‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 194 sur 510 · Em. Fer.net (1827-1905), physicien français · texte numérisé non relu

Em. Fer.net (1827-1905), physicien français

CIRCULATION DU SANG

c’est une combinaison lâche du gaz avec une matière albuminoïde, riiémoglobine, et nous avons vu les lois de celte union (p. 318). Les 19 centimètres cubes d’oxygène que contiennent 100 centimètres cubes de sang sont en léalité fixés sur les 14 grammes d'hémoglobine contenus dans cette quantité de sang; 1 gramme d’hémoglobine lixe 1®®,34 d’oxygène (voy. p. 319).

— L'anhydride carboni(}ue se trouve dans le sang en partie dissous et en partie à l’étal de combinaisons chimiques.

Le coefticient d’absorption de l’anliydride carbonique est plus élevé que celui de l’oxygène et de l’azote. Néanmoins on a trouvé que la quantité de ce gaz dissoute dans le plasma n’est que de l^'^.S dans le sang artériel et 3 centimètres cubes dans le sang veineux.

Le reste, c’est-à-dire au moins 40 centimètres cubes p. 100, est engagé dans des combinaisons chimiques.

L’anhydride carbonique se combine en effet et avec les alcalis du plasma (et peut-être aussi avec les globulines) et avec l’hémoglobine des hématies et sans doute aussi avec les phosphates de celles-ci.

1^ La quantité d’alcali disponible du sérum (non retenue énergiquement comme la chaux et la magnésie par les matières protéiques), et qui est la soude (la petite quantité de potasse est négligeable), est suffisante pour retenir, d’une part, l’acide chlorhydrique et, d’autre part, l’acide carbonique. Les calculs de Buxge (1876) ont montré qu’il reste par litre, après la saturation du premier, 0gr,87 de soude qui peuvent fixer 0«'’,62 d’acide carbonique, soit, en volume, 316 centimètres cubes de gaz avec formation de carbonate et le double, 632 centimètres cubes, avec formation de bicarbonate. En fait, de 100 centimètres cubes de sérum (provenant de sang artériel de chien) on n’extrait pas même 40 centimètres cubes d’acide carbonique, et non 63®®, 2. C’est qu’un peu de cette soude disponible a servi encore à la saturation de l’acide phosphorique et peut-être aussi d’autres corps faisant fonction d’acides faibles, tels que diverses matières albuminoïdes. L’importance de ce rôle de la soude ressort encore de cette observation, que le contenu du sang en acide carbonique augmente avec l’alcalinité du sangL On trouve donc dans le sérum l’acide carbonique sous forme de carbonate et de bicarbonate de sodium. — 2° Mais tout l’acide carbonique du sang n’est pas dans le sérum. On peut en effet en extraire

1. Réciproquement, ce contenu diminue quand la proportion d’alcali du sang diminue. C’est ce qui arris'e dans l’empoisonnement par les acides minéraux ; on ne trouve plus dans le sang de lapins ainsi intoxiqués que 2 à 3 centim. cubes d’acide carbonique pour loo. Même observation dans le coma diabétique, chez l'homme, l’acide p-oxybutyrique produit en quantité saturant l’alcali du sang; dans un cas, Minkowski' (i888^ n’a plus trouvé que 2", 3 pour loo d’acide carbonique.

*0. Minkowski, médecin allemand contemporain, très connu par ses recherches sur la formation de l'acide urique et par la découverte qu’il fit avec J. vo.n .Meiung, en 1889, du diabète consécutif à l’extirpation complète du pancréas.

GAZ DU SANG

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du caillot une notable quantité. En quelles combinaisons celle-ci est-elle engagée? L’hémoglobine en fixe une partie ; on a vu (p. 327) qu’il existe une combinaison dite carbo-hémoglobine ; 1 gramme d’hémoglobine de chien à, 18° et pour une pression en acide carbonique de 30 millimètres de mercure fixe 2cc,4 d’acide carbonique. Mais les globules peuvent encore retenir par un autre mécanisme de l’anhydride carbonique ; ils contiennent en effet des phosphates alcalins (ceux-ci y sont plu^ abondants que dans le plasma) et entre ces sels et l’acide carbonique la réaction suivante doit se faire ;

PO*Na*H 4- CQî -f H^O = PO’^NaH* + COsNaH,

transformation par CO^ du phosphate bisodique en phosphate monosodique, avec production de bicarbonate de sodium. Au total, il y aurait 10 centimètres cubes d’acide carbonique retenus par les hématies dans 100 centimètres cubes de sang.

Ainsi les combinaisons de l’acide carbonique dans le sang sont beaucoup plus complexes que celles de l’o.xygène. On trouve ce gaz sous cinq ou six formes différentes : en dissolution dans le plasma, à l’état de carbonate et de bicarbonate dans le plasma, à l’état de phospho-carbonate de soude et de carbo-hémoglobine dans les globules rouges, sans parler des liaisons qu’il forme à peu près sûrement avec les globulines. On a ainsi schéniatiquement la répartition suivante : dans 100 centimètres cubes de sang veineux (de chien) il y a :

1 à 2 c. c. de CO* en dissolution dans le plasma,

35 à 4o c. c. — en combinaison dans le plasma,

10 c. c. env. — — dans les globules.

De ces combinaisons les unes, bicarbonates et carbo-hémoglobine, sont facilement dissociables par le vide ; l’acide carbonique qui y est retenu ainsi que celui qui est dissous dans le plasma sont donc extraits complètement par le vide et la chaleur. Les autres, carbonates alcalins, sont des combinaisons stables dans le vide à 100“ et dont on ne peut extraire l’acide carbonique qu’avec l’aide d’un acide faible. Cependant, quand on ex'trait les gaz du sang total par le vide à 100“, il n’est pas besoin d'ajouter un acide pour que l’extraction de l’acide carbonique soit complète ; c’est que l’oxyhémoglobine et probablement aussi quelque autre substance du stroma des globules paraissent jouer vis-à-vis du carbonate de sodium le rôle d’acides faibles.

Les échanges gazeux qui se font entre le sang et les tissus et réciproquement et, d’autre part, entre l’air atmosphérique et le «ang

CIRCULATION DU SANG

qui circule dans les poumons, consliluent la chimie de la respiration ; ils seront étudiés avec cette l'onction.

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