G. F. Verschuir (1739-179.3), médecin hollandais
2. Fr. g. J. Henle (1809-1885), un des plus célébrés histologistes allemands du XIX' siècle.
3. B. Stilung (1810-1879), anatomiste et chirurgien allemand, connu surtout par ies recherches sur les fonctions de la moelle.
Fig. 115. — Contractions des petites artères. Contractions irrégulières des petits vaisseaux de la membrane interdigitale ou du mésentère de la grenouille (d’après Vibchow).
INNERVATION DES VAISSEAUX
de cette donnée anatomique par une hypothèse physiologique, qualifia ces nerfs de vaso-moteurs . Mais les recherches des physiologistes sur cette question ne commencent ([ue dix ans plus tard, avec les mémorables expériences de Claude Bernard et de Brown-Séquard (18ol-1852).
Les mouvements des vaisseaux sont, en effet, sous la dépendance du système nerveux, par l’intermédiaire de nerfs vaso-moteurs de deux sortes, les vaso-constricteurs et les vaso-dilatateurs, comparables, les premiers, aux accélérateurs cardiaques et, les seconds, aux modérateurs*; car l’excitation de ceux-là augmente la tonicité des parois musculaires des vaisseaux et l’excitation de ceux-ci diminue ce tonus, et, en même temps que se resserrent ou se dilatent les vaisseaux, les conti’actions rythmiques très lentes qu’ils présentent normalement deviennent ou plus fréquentes, ou plus lentes encoi e, ou même disparaissent.
1° Nerfs vaso-constricteurs .
Deux expériences très simples ont établi leur existence.
1. Si, sur un lapin de pelage clair, à oreilles transparentes par conséquent, on sectionne d’un côté le sympathique cervical (expérience de Claude Bernard, 1831), on voit les vaisseaux de l’oreilledece côté s’élargir; aussi les petits vaisseaux, artères et veines, que l’on ne distinguait point auparavant, deviennent-ils visibles; l’oreille devient rouge : si l’on y lait une incision, le sang s’écoule plus abondamment qu’avant la section du nerf; comme l’alflux sanguin est beaucoup plus considérable, le sang reste rouge dans les veines ; en raison de cette augmentation de l’afflux sanguin, la température de l’oreille s’élève rapidement de plusieurs degrés. — Nous omettons volontairement les autres effets de cette opération, les effets sur le globe oculaire et sur la pupille qui seront exposés en leur place, avec la physiologie de l’œil.
2. Si 1 on excite par un courant induit le segment céphalique du sympathique cervical préalablement coupé (expérience de Brown-Séquard, .1852), on voit se produire les phénomènes inverses des précédents, le rétrécissement des vaisseaux de l’oreille et, par conséquent, la pâleur de celle-ci et un abaissement de sa température, le ralentissement du cours du sang veineux ; si l’on fait une incision à l’oreille, le sang s’écoule par la plaie en très petite quantité.
II résulte de ces deux expériences que le sympathique cervical contient des filets qui commandent à la contraction des muscles des
X. Cette comparaison, quelque intéressante qu’elle soit, ne doit pas être tenue pour juste de tous points, particulièrement en ce qui concerne les vaso-dilatateurs. On verra en effet que ces derniers, qui sont des inhibiteurs vasculaires, n’ont point d’action tonique, contrairement aux inhibiteurs cardiaques De plus’ l’atropine, qui, on le sait (voy. p. 459et4G',), paralyse les vagues, ne paralyse pas les vaso-dilatateurs.
CIRCULATION DU SANG
vaissBaux auriculaires et que ces filets nerveux tiennent du système nerveux central une influence tonique, c’est-à-dire continue, sur ces muscles. Ces expériences sont donc exactement superposables à celles de la section et de l’excitation d’un nerf moteur proprement dit, qui déterminent, la première, la paralysie du muscle innervé, la seconde, la contraction de ce muscle.
A. Topographie des nerfs vaso-constricteurs. — La
notion résultant de ces premières expériences s’étendit vite à toutes les parties de l’organisme. Voici quelle est essentiellement la distribution des nerfs vaso-constricteurs. Cette élude a surtout été faite sur le chien.
Les nerfs vaso-constricteurs sortent de la moelle par les racines antérieures, se jettent dans le sympathique par les rameaux communicants et se rendent dans tous les organes, soit directement par les plexus qui entourent les artères, soit après avoir passé par les nerfs périphériques. La section des racines antérieures, depuis la première paire dorsale jusqu’à la première paire sacrée, ou celle des rameaux communicants correspondants, produisent en effet la dilatation des vaisseaux des régions successivement innervées par toutes ces racines; et leur excitation amène le resserrement très marqué de ces vaisseaux.
