on voit toute l’importance physiologique des chimiotropismes, pour la nutrition, pour la reproduction (attraction des spermatozoïdes vers l’ovule), pour la défense de l’organisme.

Ç. Production de chaleur. — Beaucoup de

1. H. S. Jennings, Studies on reactions to stimuli in J. of physioL, 1897, XXI, p. 289).

réactions chimiques^ unicellular organisms

PHYSIOLOGIE CELLULAIRE

qui se passent dans les cellules sont cxotliermiques; l’oxydation de leurs matériaux combustibles, qui est une des conditions mômes de la vie, dégage de la chaleur. Mais nous n’avons pas de moyens pour mesurer les quantités de chaleur produites dans une cellule, ni môme pour mesurer les variations de sa températuriî. Pour que ces mesures soient possibles, il faut que les cellules soient réunies en assez grande masse, tas de graines en germination, insectes groupés ensemble (par exemple, abeilles réunies dans une l'uche, organes des animaux supérieurs, corps des animaux [voy. Chaleur animale']).

D. Production d’électricité. — La môme remarque est à faire au sujet de la production d’électricité dans une cellule isolée. IMais quand les cellules sont réunies en tissus, on constate aisément des différences de potentiel entre les parties d’un tissu qui ne sont pas dans le môme état. Cette question sera étudiée à propos du muscle et du nert.

11 y a des animaux chez lesquels cette production d’électricité est considérable; ce sont les Poissons dits électriques, Raies et Torpilles (Méditerranée et Atlantique) parmi les Sélaciens, Gymnote (rivières de l’Amérique du Sud) et Malaptérure (Nil et Sénégal) parmi les Téléostéens.

Ces animaux ont des organes spéciaux, organes électrogènes, souvent très développés, très volumineux, comme chez les Torpilles, que l’on a maintes fois considérés comme étant des muscles dilh'renciés, mais qui sont très différents des muscles et qui fournissent, lorsque les animaux sont excités, des décharges d’intensité variable. On dit que celle du Gymnote peut foudroyer de gros animaux. Celle de la Torpille est souvent très désagréable pour l’homme. Sur des Torpilles de 25 à 35 centimètres de diamètre on a trouvé (d’AasoNVAL) que la force électro-motrice de la décharge oscille entre 8 et 17 volts et l’intensité entre 1 et 7 ampères en court circuit; à. circuit ouvert, la force électro-motrice de l’orpone peut dépasser 100 volts; elle est assez grande pour allumer une lam|je à incandescence consommant 4 volts et 1 ampère.

Ces organes sont en relation par des nerfs, dits éle<‘triques, avec une partie spéciale de la moelle allongée ou de la moelle i pmière, suivant les espèces; les cellules nerveuses de cette région spéciale des centres nerveux sont groupées en un lobe, dit lobe électrigue . L excitation de ces lobes ou des nerfs qui en proviennent provoque une décharge.

L’origine de cette énergie électrique est vraisemblablement chimique; mais on ignore la nature des matériaux et des réactions (|ui l’engendrent.

E. Production de lumière. — C’est un phénomène très général et facile à observer.

On le constate chez des êtres très élémentaires, Baetérics et Infusoires

FONCTIONS DES CELLULES

(Noctiluques*), chez des végétaux dépourvus de chlorophylle (Champignons, Heurs du Souci, du Lis hulbirère, etc.), des Cœlentérés, des Échinodermcs, des Vers, quelques Crustacés, des Mollusques (Pholas dactylus en particulier), desïuniciers, beaucoup d’insectes (par exemple, Lampyris Pyrophorus), quelques Poissons. D'autres animaux ne sont pas lumineux par eux-mêmes, mais le deviennent parce qu’ils sont envahis par des parasites photogènes. La viande des animaux, dillérents liquides organiques (urines, sueur) peuvent être envahis aussi par des bactéries photogènes.

La couleur de la lumière émise varie avec les espèces, elle varie aussi quelquefois chez un môme individu.

La production de la lumière est indépendante de la nature des organes lumineux, elle est liée à I activité du proloplasma. L'énergie qui l’engendre est sans doute de nature chimique ^ du moins, on peut citer à l’appui de cette supposition le lait que l’organe photogène du lampyre, desséché et broyé, emet de la lumière quand on ajoute de l’eau à ce résidu, et cet autre fait que du corps de la Pholade dactyle on a extrait une substance qui devient lumineuse sous l’action d’un ferment spécial, la luciférase (R.vphael Dubois), on sait aussi que le pouvoir photogénique des Noctiluques appartient à des granulations très réfringentes du protoplasma. D autre part, chez les Insectes lumineux, les anesthésiques suspendent la fonction photogénique. — De môme que l’eau, l’oxygène paraît nécessaire à cette fonction; les bactéries ouïes Noctihuiuos, privés d’oxygène, ne sont plus lumineux, mais ils le redeviennent quand on les agite à l’air, — La matière photogène a son optimum d’action de3.'i'> à î>5“; elle s’éteint à 60“. — On voit donc que la luminosité ne dépend de l’intégrité, ni d’un organe spécial, ni des cellules composant cet organe, mais d’une substance photogène formée dans ces cellules et qui réagit dans les conditions nécessaires de température, d’humidité et d’oxygénation.

Les cellules photogéniques sont excitables j>ar les excitants mécaniques, électriques et chimiques.

C’est chez les Insectes lumineux que les organes photogènes spéciaux, leur structure, leurs nerfs, les réactions de la lumière qu’ils produisent,' ont été le mieux étudiés. ’

1. Le phénomène connu souslenom de phosphorescence de la mer est dû surtout aux Noctiluques qui s'éclairent par le moindre ébranlement (voy. p. 107).

Gley. •— Physiologie.

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