De emelinum, qui vient lui-même de Iiaéiü, je vomi
2. De qui fait vomir. L’émétique est un tarlrale double d’antimoine el
de potasse.
DIGESTION
glandes qui sécrètent l’un et l’autre et la haute importance de ce fonctionnement synergique, — Force est bien néanmoins d’exposer les unes après les autres nos connaissances sur les divers facteurs de la digestion intestinale; on s’attachera, au cours de cette exposition, à montrer les rapports qui existent entre tous ces facteurs.
Sécrétion et rôle du suc pancréatique.
Le panci-eas, glande en grappe annexée au duodénum, déverse sa sécrétion dans celte partie de l’intestin grêle, soit par un canal unique .ouvrant beaucoup plus bas que le canal cholédoque (chez le lapin et quelques autres animaux), soit par deux canaux chez 1 homme, chez le chien), l’un accessoire, l’autre principal Le suc sécrété contient plusieurs ferments digestifs, ‘ amylase maltase,hpase et trypsine. ^ '
1" Mécanisme delà sécrétion.
A. Phénomènes histolosriques. - La compaiaison des cellules glandu aires pendant la digestion et en dehors de cette période a donne lieu a d intéressantes constatations. ^
Sur des animaux qui ne sont pas en digestion (chiens, lapins) on distingue dans les cellules du pancréas deux zones, d’étendue à^u près égale, I une interne (qui regarde la cavité de l’acinus), granuleuse ; l’aStre externe, transparente, homogène, finement striée. Le novau se trouve à la limite des deux zones. Pendant la digestion, lorsque la glande sécrète période d excrétion cellulaire), la zone externe s’accroît aux dépens de mteine. dont les granulations deviennent plus petites, moins apparentes 8 avancent vers la lumière del’acinus et enfin disparaissent. En même temps! e protoplasnia de la zone externe se creuse de vacuoles dont le liquidé aqueux dissout et entraîne les granulations de la zone interne. A partir de la sixième heure après le repas, la zone externe granuleuse se reforme augmentant même d’étendue. Ces faits, disparition des grains de sé^réé gation (de segregare, choisir), lorsque la glande fonctionne (phase d’excrétion), et réapparition de ces grains quand l’action de la glande redevient purement intracellulaire (phase de prétendu repos), montrent bien que les grains constituent le matériel de la sécrétion. On admet, en efiet quils sont formés d’une substance génératrice de l’un des principaux lerments du suc pancréatique, comme on le verra tout à l’heure. Ce sont des grains de zymogène.
Sur des chiens ayant reçu une injection de pilocarpine (la pilocarpine provoque la secrétion d'un suc protéolytique), on a trouvé que la lumière des acini est distendue par un produit de sécrétion qui a tout l'aspect du zymogène, qui se colore comme celui-ci ; dans les cellules, au contraire la quantité de zymogène avait notablement diminué.
SÉCRÉTICN PANCRÉATIQUE
B. Phénomènes chimiques. — On a pu en apprécier l’importance par l’étude des échanges gazeux dans le sang d’une des veines principales du pancréas comparativement avec le sang d’une artère fémorale. On fait sécréter la glande au moyeu d’une injection de « sécrétine » ; l’absoi-ption de l’oxygène augmente considérablement; cette augmentation est indépendante de l’activité circulatoire. La sécrétion s’accompagne donc d’un accroissement des phénomènes d’oxydation. C’est ce que nous avons déjà vu pour les glandes salivaires (voy. p. 173).
Formation des ferments contenus dans le suc pancréatique. — On sait y>eu de chose sur la formation de l’amylase et de la lipase pancréatiques. D’après quelques expériences, cependant, te ferment amylolytique proviendrait d’un zymogène; on a trouvé en effet que les extraits glycérinés du pancréas non seulement ne perdent pas leur activité diastasique avec le temps, mais présentent une augmentation graduelle de cette activité pendant plusieurs mois ; dans quelques cas celle-ci peut être décuplée; ces expériences sont faites, bien entendu, dans des conditions d’asepsie rigoureuse. — On a dit aussi que la lipase aurait son zymogène ; c’est la bile qui transformerait celui-ci en ferment actif.
