Thèse de Sainl-Pélersbourg, igot
2. C. n. de la Sôc. de Biol., 8 et i5 avril igo5, p. 653 et 702.
DIGESTION
sécrétion très nette; cette action persiste quand le suc a été chaufTé à tOQo; le suc sécrété contient de la kinase. — L’auteur a conclu que la résorption de certains principes d u suc intestinal est suivie de la sécrétion de ce suc.
20 Le produit de la sécrétion.
A. Procédé pour obtenir du suc intestinal. — On obtient du suc intestinal pur en sectionnant une anse intestinale, le mésen-
fermant par des su tu res une extrémité en cul-de-.sac et suturant l'autre extrémité à la paroi abdominale ; laconlinuité de l’intestin est en même temps rétablie.
Cette opération, dite deTniRYi(1854),aété modifiée par Vella* qui eut l’idée d’aboucher à la peau les deux orifices de l’anse isolée. C’est la fistule que l’on pratique habituellement sous le nom de fistule de Thiry-Vella ffig. 32).
B. Composition et propriétés du suc iutestiual. — Ces quantités de suc obtenu par ce procédé sont très variables, on a vu pour-
Le suc intestinal de chien, d’une densité de 1,010 à 1,017, est filant
(rès alcahn; il contient de 12 à 20 p. 1000 de matières solides dont 5 environ de chlorure de sodium et 4 de carbonate de soude; dans
, intestinale (opération deTHiRY-VEi.i.A, mo-
dification de Schkpo va lmkoff dans le laboratoire de Pavi.off [d apres A. Le Play®]).
Au lieu daboucher à la paroi intestinale les deux extrémités de lanse isolee, on suture l’une à l'autre ces deux bouches et on pratique sur un autre point de l’anse une ouverture où on place une canule, c.
P, paroi abdominale; c, canule; s, suture des deux bouches de l’anse isolée.
2 L Siècle.
3. A. Le Play, Technique opératoire physiologique, Paris, 1012.
suc INTESTINAL
quelques analyses on a trouvé environ 5 p. 1000 de matières organiques.
Chez l’homme, dans les quatre cas connus de fistule intestinale, le suc recueilli avait une densité d’environ 1,007 et un point de congélation de 0°,62, était clair, très alcalin au tournesol et contenait à peu près 10 p. 1000 de matières solides sur lescjnelles on a trouvé 2 de carbonate de soude et 5 à 6 de chlorure de sodium.
C. Propriétés physiologiques du suc intestinal. — Ces propriétés sont dues à [)lusieurs enzymes, ün peut diviser celles-ci en deux groupes principaux, celui des ferments hydrolysant des sucres et celui des ferments protéolytiques; mais, en outre, le suc intestinal contient une lipase dont l’action n’est pas négligeable et le ferment si important, l’entérokinase, qui a pour propriété de rendre la trypsine active ou de préparer son action (voy. p. 247). On voit par là que ce suc, contrairement à ce que l’on a cru longtemps, a un rôle digestif considérable.
1® Le suc intestinal ne paraît contenir que de l’amylase et de la maltase. Mais on trouve en outre dans la muqueuse de l’invertine ou sucrase et de la lactase.
L’amylase intestinale, comme laptyaline et comme l’amylase pancréatique, transforme l’amidon en maltose; mais l’activité amylolylique du suc intestinal est faible.
Le suc entérique est riche en maltase qui dédouble la maltose en deux molécules de glycose.
L’invertine intestinale, découverte par Claude BEnNARo (1873), dédouble le sucre de canne ou saccharose en sucre interverti, mélange à poids égaux de glycose et de lévulose. Le suc intestinal, obtenu aussi pur que possible, n’opère pas ce dédoublement (expériences de H. Bierry et A. Frouin, 1906), mais les macérations de muqueuse, même en présence de substances antiseptiques (de manière à ce que soit évitée l’intervention de sucrase d’origine microbienne), l’effectuent au contraire très énergiquement.
La lactase transforme le sucre de lait ou lactose en glycose et galactose (voy. p. 91). Le suc entérique « physiologique » n’en contient pas (expériences de il. Bierry, 1904, 1911) L mais la présence de ce ferment dans la muqueuse intestinale a été bien démontrée “ (expériences simultanées de W. Pantz et J. Vogel et de F. Boiimann et J. Lappe, 1895, vérifiées maintes fois); la lactase se rencontrerait surtout dans la muqueuse des jeunes animaux et des adultes dont la
1. Dans le cas de fistule chez l'homme observé par IlAMnuRCER cl IIeuma (voy. ci-dessus, p. aCS), le suc n’avait pas d’action sur la lactose.
2. Déjà en 1887 F. Rôiimann (de Dreslau) avait admis que le dédoublement du sucre de canne se fait de façon prédominante, non pas dans la cavité de l’inlestin •et sous l'influence du suc excrété, mais à travers la muqueuse.
DIGESTION
nourriture comprend du lait. C'est donc un ferment en do-cellulaire et la dipstion de la lactose, comme celle de la saccharose, n’aurait leu qu au cours de 1 absorption de ces sucres, dans leur passage à travers la muqueuse.
2® Le suc intestinal (expériences de W. Boldireff sur le chien, 1904) a la propriété de dédoubler la monobutyrine, la graisse du lait et les autres graisses en émulsion; le suc chauffé à 100° perd cette propriété; il contient donc une lipase,cequi explique que, chez le chien, quand on empêche le suc pancréatique d’arriver dans le duodénum, a graisse du lait (plus de 40 p. 100) soit encore saponifiée.
3° On a démontré la présence dans la muqueuse intestinale d’une substance qui ne décompose pas les albuminoïdes naturelles excepté la caséine, mais seulement les alburaoses et les peptones (et en outre la caséine) en produits plus simples, non précipitables par le sulfate d’animoniaque, ne donnant plus la réaction du biuret et cristallisables (acides mono et diaminés). Cette substance, à laquelle O. CoHMiEiM* qui l’a découverte (1901), a donné le nom d'érepsme^ (de Ipeinw, je démolis), se comporte comme un ferment; elle est détruite à 60»; elle agit en milieu neutre et mieux en milieu alcalin. II. Hamburoer et E. Hekma l’ont trouvée (1902; dans le suc intestinal de l'homme, en même temps que S. Salaskin dans le suc du chien. L’érepsine, produite dans les éléments glandulaires est donc bien déversée dans le tube intestinal el y exercé son action sur les albumoses résultant des digestions gastrique et pancréatique. Cette action s’ajoute à celle de la pepsine et de la trypsine pour pousser la désintégration des matières protéiques jusqu’au stade des produits abiurétiques; les albuminoïdes à moitié dédoublées qui échappent à l’influence de la trypsine sont soumises le long de l’intestin grêle à celle de l’érepsineh
Les acides nucléiques seraient aussi digérés par l’érepsine avec mise en liberté de leur acide pliosphorique (M. Nakajama [de Kioto], 1904). Mais il est probable que cette action doit être attribuée à une nucléase.
1. Cependant, d’après quelques physiologistes, le suc des glandes de Brunner
contiendrait un ferment digérant les matières albuminoïdes : ce ferment agirait en milieu alcalin, neutre ou faiblement acide. “