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V. b, vésicule biliaire ; — i, intestin

pouvoir.

Du rapprochement de ces observations et de celle de Cl. Bernard, , , , il résulte que les deux liquides, la

bile et le suc pancréatique, coopèrent à la digestion des graisses.

Au rôle dipstif de la bile on peut rattacher son rôle dans l’absorption. L expérience de Cl. Bernard et celle de Dastre rapportées cidessus et les observations faites sur les animaux porteurs d’une fistule biliaire, que l’on trouvera résumées un peu plus bas démontrent suffisamment cette influence. - Celle-ci ne tient pas à la propriété que présente la bile d’émulsionner les graisses; les graisses ne paraissent pas être absorbées à l’état d'émulsion. Mais la bile a la propriété de dissoudre les acides gras, non seulement par ses sels

1. L’activation du ferment amylolytique a été conleslée par II. Bierry (iquI à la suite dexpenences bien conduites. Quant à Faction sur la trypsine elle n’a qu une importance secondaire, puisque les chiens à fistule biliaire digèrent et âbsorbcnl les meliëres protéic|ues coiniiie les âuiniaux normaux

2. Nous avons mentionné, p. 282, Faction de la bile sur le zymogène supposé de Ici lipâse*

LA BILE

spéciaux, mais aussi par les colloïdes qu’elle contient et tout particulièrement par sa pseudo-mucine ‘ ; d’ailleurs les dilutions colloïdales autres que la bile, présentes dans le liquide intestinal, ont aussi le pouvoir de dissoudre les acides gras (expériences de G. Rossi, 1907) ; et la dissolution de ces corps rend possibles entre eux et les cellules intestinales des échanges qui, hors de cette condition, ne s’accompliraient point. De même, la bile dissout facilement les savons.

b. Action antiseptique. — Si la bile se putréfie aisément, toujours est-il qu’en milieu acide elle résiste, au contraire, à la putréfaction; bien plus, elle empêche celle-ci. Or, le contenu du duodénum et de près de la moitié de l’intestin grêle présente une réaction acide (au papier de tournesol), réaction due à l’acide chlorhydrique du chyme. 11 est probable que, dans ces conditions, la bile exerce une action antiseptique dont l’importance varie sans doute avec l’acidité môme du contenu intestinal

c. Rôi-e Exr.RÉMENTiTiEu DE LA DiLE. — La bilc cst unc de ces sécrétions que l’on a jadis qualifiées à'excrémento-vécrémentilielles. On a vu, en effet (p. 233), qu’elle est en partie résorbée dans la circulation entéro-hépatique. Mais, une partie étant éliminée avec les fèces, la bile constitue aussi, par conséquent, un liquide d’excrétion. Ce sont surtout les pigments biliaires qui s’éliminent; produits de régression de l’hémoglobine et substances toxiques (voy. ci-dessous), ils doivent être rejetés hors de l’organisme ; mais ils ne le sont pas complètement; à leurs dépens se forme dans l’intestin l’urobiline,' qui est résorbée et passe par les reins. Quant aux sels biliaires, on n’en trouve point dans les fèces; on n’en trouve déjà plus d’ailleurs au delà des premières parties de l’intesiin grêle; ils sont dédoublés dans l’intestin en leurs éléments, acide cholalique, d’une part, et glycocolle et taurine, d’autre part; on constate la présence de ces derniers dans l’intestin grêle, mais non dans les fèces, sauf en quantité insignifiante, et on retrouve l’acide avec ses dérivés dans le gros intestin et dans les fèces;, mais ce n’est qu’une petite partie de l’acide que l’on retrouve ainsi, à peine 10 p. 100; la plus grande partie est donc résorbée avec la taurine et le glycocolle (nous savons que cette résorption ramène ces éléments au foie par la circulation

1. En débarrassant la bile de sa pseudo-mucine on voit diminuer son pouvoir dissolvant pour les acides gras (expériences de Moore et Rockwood, 1897 et de G. Rossi, 1907).

2. En présence de bile et en milieu acide, la pulréfaclion, appréciée par l'odeur, par l'examen microscopkiue et par la recherche de l indol, ne s’établit avec quelque activité que si on abaisse le taux de l’acide chlorhydriiiue jusqu’à o gr. o5 p. 1000 (E. GLEvet E. Lambling, .Sur les conditions dans lesquelles se manifestent les propriétés antiseptiques de la bile) (Revue. bioL du Nord de la France 1 1888).

DIGESTiON

entéro-hépatique). — Le dédoublement des sels biliaires serait dû i l’action des niicroorganismes intestinaux; chez le fœtus, dont l’intestin ne contient point de microbes, on trouve les acides biliaires en nature dans le méconium. — La cholestérine est éliminée à peu près en totalité par les fèces.

Quelle que soit l’importance de ces divers rôles de la bile, leur suppression totale est loin d’entraîner nécessairement la moit.

Qu’arrive-t-il en effet cliez les animaux dont on dérive toute la bile à 1 extérieur, par une fistule? Ces animaux peuvent survivre pendant longtemps en bonne santé à cette opération. Mais il faut augmenter la ration alimentaire, la doubler au moins. Ce qui s’explique par la perte considérable en matériaux solides qui résulte quotidiennement de l’écoulement de leur bile au dehors. De plus, il ne faut pas leur donner de graisses ; ils les refusent d’ailleurs; si on leur en fait ingérer, on en retrouve les deux tiers dans les fèces ; seuls, les aliments gras déjà émulsionnés (lait), — et ceux-ci, l’animal les accepte et les recherche même, — sont absorbés. — On ne maintient donc en vie et en bonne santé les animaux porteurs d’une fistule biliaire qu’au prix de soins particuliers.

d. Action toxique de la bile. — Les animaux dont on a lié le canal cholédoque résorbent peu à peu et incessamment la bile qui continue à être séci'étée par les cellules hépatiques. Ces animaux deviennent très malades et meurent après avoir présenté des troubles graves, ralentissement du pouls et de la respiration, hypothermie, amaigrissement, albuminurie, affaiblissement général, — troubles accompagnés d’ictère et de décoloration des fèces. Ces accidents se présentent chez l'homme dans les cas d’obstruction du cholédoque par une tumeur ou plus souvent par des calculs.

Il résulte de là que la bile est un liquide très toxique. En injection intraveineuse la bile de bœuf diluée au tiers tue le lapin à la dose de 4 à 6 centimètres cubes par kilogramme (Ch. BoucHAno). La bile injectée dans les vaisseaux ou sous la peau exerce une action dissolvante sur les globules blancs et les globules rouges, les fibres musculaires, les épithéliums (action des acides biliaires); elle ralentit le cœur et la respiration (action des mêmes acides) ; elle détermine de l’hypothermie et des accidents convulsifs et paralytiques (action des pigments biliaires).

C’est surtout aux pigments qu’est due la gravité des phénomènes toxiques ; en effet, la toxicité de la bile décolorée (parle charbon) diminue des deux tiers environ (Ch. Bouchard); d’autre part, la bilirubine est mortelle (expériences sur le lapin) à la dose de 0sl05 par kilogramme.

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