En ce qui concerne le ferment protéolytique, la trypsine, on admet en général qu’il ne préexiste pas dans la glande ; celle-ci ne formerait qu’un zymogène, le trypsmogène ou protvypsine.
Le suc pancréatique en effet, quand on le recueille par une fistule du canal de Wirsung, après avoir laissé s’écouler les premières gouttes^, se montre sans action sur les matières albuminoïdes ou du moins sur l’ovalbumine coagulée 2, sur laquelle il n'agit que quand on ajoute un peu de suc intestinal ou d’une macération de muqueuse duodéno-jéjunale. Ce suc intestinal, on le verra plus loin, contient une substance qui présente les propriétés générales des enzymes et à laquelle Pavloff a donné le nom àQ kinase ou entérokinase (voy. p. 97); c’est cette substance, inactive, elle aussi, sur les matières protéiques, qui rend actif le suc pancréatique, et on a admis que son rôle serait de transformer le trypsinogène en trypsine ; le chauffage du suc intestinal entre C7° et 100° supprime ce phénomène.
Dans quelques cas particuliers, la formation de trypsin^ paraît cependant
1. Cette précaution est indispensable, parce que l'embouchure du canal est toujours imprégnée de suc intestinal ; par suite, quand on provoque la sécrétion du pancréas, le suc qui s’écoule dans les premiers instants a un pouvoir protéolytique manifeste, mais celui-ci ne dépend <|uc de la petite (luantilé de suc intestinal imprégnant les parois du canal de Wirsung.
2. Il importe en effet de remarquer que ce suc' pancréatique, dit pur, agit parfaitement et directement sur d'autres matières albuminoïdes, la fibrine, la caséine, etc., et agit aussi bien que le suc kinase ou additionné de chlorure de calcium (U. Lombroso*, 1912).
* Physiologiste italien, fils de l’illustre anthropologiste.
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s opérer dans le pancréas lui-même. Quand on fait à un chien une série d injections de sécrétine, on recueille, au moment de clia(|uc reprise de sécrétion, un suc directement actif sur rovalbumino; il en est de même à la suite d’une injection de pilocarpine, de physostiymine ou encore de choline»; meme résultat aussi après une injection intraveineuse d’alhunioses. Mentionnons encore une dernière condition dans laquelle le pancréas produirait directement un suc protéolytique; l'extrait de rate d’un animal en digestion ou le sang veineux de cette rate active un extrait inactif de pancréas. On a conclu de laque la rate déverse dans le sang une substance qui transforme le trypsinogène en trypsine*. Mais le rèle de cet organe n est nullement indispensable, puisque chez les animaux dérates le suc pancréatique digère parfaitement les albuminoïdes- ce
qui maintenant s’explique à merveille de par l’action sur ce suc du suc intestinal .
La cause de l aclivité propre du .. suc de pilocarpine >> parait tenir à la prtsence dans ce suc de sel de calcium. On a montré, en effet, que ces sels ont, m varo, la propriété de rendre actif un suc primitivement inactif sui l ovalbumine), tel que le « suc de sécrétine ». Or, quand on précipite a chaux que peut contenir un suc de pilocarpine en y ajoutant un oxalate alca in, on voit «lue 1 action du suc subit un retard considérable, si elle n est pas complètement empêchée; d’ailleurs l’activité protéolytique des sucs de pilocarpine paraît bien en raison directe de leur teneur en calcium.
Les faits raiiportés ci-dessus inonLrent qu’il y a* deux sortes de secrétion pancréatique, du moins au point de vue de l’action du suc sur certains protéiijues, l’une, inactive, l’autre active par elle-même (L. C.uius et E. Gley, 1902, 1907).
C Phénon.ènes circulatoires. - Pendant la sécrétion, la glande rougit, le sang veineux devient rouge; il v arrive donc plus de sang. On a pu le constater directement en inscrivant les changements de volume qui se produisent à la suite d’une injection de «secretine» ; une telle injection détermine en effet une vaso-dila tation pancréatique marquée. La sécrétion est néanmoins relativement indépendante de ce phénomène ; car, malgré l’obstruction de 1 aoi te thoiacique, on voit qu’elle continue. Semblablement l’exci tation des filets sécrétoires du vague (voy. ci-dessous) peut provoquer la sécrétion pendant cinq minutes environ malgré la compression de l’aorte thoracique. *
La circulation lymphatique se modifie aussi pendant la sécrétion • la quantité de lymphe qui provient du pancréas augmente ün le prouve en mesurant l’écoulement de la lymphe du canal thora-
""y- P- '74 : sur la physostigmine. p. ,86, et sur la cho-
2. C est SCHIFK qui a introduit dans la science cette idée d’un rapport fonction nel entre la rate et le pancréas. “ mnciion-
SÉCRÉTION PANCRÉATIQUE
cique, avant et après injection de « sécrétine »; on constate que durant la sécrétion l’écoulement s'accroît.