Les vaso-constricteurs de la tête quittent la moelle par les quatre premières dorsales et gagnent le sympathique cervical dans lequel ils remontent. Quelques-uns cependant s’engagent dans les nerfs crâniens; la plupart de ceux de la langue, par exemple, parviennent à cet organe avec le nerf hypoglosse, dans lequel ils se jettent par l’anastomose qui réunit ce nerf au ganglion cervical supérieur; d’autres gagnent le trijumeau par l’anastomose physiologiquement si importante qui existe entre le ganglion cervical supérieur et le ganglion de Gassar, anastomofie cervicogassérienne. Une partie des constricteurs de l’oreille, ceux qui vont aux vaisseaux de l’extrémité et des côtés, s’y rendent directement de la moelle sans passer par le sympathique ; ils passent par le plexus cervical; on les trouve dans la 2« et la 3e branches et ils gagnent l’oreille par le nerf auriculo-cervical. — Le sympathique cervical contient aussi des filets constricteurs pour le cerveau. L’excitation d’un seul nerf agit sur les deux hémisphères.
Les vaso-constricteurs des membres supérieurs quittent la moelle par les racines dorsales, de la 3« à la 10®, passent dans le sympathique et de là dans le plexus brachial et dans les nerfs mixtes qui en partent; quelques-uns ne pénètrent pas dans le sympathique et sortent directement de la moelle avec les racines des nerfs du membre supérieur. — Les vasoconstricteurs des membres inférieurs quittent la moelle par les racines dorsales inférieures et les trois premières lombaires, passent dans le sympathique thoracique et dans l’abdominal, et de là dans le nerf sciatique. Quelques filets sortent peut-être directement de la moelle avec les racines du sciatique et du crural, sans passer par le sympathique. 11 y a dans le
INNERVATION DES VAISSEAUX
crural quelques fibres vaso-conslriclives pour la partie interne de la cuisse. — Parmi les vaso-constricteurs des membres, c’est le sciatique qui a été le plus et le mieux étudié. Sa section produit la dilatation paralytique, son excitation le resserrement des vaisseaux de la patte.
Les vaso-constricteurs des viscères viennent de la moelle dorso-lombaire. Ceux des poumons sortent par les cinq ou six premières racines dorsales, remontent par le cordon sympathique thoracique jusqu’aux ganglions premier thoracique et cervical intérieur et arrivent, aux poumons ^ par les branches cardio-pulmonaires de ces ganglions. — Ceux des viscères abdominaux sortent de la moelle dorsale à partir de la 3^ racine et de la moelle lombaire par les deux ou trois premières racines, suivent le trajet des splanchiques. pénètrent dans-le plexus cœliaque et de là se rendent aux
Fig. 116. — Edettle l'excitation d’un nerf splanchnique sur la pression aortique
Chien à bulbe sectionné
Pr. lat. ko., pression latérale dans l’aorte thoracique ; — S, temps en secondes ; — E, excitation faradique du bout périphérique du splanchnique gauche.
divers organes, intestins, l'oie, rate, reins, par les plexus qui entourent les artères de ces organes. Quelques filets vaso-constricteurs descendraient par les pneumogastriques à l’estomac, à l'intestin et aux reins. — En raison de l’étendue du territoire vasculaire qu’ils innervent, les splanchniques sont les nerfs vaso-constricteurs les plus importants de l’organisme ; leur excitation provoque l’élévation de la pression aortique (voy. fig. 116) et leur section un abaissement de cette pression égal à celui qui résulte de la section de la moelle elle-même.
Les vaso-constricteurs des organes génitaux sortent de la moelle par les dernières racines lombaires et gagnent le plexus hypogastrique d’où ils se rendent à leur destination.
R. Analyse <le l’action des nerfs vaso-constricteurs. —
L’excitation électrique du bout périphérique d’un nerf vaso-constric-
CIRCULATION DU SANG
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leur amène le resserrement de tous les vaisseaux auxquels se dis* tribue ce nerf. Les conséquences de ce phénomène sont très simples,
on en a déjà indiqué quelques-unes tout à l’heure (p, 471); en quelques mots, ce sont la pâleur de l’organo dont les vaisseaux se resserrent, l’abaissement de la température de cet organe, la diminution de son volume (puisqu’il reçoit moins de sang par ses artères rétrécies) et surtout ce fait important, que la pression du sang en amont du point resserré dans l’artère afférente s’élève et ({u’elle s’abaisse au delà de ce point, dans la veine efférente (fig. HT). Au contraire, à la suite de la section du nerf, la pression diminue dans l’artère et augmente dans la veine (fig. 118).
Et c’est même cette élude des variations des pressions artérielle et veineuse qui constitue un des meilleurs moyens que l’on
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