A. Rollett (i8'6-i903), physiologiste autrichien
SÉCRÉTION GASTRIQUE
grand cul-de-sac est acide, tandis que celle des glandes pyloriques (constituées seulement par des cellules principales) est alcaline.
La démonstration directe de cette opinion paraît être fournie par l’étude du suc sécrété par 1’ « ant-re pylorique » isolé ; on dissèque, et, par des sutures appropriées, on isole en forme de poche une partie plus ou moins étendue de la muqueuse stomacale, dans la région pylorique, en respectant et conservant les vaisseaux et les nerfs de cette région (formation d'un petit estomac pylorique, opération de Pavlov; voy. plus loin, p. 213); cette partie est mise en communication avec la paroi abdominale, tandis que la continuité du reste de l’organe est rétablie au moyen de sutures; parla fistule ainsi pratiquée, on recueille le liquide sécrété parle petit estomac. Or, ce suc se montre toujours faiblement alcalin. — La seule objection que l’on pourrait faire à cette expérience, c’est que l’acidité du suc sécrété par les glandes de la région pylorique se trouve peut-être masquée par l’alcalinité du suc des cellules muqueuses, abondantes en cette région. — Une autre pi;euve de la distinction qui existerait entre les glandes du fond et celles de la région pylorique au point de vue de la production de l’acide, résulte d’une expérience histo-chimiqne. On a remarqué que les cellules qui ont une sécrétion acide se colorent en noir par le nitrate d’argent; dans l’estomac, ce sont les cellules de bordure qui prennent cette coloration, les cellules principales ne se coloreraient pasi; de fait, les cellules des glandes pyloriques ne se colorent pas.
On a soutenu que l’acide ne se forme qu’à la surface des glandes.
Cette donnée est sortie d’une expérience déjà ancienne de Claude Ber- NARD qui, injectant dans une veine d’un animal du lactate de fer et du ferrocyanure de potassium, vit à la suite de cette injection la surface seule de l’estomac se colorer en bleu (précipité bleu foncé de bleu de Prusse) ; le lactate de fer, en réagissant sur le ferrocyanure, ne donne du bleu de Prusse qu’en milieu acide. De cette expérience, on a conclu à tort que l’acide ne se produit pas dans la profondeur des glandes. Il se pourrait simplement que les éléments formateurs du bleu de Prusse ne fussent point éliminés par les cellules glandulaires, mais par celles de l’épithélium superficiel. Une autre expérience d’ailleurs est contraire à celle de Claude Bernard. Si l’on injecte dans une veine d’un animal en digestion (chien) une solution neutre d’alizarinate de soude (substance rouge pourpre qui donne un précipité jaune en présence d’un acide), toute la muqueuse stomacale se colore en jaune dans toute son épaisseur; à partir du pylore la muqueuse apparaît rouge, il en est de môme au-dessus du cardia.
1. Les glandes stomacales des Vertébrés inférieurs, comme la grenouille, no présentent qu’une seule espèce de cellules, et cependant chez ces animaux la sécrétion gastrique possède les propriétés de celle des animaux à épithélium plus différencié ; la même cellule suffit à la sécrétion de l'acide et de la pepsine. 11 ne suit pas de là que, chez les Mammifères, la différenciation morphologique des éléments cellulaires ne soit pas accompagnée d'une différenciation fonctionnelle.
DIGESTION
Ainsi les cellules glandulaires de l’estomac produiraient toutes de l’acide. Cette conclusion est en contradiction avec le résultat mentionné plus haut concernant l’alcalinité du suc pylorique. De nouvelles recherches éclairciront ce point.
Voyons maintenant comment l’acide se forme. C’est aux dépens du chlorure de sodium du sang.
En eüot : 1° la suppression des chlorures dans l’alimentation finit, au bout d un long temps d’ailleurs, par faire disparaître du suc gastrique 1 acide chlorhydrique ; l’estomac ne sécrète plus qu’un suc neutre, qui manifeste un pouvoir digestif énergique, dés qu’on l’additionne d’acide chlorhydrique ; — 2® l’administration à un animal de fortes quantités de bromures ou d’iodurcs, en même temps que l’on supprime les chlorures de l’alimentation, fait apparaître dans le suc gastrique de l’acide bromhydrique ou iodhydrique qui s’est substitué à l’acide chlorhydrique.
