DUREE DE LA CIRCULATION
vers les capillaires d’un autre organe. — li nous paraît préférable de reporter l’étude des circulations spéciales à la physiologie de chacun des organes qui présente des dispositions particulières modilicatrices des conditions de la circulation générale.
3° Durée moyenne de la circulation.
On a vu quelle est la vitesse du sang dans les divers départements de l’appareil vasculaire (p. 423, 442 et 448). Mais, en considérant la circulation dans son ensemble, il faut se demander quelle en est la vitesse générale, c’est-à-dire avec quelle vitesse moyenne le sang parcourt toute l’étendue du système cardio-vasculaire. La question revient à celle-ci : combien faut-il de temps à un globule sanguin pour aller du ventricule gauche à l’oreillette droite?
Les expériences de E. vonHeiung' (1827) ont permis d’y répondre en partie. Ces expériences consistent à injecter dans le bout central d’une veine une substance aisément décelable et à la reconnaître dès son apparition dans le bout périphérique du môme vaisseau ou du vaisseau symétrique. On injecte d’ordinaire du lérrocyanure de potassium dans une veine jugulaire ; on recueille de cinq en cinq secondes le sang qui s’écoule par le bout périphérique de cette veine et on a, au bout de quinze secondes environ chez le chien, de trente secondes chez le cheval, un échantillon qui donne avec le perchlorure de fer la réaction bleue caractéristique (bleu de Prusse)^. — Chez les grands animaux la durée moyenne de la circulation est plus longue et chez les petits animaux plus courte. — La durée de la circulation pulmonaire, déterminée de la même façon, a été trouvée de six secondes chez le chien. — 11 faut remarquer que les chiffres trouvés par cette méthode ne donnent pas en réalité la durée moyenne de la circulation, mais seulement une valeur minima, le temps le plus court que met une substance ^injectée dans le sang à accomplir une circulation. En effet la substance introduite dans le sang se divise, à partir de l’aorte entre toutes les artères et ses différentes fractions ont à parcourir des trajets très inégaux. La durée moyenne nécessaire à un globule sanguin pour faire le tour complet de la grande et de la petite circulation est au moins le double de la durée minima ci-dessus indiquée.
11 y a de cette rapidité de la circulation une foule de preuves. Toutes les expériences d’intoxication par des substances étrangères à l’organisme sont très démonstratives à ce sujet. On sait qu’une ou deux gouttes d’acide cyanhydrique, déposées sur la conjonctive, font périr un lapin en huit ou dix secondes; si le poison est déposé en un point plus éloigné de la moelle allongée, sur une plaie du pied, par
1. E. voM IIering (1799-1881), vétérinaire et physiologiste allemand.
2. Cette réaction ne serait pas visible dans le sang total. On fait 1’ avec le sérum des divers échantillons recueillis.
expérience
CIRCULATION LYMPHATIQUE
exemple, la mort est un peu moins rapide, parce que le sang met plus de temps a arriver au cœur par les saphènes que par les jugulaires. loutes les lois qu’on empoisonne un animal par une injectioni sous-cutanée, l’action toxique est précédée des trois phases suivantes : pénétration du poison dans le sang des capillaires (voy.. p. 21)0) ; transport par le sang de la substance absorbée ; issue hors du sang de la substance, et cest à la suite de cette dernière phase que se produit 1 action toxi([ue sur un tissu ou sur un ou plusieuis organes.