Innervation vaso-motrice du pancréas. — Les nerls vaso-constricteurs viennent de la moelle dorsale jiar le sympathique thoracique à partir du cinquième rameau communicant dorsal jusqu’au premier lombaire ; les filets se réunissent dans les splanchniques qui les conduisent au plexus solaire; l’excitation du bout périphérique d’un splanchnique détermine une diminution de volume du pancréas. — Les nerfs vaso-dilatateurs sont contenus dans les pneumogastriques ; l’excitation du bout périphérique d’un pneumogastrique au-dessous du cœur provoque une vaso-dilatation pancréatique durable.
D. Innervation sécrétoire du pancréas. — Les nerfs pneumogastriques contiennent des fibres sécrétoires pour le pancréas, d’après l’expérience suivante (Pavloff) ;
Sur un chien porteur d’une fistule pancréatique permanente on sectionne un des vagues au cou: quatre jours après, quand les fibres inhibitrices du cœur ont perdu leur excitabilité, on excite le bout périphérique de ce nerf; il se produit un écoulement du suc pancréatique; la sécrétion ne commence qu’après deux ou trois minutes d’excitation ^ et continue quatre à, cinq minutes après qu’on a cessé celle-ci. — Supposerait-on que cette action du pneumogastrique n’est qu’indirecte, dépendant de la sécrétion du suc gastrique acide (voy. p. 206) et du passage de ce suc acide dans le duodénum, puisque l’excitation du vague, en même temps qu’elle pi'ovoque la sécrétion stomacale, accroît les mouvements de l'estomac (voy. p. 231) ? Cette hypothèse n’est pas admissible. En effet, par l'excitation du vague, le pancréas sécrète plus tôt que l’estomac et, d’autre part, cette sécrétion se produit même quand la ligature préalable du pylore empêche l’introduction du suc gastrique dans le duodénum.
Les splanchniques contiennent aussi des filets sécréteurs, mais leur action est moins importante que celle des pneumogastriques.
A côté des filets sécréteurs se trouvent dans les splanchniques comme dans les nerfs vagues des filets dont l’excitation ralentit ou suspend la sécrétion (nerfs fréno-sécréteurs).
Cette action d’arrêt se démontre delà façon suivante ; on provoque la sécrétion pancréatique par l’injection intraduodénale d’une solution acide (voy. cidessous); la sécrétion bien établie, on excite le bout péripliérique d’un nerf vague; à chaque excitation, la sécrétion s’arrête. — L’excitation du sympathique, dans ces conditions, n’amène que le ralcntifsement de la sécrétion.
Ces nerfs contiennent-ils, outre les fibres sécrétoires (c’est-à-dire en réalité commandant à l’excrétion cellulaire), des fibres dites trophiques^, qui
1. Ce fait a été considéré comme une preuve de l’existence dans le tronc du vague delibres fréno-sécréloires (voy. ci-dessous), (|uc l’on excite en même Iciiips que les fibres sécrétoires et qui réagissent plus tôt que ces dernières.
2. Voy. p. i8o ce qui a été dit des libres trophiques de la glande sous-maxillairc.
DIGESTION
. ésideraient aux phénomènes chimiques desquels résulte i-élaboration du produit sécrété ? On l’a pensé d’après ce fait, qu’il importerait d’ailleurs de venlier que, chez des animaux présentant une sécrétion spontanée, l’excitation du vague ou celle du splanchnique donnerait lieu à la sécrétion, plus abondante d ailleurs, d’un suc protéolytique ; or. Je suc sécrété avant l’excitalion ne possédé aucun pouvoir digestif sur les albuminoïdes.