Sous quelle inlluence le chlorure de sodium est-il décomposé? On sait que les acides les plus faibles peuvent dépMcer l’acide fort d’un sel en quantité d’autant plus grande que la masse de l’acide faible est plus considérable. C’est cet efftit de masse qui explique la dissociation d’un acide fort de ses combinaisons. L’acide carbonique lui-même, par eifet de masse, peut déplacer une petite quantité de tout autre acide. Or, le sang qui contient toujours un excès d’acide carbonique est en réalité pour cette raison un liquide acide ; ce liquide acide, incessamment renouvelé, qui baigne les glandes gastriques, a le pouvoir de décomposer en partie le chlorure de sodium : NaCl-l-G0‘--|-II20-— HCl CO^Nalf ; la petite quantité d’acide chlorhydrique mise en liberté est immédiatement éliminée du champ de la réaction, ce qui permet à celle-ci de recommencer, l’acide carbonique restant toujours en grand excès i ; l'acide ne fait donc que traverser les cellules : quant au carbonate de soude produit en même temps, il passe dans le .sang par l’autre pôle de la cellule. — En fait, dès le début de la digestion, alors que ia sécrétion gastrique commence et tout le temps qu’elle dure, on voit que falcalinité du sang augmente, celui-ci reprenant la quantité d’alcalis correspondant à l’acide chlorhydrique formé et, d'un autre côté, que l’acidité de l’urine diminue (quatre ou cinq heures après le repas) ou parfois que l’urine devient neutre ou parfois même alcaline*. — Cependant ce mécanisme de la formation de l’acide chlorhydrique reste hypothétique. Car « où ne peut-on dans l’organisme saisir côte à côte le sel marin et l’acide carbonique? Et cependant la sécrétion chlorhydrique est limitée aux seules glandes gastriques » (E. Lambling, Précis de biochimie, Paris, 1911, p. 143).
1. On a constaté dans l’estomac du chien une tension d’acide carboniqueallanL de 3o (à l’état de jeûne) jusqu’à i/,o (pendant la digestion) millimètres de mercure et variant dans le même sens que l’acidité. La courbe de la tension de CO» dans l’estomac est parallèle à la courbe de l’acidité du suc gastrique dans les différentes phases de la digestion.
2. Une confirmation clinique intéressante de ces faits se trouve dans les observations qui prouvent que les malades atteints d’hyperchlorhydrie sont très améliorés par un rég’ime alimentaire aussi pauvre que possible en sel marin.
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b. Formation de la pepsine. — On a voulu localiser la formation de la pepsine dans les glandes du grand cul-de-sac parce que les extraits faits avec la muqueuse de celte partie sont riches en pepsine, tandis que les extraits de muqueuse pylorique en contiennent peu. Cependant les glandes pyloriques fournissent aussi de la pepsine. Une expérience suffît à le prouver.
On peut, comme il a été dit tout à l’heure, isoler la région pylorique de l’estomac et suturer à la peau de l’abdomen cette espèce de poche ou de sac en y pratiquant un orifice (fistule pylorique) ; de ce sac on extrait un liquide qui contient toujours de la pepsine, même plusieurs mois après l’opération. C’est surtout dans les cellules principales que se forme ce ferment. Chez l’embryon de mouton, on ne trouve, aune période de son développement, dans les glandes du grand cul-de-sac, que des cellules de revêtement, les cellules principales n'apparaissant que plus tardivement; or, c’est à ce moment qu’apparaît aussi la pepsine. D’autre part, la richesse en pepsine d’une muqueuse est en proportion du nombre et du développement des cellules principales. — Les cellules de revêtement participent-elles à, la formation de la pepsine? C’est une question qui n’est point encore résolue.
La pepsine n’est pas produite telle quelle par les cellules ; celles-ci forment d’abord une substance que l’on a dénommée propepsine, qui se transforme rapidement en pepsine sous l’influence des acides dilués.
En effet : 1° en traitant par l’eau ou la glycérine une muqueuse stomacale, on enlève à cette muqueuse toute la pepsine qu’elle contient ; si on la traite alors par de l’acide chlorhydrique dilué, on obtient une nouvelle quantité de pepsine; — 2» la pepsine est détruite par le carbonate de soude; si on soumet à l’action de ce corps (solution à 0,5-1 p. 100) une muqueuse gastrique, puis qu’on acidifie l’extrait par de l’acide chlorhydrique dilué, on obtient une liqueur riche en ferment actif. 11 y avait donc dans la muqueuse une substance que le carbonate de soude ne détruit point (qui n’était donc point de la pepsine) et qui, traitée par l’acide chlorhydrique, engendre de la pepsine.
