‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 134 sur 510 · IL— APERÇU GÉNÉRAL SUR LE MÉCANISME DE LA DIGESTION · texte numérisé non relu

IL— APERÇU GÉNÉRAL SUR LE MÉCANISME DE LA DIGESTION

Nous savons quel est le but de la digestion (voy. p. 133). Ce sont des liquides à actions chimiques puissantes, les sucs digestifs, qui transforment les matières alimentaires de façon à les rendre absorbables et assimilables L La digestion consiste donc en une série d’actions chimiques. 11 s’y ajoute des actions mécaniques concomitantes qui font passer d’une cavité digestive dans une autre les matériaux plus ou moins modifiés.

Les sucs digestifs agissent au moyen de ferments. A chaque classe d’aliments correspond une catégorie de ferments dont nous devrons étudier l’action. Ainsi les substances amylacées subissent l’action de l’amylase de la salive et de celle du suc pancréatique ; les sucres alimentaires, comme la lactose et la saccharose, sont dédoublés dans l’intestin par la lactase ou par la sucrase; les graisses sont transformées parla lipase pancréatique; les matières albuminoïdes par la pepsine du suc gastrique et par la trypsine du suc pancréatique.

La sécrétion de ces divers ferments est provoquée par des excitations diverses ; mais chaque glande paraît posséder un excitant particulièrement efficace, sinon absolument spécifique; tels sont les extraits de viande pour les glandes gastriques, tels sont les acides pour le pancréas. Ces substances agissent soit par un mécanisme nerveux, soit par un mécanisme humoral ; ou bien, en effet, elles agissent d’une façon élective sur les terminaisons neryeuses sensibles des muqueuses stomacale ou duodénale, produisant, par voie réflexe, des excitations sécrétoires; il y a donc lieu de constater ici une excitabilité spécifique des terminaisons sensibles d’une muqueuse donnée; ou bien elles déterminent dans une muqueuse la formation d’une substance qui provoque la sécrétion par une action directe sur l’épithélium glandulaire; c’est le cas de la « sécrétine », substance formée dans la muqueuse duodénale sous l’influence des acides et qui passe dans le sang pour arriver au pancréas et en exciter la sécrétion ; on a donc affaire dans ce cas à une excitabilité spécifique d’un épithélium glandulaire.

D’autre part, il y a une relation étroite entre la sécrétion des sucs digestifs et la nature de l’alimentation. Le travail des glandes digestives s’adapte à la nature et à la quantité des aliments. Deux ordres de faits le prouvent. 1° Quand des aliments durs et secs sont offerts à la mastication, la sécrétion salivaire est abondante ; au contraire,

1. Il est toutefois quelques substances alimentaires, comme l’eau et plusieurs sels, qui sont absorbées telles quelles, sans subir de modifications, et direclement assimilées. L'eau est le type de ces substances.

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