2° Causes de la sécrétion pancréatique.
chieT !hP7^ ^ierl3ivores, la sécrétion paraît continue. Chez le
en chez 1 homme, elle est intermittente. Elle s’établit quelques minutes apres 1 introduction des aliments dans l’estomac, atteint assez rapidement son maximum (en deux heures environ) puis diminue peu a peu; elle dure une douzaine d’heures. Duels sont les agents excitant cette sécrétion ?
A. E.vcitant psychique. — Son influence, si elle est réelle est peu importante. ’
A un chien œsophagotomisé et porteur d’une fistule gastrique et pancréatique on donne le repas fictif. La sécrétion pancréatique se produit deux ou trois minutes après qu’on a commencé d’exciter l’animal par la présentation des aliments, tandis que la sécrétion gastrique ne commence
P« être la cause
de celle-là. (en raison du passage du suc acide dans le duodénumvoy. ci-dessous).
11 faut convenir cependant que cette légère ditTérence dans la période latente des deux sécrétions ne suffit peut-être pas à établir la réalité de la sécrétion psychique du pancréas.
B. Action des solutions acides. — L’excitant principal et de beaucoup le plus important de la sécrétion pancréatique consiste dans le passage de solutions acides dans le duodénum. C’est ici la cause essentielle de la sécrétion normale : celle-ci est provoquée par 1 action de la bouillie gastrique acide sur la muqueuse duodénale. La démonstration en a été sûrement établie par les expériences dun elevede Pavloff, J. Dolinski (1894).
Si, chez un chien de taille moyenne porteur d’une fistule pancréatique, on introduit dans 1 estomac au moyen d’une sonde 200 à 250 centimètres cubes d une solution d’acide chlorhydrique à 4 ou 5 pour 1000 (acidité du suc gastrique), la sécrétion pancréatique commence au bout d’une ou eux minutes et en une heure on peut recueillir environ 80 centimètres cubes de suc. La quantité de suc obtenue diminue quand on diminue le titre acide de la solution. C’est dire que l’action stimulante est en raison directe du degré d’acidité.
Cette action est indépendante de la nature de l’acide. On a obtenu les
SÉCRÉTION PANCRÉATIQUE
mêmes résultats avec des solutions d’acide phosjdiorique, acétique, lactique, etc., avec du suc .itastriquo naturel et avec des breuva;ïes acides, tels que le jus de citron. — L’action des acides ne s’exerce que s’ils sont introduits dans le duodénum ou dans le tiers supérieur de l’intestin grêle; introduits dans le reste de l’intestin grêle ou dans le gros intestin, ils sont sans effet.
De tout cela il résulte que la sécrétion pancréatique normale est produite et entretenue par la sécrétion gastrique ou plus exactement par le passage du chyme acide dans l’intestin. La contre-épreuve a été donnée.
Une solution alcaline introduite dans l’estomac, en quantité suffisante pour neutraliser l’acide du suc gastrique, et au plus fort de la sécrétion pancréatique, arrête celle-ci presque tout de suite.
Dans le cas où, chez les animaux, on a enlevé l’estomac ou bien, chez l'homme, dans le cas où l’estomac ne sécrète plus d’acide, il est probable que l’acide lactique, qui se forme toujours aux dépens des matières alimentaires hydrocarbonées (fermentation lactique) là où l’acide chlorhydrique fait défaut, joue le rôle de stimulant de la sécrétion pancréatique (voy. p. 226).
Comment les solutions acides agissent-elles sur la muqueuse intestinale? Pavloff a admis que la sécrétion qu’elles provoquent est réflexe, résultant d’une action de l’acide sur les terminaisons nerveuses sensitives qui se trouvent dans l’intestin et de l’excitation consécutive des centres et des nerfs sécréteurs. De fait, l’injection directe d’une solution acide dans le sang n’a aucune influence sur le pancréas.
Mais on a constaté que la sécrétion s’établit encore quand on a détruit toutes les voies par lesquelles l’excitation réflexe peut arriver aux cellules glandulaires, après la section des vagues et des sympathiques, l’arrachement des ganglions solaires et mésentériques supérieurs, la destruction de la moelle à partir de la septième vertèbre dorsale (expériences de Wertheimer, 1899 et de Popielski, 1900). On pouvait donc penseï' que les acides agissent tout autrement que par un mécanisme réflexe. Comme ils n’ont point, on vient de le dire, d’action par eux-mêmes sur les cellules glandulaires, force est de conclure à un mécanisme humoral. Voici la preuve qu’en ont donnée VV. M. Dayliss et E. H. Sïarling (1902).