Voilà deux expériences qui démontrent la formation de la pepsine aux dépens d’un proferment. Ce proferment se trouve dans les granulations des cellules glandulaires.
Il y a des substances qui paraissent donner à l’estomac la faculté de sécréter la pepsine ; Schipp, qui a découvert leur action, les a appelées peptogènes; la dénomination de pepsinogènes est plus exacte, puisqu’il s’agit de substances qui favoriseraient la production de la pepsine. Voici l’idée générale de la théorie de ScuiFFet les principaux faits sur lesquels elle repose. La pepsine ne se formerait pas dans les glandes pepsiques d’une manière continue, mais un estomac à jeun et épuisé par une copieuse digestion antérieure perd la propriété de donner un suc gastrique vraiment actif, jus-
DIGESTION
Z substances, sous l’innuence desquelles il
St pioduit de nouveau de la pepsine; ces substances sont les peptooè,iec ou pepstnogenes. Ainsi, après l’épuisement produit par une di^est on co
mine, de 1 estomac vide est à peu pris nul; mais il augmente en nro portion très notable lorsque avec ralbuminc on introduit dans l'estonia» une quantité modérée de certains autres aliments ipeplole ) ZTZ as 1 estomac sécrète d-abord un liquide acide qu sert àTssoX les
Te feTnt'al »'• “ -«anrau sang
tlte îa s iirT l^lKino mtï glandes stomacales, on conl
le O “ P'“^ Plts actif, de plus en Plus
pepsique. Ces peptogènes sont essentiellement représentés parL élémLts de la Viande solubles dans l’eau (extrait aqueux de viande, jus de “ande crue), par la gélatine, par la dexlrine. Le bouillon, la soupi contie “ ent
périence d^Vus'' P'P‘<>S»nes, et sous ce rapport l’expeiience de tous les jours se trouve d'accord avec ces données - Ces
s^rsLrinS'^'drt;^
Sur un homme porteur d’une large fistule gastriaue on a n., ^ -r
ne, du lait, on a vu que ces corps accélèrent notablement la di-estioo rlsulWs' ■ ‘ de viande fraîche qui donne les ine°illenrs
On voit donc que la théorie de Sempr consistait essentiellement à a,l
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a modillé la lheorie de son maître en considérant les peptooènes comme
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propriété 6xcito-sécrétoire (« succa^o^uo * ))^ rnikmrnno ^
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exemple, serait moins opagogue que pepsinogèno et l'extrait de l ie! plus opagogue que pepsinogène. ^
c. Formation de la présure. — On ne trouve pas le ferment tout préparé, sauf dans le contenu stomacal des nourrissons, et cela
cis[e^d'e"tXd, psychologue et publi-
i88i jusqu’à sa mort ^ ^ Université de Lausanne depuis
par celui d'opa-
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dès les heures cjui suivent la naissance, et dans la mufiueuse de l’agneau et du veau. Sa formation, comme celle de la pepsine, paiaît se faire aux dépens d’un proferment, soluble dans 1 eau, beaucoup plus résistant à l’action des alcalis que le ferment lui-même», et qui, sous l’influence de l’acide chlorhydrique à 1 p. 1000, donne rapidement de la présure active. Toutes les muqueuses gastriques con tiennent cette substance. On a, en efl’et, de la muqueuse d’un grand nombre d’animaux. Poissons, Batraciens, Reptiles, Oiseaux, aussi bien que de celle des Mammifères, en la traitant par de l'eau acidulée par l’acide chlorhydrique, obtenu du ferment. — C’est même là un des faits qui ont donné à penser que la présure doit encore avoir un autre rôle que de coaguler le lait, cet aliment n’étant normalement jamais offert à ces animaux. Nous examinerons ce point en étudiant l’action de la présure.
Les glandes pyloriques, comme celles du grand cul-de-sac, produiraient de la présure, quoique en moindre quantité. Cependant, d’après plusieurs physiologistes, on ne trouverait le proferment que dans la muqueuse du grand cul-de-sac. La teneur de la muqueuse stomacale en présure serait toujours parallèle à sa teneur en pepsine.
