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ABSORPTION DIGESTIVE

les albuminoïdes sont absorbées? Comme on n’en trouve point dans le sang, pas plus qu’on n’y constate d’albumoses, on peut penser que les cellules de la muqueuse intestinale reconstituent avec ces corps les albuminoïdes naturelles. En faveur de cette opinion on peut invoquer le résultat de diverses expériences, d’après lesquelles l’ingestion des substances obtenues par l’action prolongée de la trypsine et de l’érepsine sur les albuminoïdes suffit à maintenir l’équilibre azoté; il en est de même avec les seuls produits de la digestion trypsique qui ne sont point précipités par l’acide phosphotungstique (acides monoaminés).

En somme, la question de la résorption des matières protéiques n’est point encore éclaircie. 11 se peut que des albuminoïdes naturelles soient absorbées et assimilées telles quelles. Il se peut qu’une partie des albumoses produites dans les digestions pepsique et trypsique soit absorbée sous cette forme. Enfin, les produits abiurétiques sont certainement absorbés. Ces derniers sont retransformés dans la muqueuse intestinale en albuminoïdes, non pas en les matières protéiques d’où proviennent ces corps, mais en celles qui sont propres au milieu intérieur, le sang. Cette synthèse des albuminoïdes se fait dans la cellule intestinale, de sorte qu’on peut dire que celle-ci sécrète les protéiques du plasma sanguin, « et c’est même la sécrétion la plus hautement différenciée de l’organisme, puisque ce milieu intérieur est au plus haut degré spécifique^ «. Mais comment se fait cette synthèse? C’est ce qu’il n’est pas actuellement possible de dire.

Dans l’estomac et dans le gros intestin les albumoses peuvent être résorbées.

E. Absorption dans le gros intestin. — Nous avons indiqué, au fur et à mesure que nous parlions de l’absorption des différentes matières alimentaires, celles qui peuvent être résorbées dans le gros intestin. Normalement, puisque dans cette partie du tube digestif il n’y a plus que des traces de substances absorbables, l’absorption digestive s’y réduit à rien. Mais, thérapeutiquement, cette voie est utilisée dans les cas où l’alimentation par la bouche est impossible ou insuffisante (rétrécissements de l’oesophage ou du cardia, gastrorrhagie, refus insurmontable d’aliments par les aliénés) ; les lavements administrés dans ces conditions sont qualifiés de lavements nulrilifs. Ils doivent consister en substances dissoutes; ils comprennent d’habitude une solution de glycose à laquelle on ajoute soit des peptones commerciales (mélange d’albumoses et de peptone), soit du jus de viande ou des œufs légèrement salés; quant à la graisse, le gros intestin n’en absorbe que très peu (5 p. 100 environ de la quantité introduite, par exemple sous forme d’émulsion). — Cette alimentation par le rectum ne peut maintenir l’équilibre nutritif que pendant un nombre restreint de

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