Si l’on fait macérer le muqueuse duodênale ou la portion supérieure de la muqueuse du jéjunum, préalablement coupée en fins morceaux, dans de l'acide chlorhydrique à 4 ou 5 pour 1 000 (ou dans beaucoup d’autres acides*), et qu’après filtration on injecte 1 ou 2 centimètres cubes de ce
1. Cependant, à acidité égale, tous les acides ne donnent pas un e.xlrait également actif. Les macérations faites avec les acides minéraux sont tes plus actives.
liquide dans le sang d un animal, on voit s’écouler presque immédiatement (en général après 40 à SO secondes) par le canal de Wirsung plusieurs centimètres cubes do suc pancréatique. Une nouvelle injection a le même résultat, et ainsi de suite.
Cette action n’est pas due à l’acide, nous le savons; d’ailleurs on peut, avant do l’injecter, neutraliser le liquide, et reli’et est le môme. Elle ne serait pas due à l’extrait de muqueuse intestinale en tant que tel, car les macérations aqueuses de cette muqueuse sont inetTicaces. Elle tiendrait k un produit qui s’est formé dans la muqueuse intestinale sous l’influence de 1 acide et qui passerait dans la circulation. C’est à ce produit que, pour ne rien préjuger de sa nature, Bayliss et Stauling ont donné le nom de sécréhne. — 11 est plus probable que cette substance préexiste dans la muqueuse, car elle en est extraite, non moins bien que par les acides, par i eau salée bouillante et même, quoiqu’on moindre quantité, par l’eau ordinaire ou l’eau distillée à cette môme température de lOO® et par l’eau salée à 0«, par les sels neutres en solutions concentrées à la température ordinaire, etc. Il n’y aurait donc pas de prosécrétine que l’acide transformerait en sécrétine, mais celle-ci serait toute formée et des agents très divers pourraient la mettre en liberté, du moins de la muqueuse séparée de 1 organisme. Il est trop clair en effet que tous les agents qui extraient la sécrétine dans cette condition no sont pas excito-sécrétoires in vivo, c’est-à-dire après injection dans le duodénum.
La sécrétine agit sur le pancréas complètement énervé, d’où l’on suppose quelle agit sans doute directement sur les cellules glandulaires. De fait, l’atropine n’empêche pas son action.
La sécrétine résiste à l’ébullition ; d'après les recherches déjà faites sur sa nature, elle paraît être une substance assez simple.
Ainsi l’acide ne peut plus être considéré comme l’e.xcitant spécifique de la sécrétion pancréatique, mais il est le générateur de cet excitant spécifique.
Normalement la sécrétion pancréatique est-elle déterminée par un mécanisme humoral, c est-à-dire par le passage de sécrétine dans le sang?
Oui, car si, après injection d’acide dans le duodénum, on recueille le sang veineux de cette portion de l’intestin, on constate que l’injection intravasculaire de ce sang provoque la sécrétion pancréatique. On a obtenu aussi l’action de la sécrétine avec le sang de la circulation générale (sang carotidien) recueilli après l’injection d’une solution acide '"dans le duodénum.
A vrai aire, il ne suit pas de toutes ces expériences que la sécrétion ne puisse être provoquée par d’autres excitations. Les acides eux-mêmes, dont on vient de montrer le rôle comme agents formateurs de la sécrétine, peuvent, indépendamment de ce mécanisme, avoir en tant qu’acides et par action réflexe un effet stimulant sur la sécrétion.
SÉCRÉTION PANCRÉATIQUE 241
Voici quelques expériences qui le prouvent : 1° l’injection d’une solution acide dans un segment de jéjunum isolé, à connexions nerveuses intactes, mais dont tous les rapports vasculaires possibles avec le pancréas ont été supprimés (par dérivation du sang et ligature du canal thoracique), amène au bout de trois minutes environ une sécrétion assez abondante du pancréas; - 20 il en est de même de l’injection, dans le duodénum, d’eau saturée d acide carbonique ou d’une solution d’acide borique ; or, ces deux acides ne donnent pas lieu à la formation de sécrétine ; on constate d’ailleurs, au cours de la même expérience, que l’injection intraveineuse d’une macération de muqueuse duodénale dans l’anhydride carbonique ou dans l’acide borique reste sans ell’et.
