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INNERVATION DES VAISSEAUX
possède de juger du sens et de la grandeur des réactions vaso-motrices.
Cette élévation de pression, résuKat essentiel de la vaso-constriction et le plus important au point de vue de la circulation, ne se produit pas instantanément, mais après un temps perdu qui n’est pas moindre d’une seconde et qui est souvent plus long. Elle persiste
Fig. t IS. — Effets sur la pression artérielle et veineuse de la section d’un nerf vaso-constricteur (tracé de üasthe et ;Moiiat).
Expérience sur un Ane chloralisé. Réduction au I/o du graphique réel. Mêmes lettres que sur la figure 117.
En L, ligature du sympathique isolé du vague.
Ce tracé montre l’ell'et immédiat de la ligature, c'est-à-dire l’augmentation de la pression dans 1 artère et dans la veine, résultant de la constrictiort brusque des petits vaisseaux que provoque 1 excitation passagère du tronc nerveux nu moment de la ligature et de la section, puis 1 effet consécutif durable, c est-à-dire la dilatation des vaisseaux périphériques qui amène l'abaissement de la pression dans l’artère afférente et l’élévation dans la veine efférente.
quelque temps après que l’excilation a cessé. Elle est suivie d’une variationinverse,plusou moins marquée, de la pression (voy.fig. 117). Les mêmes remarques s’appliquent naturellement aux autres efl'ets de l’excitation des vaso-constricteurs.
2“ Nerfs vaso-dilatateurs.
Les vaso-dilatateurs, dont l’excitation a des effets antagonistes de ceux que provoque l’excitation des constricteurs, ne sont point, à proprement parler, des nerfs antagonistes de ces derniers. Ceux-ci sont, en effet, comme on l’a vu, des nerfs toniques, c’est-à-dire e.xerçant une action constante sur le tonus artériel, de façon que les artères soient maintenues en un état de resserrement moyen. Les dilatateurs n ont pas d’action tonique sur les vaisseaux; leur section n’augmente pas ce degré de resserrement moyen, ce tonus des artères.
C’est une expérience de Claude Bernard qui a établi l’existence de c
CIRCULATION DU SANG
nerfs, en 1858 (voy. p. 181). Cette expérience est celle de l’excitation du bout périphérique de la corde du tympan sectionnée, qui donne lieu aux phénomènes suivants : en même temps que la sécrétion de la glande sousmaxillaire est augmentée, on voit la glande se gonfler ; de petites artérioles, auparavant invisibles, grossissent, deviennent rouges et turgescentes ; si le tronc veineux principal a été mis à nu, on le voit se gonfler et le sang qu’il contient, noirâtre avant l’expérience, devient rouge comme du sang artériel; si cette veine est sectionnée, le sang en sort par jets saccadés, comme d’une artère, tandis qu’il ne s’en écoule qu’en bavant quand le nerf n’est pas encore excité.
Tous ces phénomènes s’opposent à ceux qui résultent de l’excitation d’un nerf vaso-constricteur. Us indiquent donc une dilatation des artérioles, d’où dilatation des capillaires par alüux pl us considérable du sang, d’où passage plus rapide du sang à travers leur réseau, de sorte que le sang arrive dans les veines encore à l’état artériel.
Les recherches qui suivirent cette célèbre expérience de Claude Bernard ont abouti à la généralisation et à la systématisation de ces nerfs, en ont montré les origines, les rapports, les trajets.
A. Topographie des nerfs vaso-dilatateurs. — Les origines des vaso-dilatateurs ne sont pas moins complexes que celles de.s vaso-constricteurs, et leur trajet est encore plus compliqué.
Ceux de la tête sont très disséminés. On sait quels sont ceux des glandes salivaires (voy. p. 177 et 181) et qu’ils viennent du glosso-pharyngien (pour la glande parotide) et du facial (pour la sous-maxillaire). Ce sont aussi les mêmes nerfs qui fournissent ses vaso-dilatateurs à la langue, le facial aux 2/3 antérieurs (par un filet de la corde, du tympan) et le glossopharyngien à la partie postérieure (en môme temps qu’aux piliers antérieurs du voile du palais et aux amygdales). Ceux de la muqueuse des lèvres et des Joues, de la voûte palatine, des fosses nasales viennent du trijumeau par le maxillaire supérieur et aussi du sympathique cervical qui les reçoit de la moelle dorsale, par les 2*, 3*, 4« et 5« paires. Ceux de l’oreille quittent la moelle par la 8® paire cervicale et les et 2^ dorsales, et remontent dans le sympathique cervical, après avoir traversé les ganglions thoracique et cervical inférieur.
Les vaso-dilatateurs des membres supérieurs quittent la moelle dorsale par les 5®, 6®, 7« et 8^ paires et ceux des membres inférieurs par les 5«, et 7« paires lombaires L Ces derniers descendent dans le sciatique. — C’est un fait bien remarquable que les vaso-dilatateurs des membres inférieurs, au sortir de la moelle, s’engagent, non pas dans les racines antérieures, mais dans les racines postérieures (STRiCKEu^i, 1876), contrairement à la loi, dite souvent loi de Magendie, expression très simple des nombreuses expé-