La question a été posée de l’individualité de ta présure; comme les pouvoirs coagulant et protéolytique du suc gastrique marchent toujours parallèlement, on a soutenu qu’elle serait identique à la pepsine, encore qu’HAMMARSTEN ait montré que l’extrait de caillette de veau, contenant 3 p. 1000 d’acide chlorhydrique et maintenu à 40“ pendant quarantehuit heures, perd sa propriété de coaguler le lait, tandis qu’il conserve son pouvoir protéolytique; inversement, l’addition de carbonate de magnésie à une autre portion de cet extrait lui lait perdre ses propriétés protéolytiques, mais non son action coagulante. Les preuves qu’on a apportées jusqu’ici en faveur de la thèse de l’identité des deux ferments ne sont pas convaincantes.
C. Phénomènes circulatoires. — Pendant la digestion, la circulation de la muqueuse stomacale devient beaucoup plus active; les artères se dilatent, le sang qui revient des veines est d’un rouge vif, toute la muqueuse prend une couleur rose foncé.
La réduction de la circulation dans l’estomac diminue et altère la sécrétion; en effet, la ligature des principales artères diminue la quantité du suc, en diminue aussi l’acidité et peut même le rendre alcalin.
Les nerfs vaso-moteurs seraient surtout fournis par le pneumogastrique qui contiendrait des filets dilatateurs et constricteurs. Le
1. Ce zymogène n’est pas détruit par le carbonate de soude. Il ne l est pas non plus par une température de 70», bien avant laquelle le ferment cesse d’ôlrc actif.
DIGESTION
sympatliique ne donner leurs.
aud 1 esioniac que
D. imiervadon sécrétoire .le l estomac. Les filets sécréteurs des glandes stomacales se trouvent dans les pneumogaslriques. Mais les expéneuces ordinaires d’excitalion et de seclion de ces nerfs ces opéra ions étant pratiquées au lieu d’élection, au cou, ne donnen; q e des elfets incerlains; c’est que l’on excite ou que l’on coupe en cet endroit des filets laryngés, pulmonaires et cardiaques et que l’on provoque par suite des troubles respiratoires et cardiaques qui peuvent empocher ou masquer l’effet sécrétoire. 11 faut donc procéder dans d autres et meilleures conditions.
L’expérience suivante réalise ces conditions. Sur un chien à fistule Gastrique e deplus.œsophagotoinisé. on sectionne un des pneumogastriques dans e thorax, au-dessous des filets cardiaques, eti’autrLu quatie jours après, on recherche le bout périphérique de ce dernier (les ibres d arrêt pour a sécrétion stomacale que contient le pneumogastrique ont ainsi le temps de dégénérer i) et on l’excite par un courant induit : il 8 écoule par 1 ouverture de la fistule un suc clair et acide.
De même, pour que l’effet en sok net, la section des deux nerfs vagues ne doit être pratiquée qu’avec des précautions analogues.
i œsophagotomisé. l’administration
n lepas ftUif (laminai reçoit de la viande qu’il mâche, insalive et dé-
parvenir dans l’estomac, puisque les morceaux tombent avec la salive par l’ouverture œsophagienne) lait sécréter une grande quantité de suc protéolytique; si, sur cet animal, on sectionne les pneumogastriques au-dessous du point où se détachent les filets cardiaques on constate que cette sécrétion psyc/u^ue ne peut plus avoir lieu. Il en est de même SI. au heu de sectionner les nerfs, on atropinise simplement I animal (1 atropine paralyse les fibres sécrétoires du pneumogastrique).
La vagotomie double ne parait supprimer que cette sécrétion psychique, estomac, soustrait à l’infiuence des pneumogastriques, peut encore sécréter puisque les aliments introduits dans la cavité de l’organe sont bien digérés. Par quel mécanisme se produit alors la sécrétion ? Les substances alimentaires excitent-elles les terminaisons sensitives de la muqueuse et cette impression met-elle en jeu l’activité des filets sympathiques que reçoit 1 estomac. Jusqu à présent on n’a cependant constaté aucune action sécrétoire des nerfs splanchniques sur l’estomac. Seraient-ce les ganglions situés
1. L existence de ces fibres fréno sécrétoires.à côté des fibres sécrétoires esi
dn 2»and, sur un chien dont on a sectionné la moelle au-dessous
dn bulbe pour supprimer toutes les influences réflexes pouvant s’exercei sifrTes glandes gastriques on excite le bout périphérique du pneumogastrique «rciu niuqqqnrh stomacale qu après une période latente de^uinze mi-
nutes a une heure. D au re part, bien des excitations douloureuses arrêtent noiir plusieurs heures la secrétion et par suite la digestion gastriques! ^