Ainsi fës acides agissent d’une double façon sur la sécrétion pancréatique ; leur action stimulante propre, qui met en jeu par excitation réflexe les nerfs sécréteurs du pancréas, est distincte et indépendante de l’action simultanée de la sécrétine. 11 est vraisemblable que, dans la digestion normale, les deux effets sont synergiques, puisque, après l’introduction de l’acide dans l’intestin, le sang qui revient de cet organe contient de la sécrétine (voy. ci-dessus) et que, d’autre part, l’acide agit encore quand on supprime l’influence de lasécrétine. —
Cependant, la part respective de l’excitation acide et de la sécrétine dans la sécrétion pancréatique normale n’est pas suffisamment établie par les documents expérimentaux actuels.
Quoi qu’il en soit, il existe
entre l’estomac, le duodéno- *^'8- ~ Variations horaires de la sécrétion pan-
créatique après un repas de viande, de pain ou jéjunum et le pancréas une de lait (d'après une courbe obtenue dans le laboassociation fonctiorrnelle des ratoiredePAVcoFFpar un de SOS élèves, A.Vi actiikr).
plus étroites, dont tous les
faits ci-dessus rapportés ont solidement établi la réalité et la haute importance.
C. Action des corps gras. — L’introduction dans l’estomac G LE Y. — Physiologie. 16
DIGESTION
d une graisse neutre (100 centimètres cubes d’huile, par exemple), qui arrête la sécrétion gastrique (voy. p. 212), provoque une sécrétion assez abondante de suc pancréatique. Il faut pour cela que 1 huile s écoule dans le duodénum. Les savons alcalins e.xercent la même action. C’est encore à l’École de Pavlofk que l’on doit la connaissance de ces faits.
Dans ce cas, comme dans celui de l’injection d’acide, le savon donne lieu à la loimation dans la muqueuse intestinale d’une substance qui passe dans le sang et agit sur les cellules glandulaires. En effet, les macérations des parties supérieures de l’intestin grêle dans des solutions de savons de 0,5 à 10 pour 100 e.vcitent énergiquement la sécrétion pancréatique, à la dose de quelques centimètres cubes.
Le principe actif conte.-îu dans ces macérations et que l’on a appelé sapocnnine (G. FleigL 1904) n’est pas différent de la sécrétine. De même que celle-ci, la sapocrinine n’est pas détruite à 100». La sécrétion qu’elle détermine est identique à celle de la sécrétine. — Comme cette dernière, elle provoque encore la sécrétion après énervation complète du pancréas.
D. Action des albumoses. — L’injection de peptone dans le sang provoque la sécrétion pancréatique; le suc sécrété est directement protéolytique. H suffit de très petites doses de peptone, tout à fait inactives sur les autres sécrétions, pour produire cet effet, si bien que 1 action des albumoses sur le pancréas apparaît comme élective.
E. Adaptation de la sécrétion. - Il s’agit là de faits analogues à ceux déjà constatés pour les sécrétions salivaire et gastrique.
La quantité de suc sécrété varierait avec l’alimentation, beaucoup moindre pour le lait que pour la viande ou pour le pain (voy. fig.26). D’autre part, la teneur du suc en ferment amylolytique serait beaucoup plus élevée chez un animal soumis à une alimentation riche en amylacés (pain) et la teneur en lipase plus élevée chez celui qui est à un régime contenant beaucoup de lait. Ces deux derniers faits sont actuellement contestés. Quant aux variations du ferment protéolytique suivant les régimes alimentaires, il est à remarquer qu’elles ont été observées avant la découverte de l’entérokinase ; par suite, les conclusions qu’on en a tirées relativement à la richesse en trypsine du suc pancréatique ne peuvent plus être acceptées telles quelles.
3° Le produit de la sécrétion.
A. Procédés employés pour obtenir du suc pancréatique.
Avant la découverte de l’action des injections intraduodénales