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Déglutition

Quand l’aliment a été mêlé assez intimement à la salive pour devenir mobile presque comme les liquides, il est soumis à l’action d’un appareil qui le fait progresser par pression depuis le fond de la cavité buccale jusqu’à l’orifice cardiaque de l’estomac, c’est-à-dire qu'il quitte alors la cavité buccale pour suivre les canaux pharyngien et œsophagien. Le principe qui détermine le mouvement du bol alimentaire est celui qui préside au mouvement des liquides, c’est-à-dire une pression exagérée en un point et nulle dans les autres, d’où progression dubol alimentaire (ou des liquides déglutis) dans le sens de la pression la plus faible.

L’appareil de la déglutition se compose d’abord de la cavité buccale, limitée supérieurement par la voûte palatine, postérieurement par le voile du palais, en bas parla langue, en avant par les dents; puis de l’isthme du gosier (circonscrit par les piliers antérieurs du voile), du pharynx et de l’œsophage.

En quoi consiste le mouvement de progression des aliments, ou, en d’autres termes, comment ceux-ci sont-ils poussés dans unedirection déterminée et seulement dans cette direction ? C’est là, pour ainsi dire, la mécanique de la déglutition. — Vient alors une seconde question. Quelle est la mise en jeu de ce mécanisme? Quels sont les nerfs qui commandent aux divers mouvements par lesquels il se réalise ?

i° Mécanisme musculaire de la déglutition.

Pour faire mieux comprendre la succession et l’enchaînement des multiples et divers mouvements grâce auxquels l’aliment est ingéré, on divise généralement la déglutition en trois temps.

Dans le premier temps ou temps buccal., l’aliment parcourt la cavité buccale .

Lorsque le bol alimentaire est formé, il se rassemble en une masse unique sur la base de la langue; la pointe de celle-ci s’applique contre la voûte du palais, et le bol glisse vers les piliers antérieurs du voile du palais, c’est-àdire vers l’isthme du gosier. Ces mouvements sont volontaires, ou du moins peuvent être arrêtés par la volonté. Si la langue est paralysée, le premier temps de la déglutition ne peut s’accomplir et le bol alimentaire doit être poussé avec le doigt jusqu’à l’isthme du gosier. Ce n’est qu’à partir de ce point, en effet, que la déglutition vraie commence; celle-ci est un phénomène réflexe que rien n’arrête dès qu’il est commencé. L’acte par lequel le bol franchit l’isthme du gosier ne doit donc pas être compris dans lepremier temps.

DIGESTION

Le deuxième temps est le temps pharyngien.

Le bol alimentaire franchit d’abord l’isthme du gosier. Il a été poussé par les contractions des muscles de la langue contre le voile du palais. Pour que ces contractions puissent le presser contre le voile, il faut que celui-ci offre une résistance suffisante; il faut pour cela qu’il soit tendu* la contraction des muscles péristaphylins externes le tend transversalement et celle des glosso-staphylins le tend de haut en bas. La contraction des mylo-hyoïdiens vient alors appliquer fortement la base de la langue contre le palais. Les matières alimentaires, ainsi poussées par une forte pression, ne peuvent s’échapper que par l’angle que forment la langue et la voûte palatine. Cette contraction des mylo-hyoïdiens peut être consUtée au moyen du doigt introduit dans la bouche jusqu’au delà de la < ernière molaire, immédiatement au-dessus de la ligne mylo-hyoïdienne ; à cet endroit, le doigt repose directement sur le muscle. Elle constitue le premier mouvement essentiel de la déglutition; en effet, la paralysie de ces muscles rend la déglutition très difficile ; des chiens sur lesquels on sectionne les nerfs mylo-hyoïdiens ne peuvent déglutir qu’en rejetant la tête en arrière, c est-à-dire en s’aidant de la pesanteur pour faire tomber les aliments dans le pharynx. — Par l’action des muscles mylo-hyoïdiens et les contractions mêmes de la langue, le bol alimentaire est donc poussé comme par un piston vers l’endroit de la moindre résistance, le canal pharyngo-œsophagien.

Et cela, d autant plus qu’à ce moment précis le pharynx s’élève au-devant de ce bol alimentaire. En effet, son extrémité inférieure mobile se rappioche de 1 extrémité supérieure, immobile; et ce raccourcissement est important, puisqu’il diminue la longueur du pharynx (14 centimètres) d’une dizaine de centimètres. Ce raccourcissement du pharynx s’opère par la contraction de ses constricteurs moyens et inférieurs et par celle des stylo-pharyngiens et successivement par celle des muscles sus-hyoïdiens : ventre antérieur des deux digastriques, génio, mylo et stylo-hyoïdiens. Pour que les muscles sus-hyoïdiens se contractent, il faut que la mâchoire inférieure soit fixée par les muscles masticateurs; alors l’os hyoïde est soulevé, le larynx aussi se soulève en môme temps que le pharynx et se trouve porté en avant, d’où l’élargissement du diamètre du canal pharyngien à 1 instant même où le bol y est jeté. Aussitôt les fibres musculaires de ce canal, se contractant, le chassent très vite dans l’œsophage.

Pendant que le bol franchit le pharynx, les deux communications de ce canal avec les voies aériennes (fosses nasales, d’une part, en haut et en arrière, et larynx, d autre part, en bas et en avant) et celle qu il présente avec la cavité buccale sont oblitérées.

1. Le bol ne peut rétrograder dans la cavité buccale, à cause de la contraction des muscles des piliers antérieurs, des glosso-staphylins, qui se rapprochent l’un de l’autre par l’effet, même de leur contraction, et en

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