2. Cependant le suc secrété contient beaucoup moins de pepsine.
SECRETION GASTRIQUE
dans les parois mêmes de cet organe qui commandei'aient à sa sécrétion ? Celte supposition est plausible, puisqu’on a trouvé qu’après la section de tous les nerfs se rendant à. l’estomac, celui-ci étant par conséquent isolé du plexus solaire aussi bien que du système nerveux central, les glandes peuvent encore sécréter. On verra tout à l’heure quels son-t les excitants qui agissent sur l’estomac après la vagotomie double ou après la section de tous les nerfs et quel peut être leur mode d’action.
Les noyaux d’origine despneuinogastriques constituent les centres nerveux sécréteurs de l’estomac. — On a pu par l’excitation de l’écorce cérébrale en quelques points (région avoisinant la partie antérieure du gyrus sigmoïde chez le chien) déterminer une sécrétion gastrique, mais ce résultat n’implique nullement l’existence d’un centre sécréteur cortical; cette excitation peut être vraisemblablement considérée comme l’analogue d’une excitation sensitive périphérique se transmettant au centre bulbaire (noyau du pneumogastrique).
2“ Causes de la sécrétion gastrique.
Chez l’animal à jeun, l’estomac ne contient point de suc gastrique. C’est l’ingestion des aliments qui amène la sécrétion (excrétion cellulaire 1). Celle-ci est donc intermittente. Sous quelles influences se produit-elle? 11 y a deux sortes d’excitants de la sécrétion gastrique, Vexeitant psychique, qui correspond à la sécrétion que commandent les nerfs sécréteurs (pneumogastriques), et les excitants chimiques, qui déterminent une sécrétion que l’on pourrait appeler chimique, sans rien préjuger d’ailleurs de son mécanisme intime, mais pour 1 opposer seulement à la sécrétion psychique, liée à l’intégrité des nerfs vagues.
A. Excitant psychique. — C’est le premier excitant de la sécrétion.
A un chien à. jeun depuis quinze à dix-huit heures, porteur d’une fistule gastrique et œsophagotomisé, on donne le txpas fictif (\oy. p. 206); la figure 18 montre un chien, dans le laboratoire de Pavlov, disposé à cette fin, cinq à six minutes après le début du repas, le suc gastrique s’écoule pai la fistule et cette sécrétion dure de une à trois heures, même quand le repas fictif a été très court. Le suc ainsi obtenu contient de l’acide chlorhydrique (de 4 à 5 p. 1 000) et possède un fort pouvoir protéolytique, On a vu plus haut (p. 206) que la section préalable des pneumogastriques empêche ce réflexe.
Quelle est la véritable cause de ce réflexe? Ce ne sont pas les mouvements de mastication et de déglutition; on peut faire mâcher et déglutir
1 Voyez p. 172 et 200.
DIGESTION
à 1 animal des matières non alimentaires, sans que sécrète l’estomac- et d autre part, il peut avaler sans les mâcher dos morceaux de viande' et la Sécrétion gastrique se produit néanmoins. Ce n’est pas non plus la gustation; beaucoup d’excitations des nerfs du goût par des snb
Fig. 18. - ppérience du repas fictif (dessin schématique de E. S. London» d'i photographies d animaux en observation dans le laboratoire de Paviæv).
Stances acides, salées, amères, qui amènent une sécrétion abondante de
atl^s nullement l’activité des glandes stomacales. Il n’y
a plus qu une seule cause à invoquer, c’est l’envie de manger et le senti^ ment de jouissance qui accompagne l’acte. - Si cela est vrai, ne suffira-t-il î"" "^c^étion, de faire passer sous les yeux et sous le
er? lien va bien ainsi et, au bout de cinq minutes, voilà que la sécrétion commence; elle dure une heure et plus et donne souvent une centaTn^ centim très cubes d’un suc actif. Si le désir de manger, de 1^^ de 1 animal, est intense, si l’aliment qu’on lui présente lui agrée*, comme it en général la viande crue, cette expérience de « l’excitation psychique