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I. — Action du cœur. Circulation du sang dans le cœur

Le cœur, dont chaque ventricule est à l’origine du système artériel, aortique ou pulmonaire, est l’organe moteur du sang; la force qui pousse le liquide, c’est en effet la contraction ventriculaire. On l’a souvent comparée à l’action d’une pompe foulante. Les parois du ventricule, en se contractant, resserrent la cavité et compriment le contenu ; le sang, ainsi pressé entre les parois et ne pouvant revenir en arrière, s’échappe par l’orifice artériel.

La physiologie du cœur comprend donc d’abord deux grandes questions, celle des mouvements du sang dans cet organe et celle de la contraction cardiaque étudiée en elle-même. La question de l’innervation cardiaque ne viendra qu’ensuite, quand auront été exposés les résultats mécaniques des mouvements du cœur, c’est-àdire la circulation dans les vaisseaux.

1® Étude de la révolution cardiaque.

Pour savoir comment le sang sort du cœur et comment il y rentre, on a à étudier les mouvements de cet organe et, d’autre part, les mouvements que le sang même y éprouve. Mais ceux-ci sont à c-eux-là dans la relation d’un effet à sa cause. Et cette étude, dans laquelle on est obligé de les confondre, c’est l’étude delà révolution cardiaque, c’est-à-dire des phases successives d’activité (contraction) et de repos {relâchement) par lesquelles passe continuellement le cœur.

L’analyse de la révolution cardiaque a été faite grâce à l’emploi de plusieurs méthodes, adaptées à la variété des phénomènes qui la constituent.

C’est d’abord l’obsei'vation directe qui, même aidée de la percussion et de Y auscultation, ne permet de saisir que le côté apparent du phénomène, la pulsation et les bruits du cœur, signes seulement et signes extérieurs de la révolution cardiaque; les mouvements propres du cœur et les mouvements du sang dans les cavités de cet organe échappent complètement à cette observation. Même l’observation du cœur à nu, sur un animal à poitrine ouverte, telle que Harvey l’effectua et dont la pratique a été étendue à l’homme, dans les cas d’eclopies cardiaques ou chez les décapités, laisse entièrement cachés les mouvements du sang dans les cavités cardiaques.

D’autre part, la rapidité des phases successives d’activité et de repos de chacune des cavités du cœür est telle que l’œil est insuffisant pour en apprécier sûrement, dans les conditions normales de fréquence et de rythme, l’ordre exact de production, le temps respectif de durée, ainsi

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que tous les effets et caractères particuliers. — De nos jours, l’observation directe s'est aidée d’instruments; le microscope a été appliqué, avec grand profit, à l’étude du cœur de f embryon et par la photographie, surtout par la chronophotographie, on a pu fixer les différentes phases de la révolution cardiaque et leur durée respective. Mais l’emploi de ces procédés ne donne toujours aucun renseignement sur la circulation du sang dans le cœur.

G est 1 application de la méthode graphique à l’étude du fonctionnement du cœur par Chauveau et Marey*, qui nous a fourni la connaissance précise du mécanisme et des effets de la révolution cardiaque, dans ses complexes et intimes détails.

A. Détermination du mouvement du sang; dans le cœur.

— Les expériences de cardiographie intracardiaque, selon la méthode de Chaoveau-Marey, consistent à inscrire simultanément les variations de pression dans l’inrérieur des cavités du cœur, chez l’animal intact, à l’aide de sondes exploratrices (fig. 47 et 48) introduites dans cet organe par les

^ Sd To

Fin. 47. — Sondes cardiaques pour le cheval, de Chauveau et Marev (d’après les figures de Maret, Circulation du sang, 2* édition, fig. 32, Paris, 1881).

Srf, &d, sonde droite, introduite par la veine jugulaire dans l'oreillette; V, ampoule placée dans le ventricule ; 0, ampoule placée dans l’oreillette; TV, tube venant de l’ampoule ventriculaire; T0,tube venant de l’ampoule auriculaire. — Sg’, sonde gauche introduite par la carotide (ampoule exclusivement ventriculaire) ; a, ampoule.

gros vaisseaux du cou (veine jugulaire pour le cœur droit, artère carotide pour le cœur gauche).

