MASTICATION
mylo-hyoïdiens ; la contraction de ces muscles se combine avec celle des muscles sous-hyoïdiens qui fixe l’os hyoïde sur lequel les abaisseurs de la mâchoire prennent leur insertion fixe) ; le mouvement d’abaissement peut être simplement passif, par le relâchement des muscles élévateurs et la chute qui s’ensuit de la mâchoire par son propre poids ; d’autres muscles enfin déterminent des mouvements de latéralité, assez bornés chez l’homme, très étendus chez les Ruminants; ces mouvements sont dus à la contraction du ptérygoïdien externe qui fait sortir de la cavité gléhoïde, en le tirant en avant, un des condyles, tandis que la mâchoire pivote sur l’autre condyle. — Le résultat de tous ces mouvements est la rencontre des dents des deux mâchoires les unes avec les autres; les incisives alors font office de ciseaux et les molaires peuvent exercer leur action triturante, leurs surfaces entrant en contact.
L’étude des mouvements de la mâchoire inférieure montre que la mastication, chez l’homme, est mixte et participe à la fois de celle des carnivores et de celle des herbivores (Ruminants), vu la nature mixte de son alimentation ; les carnivores qui ne font que déchirer leur proie, n’ont que des mouvements d’abaissement et d’élévation et n’ont point de mouvements de latéralité; aussi leur condyle ne peut-il tourner que sur son axe transversal. Chez les Ruminants, les mouvements de latéralité sont puissants, et, à cet etfet, le condyle est plat et mobile en tous sens. Un autre type de condyle est celui des Rongeurs, condyle à grand diamètre antéro-postérieur, avec une cavité glénoïde creusée dans le même sens. Le condyle de l’homme a une forme intermédiaire entre toutes les précédentes, de même que chez lui les mouvements de mastication sont plus variés et se combinent d’une façon plus complexe que chez aucun animal.
B. Instruments accessoires de la mastication. —
Les mouvements des lèvres, des joues et de la langue ramènent à chaque instant les aliments sous les arcades dentaires. La suppression de ces mouvements (paralysie des lèvres et des joues) rend la mastication difficile. Il en est de même, si la sensibilité de ces parties est abolie, ce qui prouve le rôle important des impressions sensitives nées de ces régions sur la coordination des mouvements de leurs muscles.il faut que la langue, parexemple, qui va chercher dans toutes les parties de la bouche les parcelles alimentaires pour les ramener sous les dents, sente ces parcelles afin de leur donner la direction nécessaire.
G. Innervation des muscles de la mastication. — Les
muscles de la mastication sont innervés, les masséters, les temporaux,
DIGESTION
les ptérygoïdiens internes et externes, le ventre antérieur du digastrique et le mylo-hyoïdien par la branche motrice du trijumeau (dite aussi masticatrice, partie motrice du nerf maxillaire inférieur); le génio-hyoïdien et tous les muscles sous-hyoïdiens par l’hypoglosse ' ; ceux des joues (muscle buccinateur) par le facial, ceux des lèvres par ce même nerf.
D. Centre de la mastication. — Le centre de tous ces muscles se trouve dans le' bulbe. C’est donc du bulbe que partent les incitations motrices qui règlent les mouvements synergiques dont l’ensemble contitue la mastication.
La mastication est tantôt un acte à point de départ volontaire, tantôt un acte d emblée réflexe. 11 suffit que des impressions périphériques (buccales) spéciales arrivent au bulbe par des fibres centripètes du trijumeau et du glosso-pharyngien pour que les incitations motrices en partent qui déterminent la contraction des muscles masticateurs. Ce qui prouve la nature réflexe du processus, c’est que l’extirpation de l’écorce cérébrale, chez le lapin, n’empêche pas la mastication d’une feuille de chou mise entre les dents ‘L On verra plus loin que c’est le phénomène masticateur proprement dit, la division des aliments (action des dents), qui seul est réflexe, et qu’il en faut distinguer la formation du bol alimentaire, acte cérébral.