MOUVEMENTS DE L’INTESTIN GRÊLE
grêle dans sa fonction d’absorption. Après les résections étendues on a constaté une hypertrophie compensatrice de la partie restante, une augmentation du nombre et du volume des villosités.
Des observations analogues ont été faites sur l’homme ; des chirurgiens ont été amenés à réséquer 3 mètres et quelquefois plus d’intestin grêle. On constata une diminution do l’absorption des graisses et des matières azotées, mais les malades, dans des conditions de repos et de bien-être suffisantes, ne semblèrent pas en souffrir. Les selles étaient noi'males. Les substances non absorbables (telles que les pépins de raisin) mettaient pour parcourir l’intestin moitié moins de temps.
La question n’est cependant pas résolue d’après ces documents. 11 faudrait voir quels seraient les phénomènes consécutifs à l’extirpation, non pas du jéjuno-iléon, mais de tout le duodénum.
PoüBQüoi l’intestin n’est PAS DIGÉRÉ. — Le SUC pancréatiquc additionné d’entérokinase possède une puissante action protéolytique. Celle-ci pourtant ne s’exerce phs sur les parois de l’intestin grêle. C’est sans doute pour la même raison que celle signalée p. 227, à propos de la non digestion des parois stomacales par la pepsine.
4° Mouvements de l’intestin grêle.
Les mouvements de l’intestin servent à mélanger le contenu de cette partie du tube digestif aux sécrétions qui s’y déversent, puis à le faire progresser vers le cæcum; ils sont donc analogues à ceux de l’estomac, étant à la fois ou successivement mouvements de brassage et mouvements de progression ou d’évacuation.
Les aliments modifiés par les sucs pancréatique et entérique et par la bile parcourent le canal de l’intestin grêle sous l’influence des mouvements 'péristaltiques de ce canal. Ces mouvements, à l’état normal, sont toujours lents, faibles et, s’ils s’exagèrent, ils produisent les douleurs connues sous le nom de coliques. Ces contractions sont réflexes; on les volt augmenter d’intensité surtout dans les cas pathologiques. Certains purgatifs agissent en exagérant ces mouvements : telles sont les huiles et diverses substances végétales; les purgatifs salins, au contraire, agissent surtout en amenant l’hypersécrétion des glandes de Lieberkühn, d’où une diarrhée séreuse, sans coliques.
Le mouvement péristaltique résulte de la contraction des tuniques musculaires transversale et longitudinale de l’intestin ; les fibres circulaires ou transversales se contractent en arrière des matières qu’elles chassent devant elles; les fibres longitudinales raccourcissent la portion de canal dans laquelle les matières vont s’engager et l’amènent au-devant d’elles. On verra, dans la défécation, dès muscles circulaires et des muscles longitudinaux agissant de même pour Glev. — Physiologie. Ib
DIGESTION
chasser les matières fécales ; on a vu aussi en jeu, dans le pharynx, des muscles circulaires (sphincters) et des muscles longitudinaux (stylo-pharyngiens), ces derniers produisant l’ascension du pharynx c’est-à-dire l’amenant au-devant du bol alimentaire. C’est donc toujours par un mouvement péristaltique que se fait la progression des matières dans le tube digestif, de la bouche à l’anus. - Dans l’intestin, cette progression est singulièrement facilitée par l’association au mouvement péristaltique, en un point donné, d’un phénomène (1 inhibition dans le segment sous-jacent; celui-ci se relâche, sous 1 influence d une excitation portée sur le point considéré, alors qu’audessus de ce point il y a renforcement de la conlraclion ; c’est ce que Bayliss et Starling ont appelé la « loi de l’instestin » (voy. p, 23t). Ainsi est assurée la marche régulière et progressive du bol intestinal, avec le minimum d’effort musculaire.
Quand le mouvement, dans l’intestin, se fait en sens inverse, on dit qu’il est antipéristaltique. La réalité des mouVements antipéristaltiques est mise en doute par beaucoup de physiologistes.
La marche du contenu intestinal paraît être rapide dans les deux premières parties de l’intestin grêle (duodénum et jéjunum) ; ce n’est que vers l’iléon que sa progression se ralentit, de sorte qu’à la fin de 1 intestin grêle il y a accumulation de matières. Comme, pendant ce trajet, les matières alimentaires modifiées sont soumises à Vabsorption, on peut dire que leur marche se ralentit à mesure que leur consistance augmente et que leur quantité diminue. — Cette marche est mieux connue, d’une façon plus précise, depuis qu’on a pu l’étudier au moyen des rayons X (voy. p. 230 ce qui a été dit de l’application de cette méthode à l’estomac). D’après les observations radioscopiques, les hydrates de carbone parcourent l’intestin en quatre heures environ, les graisses en cinq heures et les albuminoïdes en six heures. Sur un animal dont on a ouvert l’abdomen, l’exposition de l’intestin à l’air y provoque des mouvements péristaltiques et antipéristaltiques très actifs, qui, vu l’aspect qu’ils présentent, sont dits mouvements vermiculaires.
Innervation motrice de l’intestin. - Les mouvements intestinaux sont sous la dépendance d’un système nerveux intrinsèque.
On les observe en effet sur des fragments d’intestin extraits de l’organisme. Dans les parois intestinales il e.xiste de petits ganglions (plexus nerveux d’Auerbach entre les couches musculaires, plexus de Meissner dans la couche sous-muqueuse), qui forment des centres réflexes périphériques communiquant entre eux; l’excitation, en se propageant successivement d’un de ces centres au suivant, détermine la progression vermiculaire de la contraction. De plus, ces-