Les sondes, commel’indique la figure 47, sont terminées, à leur extrémité cardiaque, par des ampoules de caoutchouc hermétiquement closes, que soutient une carcasse métallique. Leur extrémité tubulaire opposée est mise en communication avec un tambour à levier de M.arey (fig. 49). Toutes les variations de pression du sang dans la cavité (oreillette ou

1. E.'J. Maret (i83o-19o4), célèbre physiologiste français à qui l’on doit la diffusion en physiologie de la méthode graphique et les découvertes les plus importantes dans le domaine de la circulation, inventeur d'un sphygmographe toujours employé, du cardiographe, du pneumographe, de Todographe. de la chronophotographie, etc.

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ventricule) dans laquelle a élu introduite chacune des ampoules (voy. la

Fig. 48. Sonde cardiaque pour le chien, modèle de Gi.kv) fijîiire extraite du Catalogue d’instruments de Physiologie, de Ch. Vcrdin).

A, ampoule pour le ventricule droit; 0, ampoule pour l'oreilletle droite.

(lig. 50) seront donc fidèlement reproduites sur le cvdindre enregistreur

Fig. 49. — Tambour à levier de Marey (.Marey, Méthode gra/ihique).

C, cuvette métallique; mm', membrane élastique formant la paroi mobile de la cuvette. Le levier du tambour traduit, très amplifiés, les dé[ilacements de la membrane élastique mm'.

par le style du tambour à levier. On pourra ainsi avoir simultanément

Fig. 50, — Schéma représentam la sonde cardiaque droite de Chauveau et Marey introduite

dans le cœur (L. FnEDEnicQl.

L’ampoule du ventricule V transmet les variations de pression, par l'intermédiaire du tube. tv, au tambour à levier Iv. L'ampoule de l’oreillette 0 agit pareillement sur un tambour à levier, to et /o. — Les graphiques s'inscrivent sur le cylindre.

dans une même expérience, les tracés des variations concomitantes de pression :

a. dans l’oreillette droite;

b. dans le ventricule droit;

c. dans le ventricule gauche. — C’est une expérience de ce genre qu& représente la figure 51.

CIRCULATION DU SANG

Cette figure contient tout ce que nous savons sur ce qui se passe à J intérieur des cavités du cœur pendant une révolution cardiaque. C’est ce que fera ressortir l’analyse détaillée de ces tracés.

Remarquons d abord que.toute élévation de pression, que décèle à l’évidence la })hase d’ascension des courbes, correspond nécessairement à la période d'activité, c’est-à-dire de sustole », de la cavité, oreillette ou ventricule, où la courbe considérée la révèle. Et toute diminution de pression.

hig. .51. — Tracés des variations de pression intracardiaque (CnAuvEiiD et Marey).

Or. D, tracé correspondant à l’oreillette droite ; Vent. D, tracé du ventricule droit; V’ent. G, tracé du ventricule gauche. — Le quadrillé des tracés fixe les rapports de temps et de grandeur des phénomènes.

traduite par la chute des courbes, correspond au contraire à la phase de relâchement, de repos, de diastole 2, de la cavité correspondante.

L’inscription simultanée des courbes de pression dans l’oreillette et le ventricule droit, d’une part, et dans le ventricule gauche, d’autre part, doit donc nous renseigner sur les phénomènes dont l’ensemble constitue la révolution cardiaque : l’ordre de succession et la durée des phénomènes actifs et passifs dans les deux groupes de cavités du cœur (oreillettes et ventricules), le synchronisme et l’fsochronisme de ces phénomènes dans chacune des cavités homologues^ leurs rapports respectifs, à un même moment de la révolution cardiaque, dans les cavités auriculaire et ventriculaire d’un même côté. Ce sont là tous renseignements que, seule, la cardiographie intra-

De ountiXXÎtv, resserrer.

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