‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 149 sur 510 · Physiologiste russe contempornin · texte numérisé non relu

Physiologiste russe contempornin

2 L’importance de ce facteur psychique est telle qu’on peut dire que l’intensif A de a sécrétion est en proportion du plaisir qu’un aliment donné procuïe à ïnimal Tel chien qui, par exception, préfère la viande bouillie à la viande crue a une

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d'aliments qui plaisent tant par eux^mUTs qurpariâlçr^'nrils sonf^rŸ pares et même présentés. Ainsi est justifiée physiologiquement la pratique dMa' . bonne cuisine - ou cuisine savoureuse, au sens étvmologique, c'est àXe nhi Biologique, de cette épithète (voy. ce qui a été déjà dit à ce sujet ^146) ^

SÉCRÉTION GASTRIQUE

de la sécrétion gastrique » (Pavlofî) réussit aussi bien que celle du repas fictif.

Dans l’acte de manger, l’excitant des nerfs sécréteurs de l’estomac est donc un phénomène psychique. Le désir de l’aliment, l’envie de s en emparer qui en résulte, la prévision du plaisir qui s’ensuivra sont provoqués par la vue et l’odeur de cet aliment et renforcés par le goût; c’est ce complexe de sensations et de sentiments qui constitue 1 appétit; et ce complexe nous apparaît maintenant comme le premier et le plus puissant excitant des nerfs glandulaires gastriques h De là, pour le produit de cette excitation, les noms de suc « psychique » et suc « d’appétit », L’appétit manquant, l’on mange sans goût, le suc « psychique » n’est pas sécrété et la digestion des aliments descendus dans l’estomac ne s’établit pas franchement,

B. Excitants chiiuiqucs. — Nous savons que la section des nerfs pneumogastriques supprime la sécrétion psychique ci-dessus étudiée et nous savons aussi qu’après cette section les glandes gastriques peuvent encore sécréter. 11 y a donc une sécrétion indépendante de ces nerfs. Quelle en est la cause?

Ce sont des excitants chimiques qui la provoquent. C’est donc, de ce point de vue, une sécrétion que l’on peut appeler chimique, pour la distinguer de la sécrétion psychique. '

Il faut d’abord établir la réalité de cette sécrétion.

Soit un chien sur lequel on a isolé une portion de l’estomac (petit estomac [opération de Pavlotï], voy. ci-dessus, p. 201 et plus loin, p. 213) ; on donne à cet animal un repas de viande; la sécrétion du petit estomac commence cinq minutes après le début du repas, comme dans le cas du repas fictif (voy, plus haut, p. 206), mais olle dure, au lieu de deux heures environ, huit à dix heures. A la sécrétion psychique s’est donc ajoutée une autre sécrétion. — On peut réaliser une expérience dans laquelle cette sécrétion seule se produira. Sur un chien on a pratiqué une fistule gastrique et, d autre part, l’opération du petit estomac; on introduit de la viande dans le grand estomac, par l’orifice fistuleux, en ayant soin que l’animal ne s en aperçoive pas (pour éviter toute excitation psychique) ; environ vin"tcinq minutes après, commence une sécrétion du petit estomac qui dure huit à dix heures ; rappelons encore que la sécrétion psychique commence SIX minutes environ après le début du repas fictif et dure seulement une paire d’heures; de plus, le suc est sécrété en moindre quantité que le suc psychique, son acidité est à peu près la môme, mais sa puissance digestive est beaucoup moindrCj °

Quels sont les agents de cette sécrétion? De toutes les substances.

i. L’action thérapeutique des amers, si employés dans l’a 6 e.xplique par ce fait, que ces substances excitent l'annélit et

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tion gastrique.

Gley, — Physiologie.

l’ancienne médecine, et par suite la sécré-

DIGESTION

alimentaires ou non, que l’on introduit dans l’estomac, le lait seulement, la gélatine et surtout la viande provoquent la sécrétion gastrique. Ni le pain ni l’albumine de l’œuf n’ont cette propriété. Cela seul suffirait à prouver qu’il ne s’agit point ici d’excitations mécaniques de la muqueuse stomacale. Les excitants mécaniques quels qu’ils soient, comme, par exemple, les frottements de la muqueuse avec des objets divei-s, contrairement à ce que croyaient les anciens physiologistes, n’ont aucune action sécrétoire. — A quoi donc est due 1 action de la viande? Elle est due à des corps qui se trouvent dans le muscle, dénaturé encore mal déterminée, solubles dans 1 eau et précipitables par l’alcool, les substances extractives (lacréatine et la créatinine ne rentrent pas dans ces substances), et à des corps qui se forment dans la digestion des albuminoïdes, les albumoses. En effet, les extraits de viande, l’extrait de Liebig qui n est presque composé que de matières extractives, le bouillon et, d’autre part, les peptones du commerce, plus ou moins riches en albumoses, introduits dans l’estomac, manifestent la même propriété.

Enfin comment agissent ces substances? 11 se pourrait qu’entrant en contact a^ec la muqueuse de l’estomac elles y formassent un corps doué de la propriété excito-sécrétoire. On a constaté, en effet, que les extraits de muqueuse pylorique avec de la dextrine ou de la glycose à S p. 100 ou avec de la peploneL ou encore avec de l'acide chlorhydrique à 4 p. 100, injectés dans les veines d’un animal, provoquent la sécrétion des glandes gastriques 2; les extraite faits avec la muqueuse du grand cul-de-sac sont sans action ; les extraits bouillis agissent aussi bien et meme plus energiquement que les extraits faits à froid. — On verra plus loin un exemple plus remarquable encore d’un mécanisme chimique excito-sécréteur (action de la sécrétine sur la sécrétion pancréatique).

Actiox de l eau. — On peut rattacher aux excitants chimiques l’eau qui poss.ède une légère action excito-sécrétoire.

Chez un chien à grand et à petit estomac, si l’on introduit 4 à 500 centimètres cubes d’eau dans le grand estomac, le cul-de-sac isolé contient toujours au bout de quelque temps une petite quantité de suc gastrique. Si l’on verse dans le grand estomac seulement 100 à 200 centimètres cubes d eau, la secietion est inconstante. 11 faut donc que cet excitant agisse sur une large surface de muqueuse. La section des pneumogastriques n’empéche pas l’action de l’eau.

1. On savait déjà que l'injection* intraveineuse d’une solution ae peptone du commerce détermine la sécrétion du suc gastrique. Mais il paraîtrait que l'effet ainsi produit est moindre que celui qui résulte de l'action d'un extrait de muqueuse pylorique avec de la peptone.

2. .1. S. Edkins. The Chemical mecanism of gastric sécrétion (J-of phusiol

XXXIV, 133-144, 1906). ^ I P y

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