Formation du bol alimentaire
La mastication n’aboutit pas nécessairement à la formation d’un bol alimentaire, et, de son côté, l’insalivation n’en est non plus qu une condition. Toutes deux, à la vérité, sont des conditions indispensables. Mais la formation même du bol est le résultat de mouvements adaptés de la langue, des lèvres et des joues, associés à la mastication et à la sécrétion salivaire. Ce sont ces mouvements surtout ceux de la langue, qui jouent le rôle le plus importantgrâce à eux, les substances alimentaires sont mélangées avec la salive (insalivation) et, selon que la mastication est plus ou moins parfaite, forment plus ou moins rapidement une masse pâteuse propre à être aisément déglutie. La section de l’hypoglosse, nerf moteur de la langue, ou celle du lingual, nerf sensitif de cet organe ‘ gêne singulièrement la formation du bol alimentaire.
L innervation des muscles des lèvres et des joues a été indiquée p. 169-170; on ne reviendra pas sur ce point.
On a vu aussi que la mastication est un phénomène réflexe bulbaire (p. 170). Au contraire, la formation du bol alimentaire est un phénomène qui dépend surtout du cerveau. Après l’extirpation des hémisphères cérébraux (expériences faites sur le lapin), la mastication, avons-nous dit (p. 170), est possible ; mais la masse ainsi mastiquée reste éparse dans la gueule; elle ne finit pas par former, comme chez l’animal normal, un bol alimentaire. Ce n’est que le phénomène masticateur proprement dit, la division des aliments, qui est réflexe. La formation et la propulsion du bol alimentaire sont sous le contrôle de l’écorce cérébrale. — Chose remarquable, pour empêcher ce phénomène, il est inutile d’enlever tous les hémisphères cérébraux, il suffit d’extirper les régions où sont localisées les impressions gustatives. On voit par là le rapport qui existe entre la gustation et l’ingestion des aliments.
1. L intégrité de la sensibilité, nous avons déjà signalé ce fait (p. 169;, est en effet necessaire à la coordination des mouvements et par conséquent à leur exacte appropriation. ‘