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LA LYMPHE

• • — Étude analytique de la lymphe.

D’après ce qui vient d’être dit, il est clair que la composition de la lymphe doit varier suivant les organes d’où elle provient; ces dilTérences de composition seraient, au point de vue de nos connaissances sur les processus chimiques intracellulaires caractéristiques de l’activité des organes, encore plus importantes à fixer que celles qui concernent le sang veineux (voy. p. 304); mais, faute d’analyses des divers plasmas interstitiels et de la lymphe qui revient des divers organes, on n’a guère de connaissances précises que sur la composition du liquide que l’on recueille du canal thoracique, mélange de toutes les lymphes.

1° Quantité de lymphe.

La quantité de lymphe est variable, selon les conditions de repos ou de fonctionnement des organes d’où elle provient. Ainsi, lorsqu’on fait une fistule lymphatique au cou d’un animal, de façon à suivre l’écoulement de la lymphe qui vient de la tête, on remarque que ce liquide est bien plus abondant pendant les mouvements de mastication que pendant le repos. La différence est encore bien plus considérable pour la lymphe qui vient des intestins, selon que l’animal est à jeun ou bien en pleine absorption des produits delà digestion : l’expérience citée p. 298 (en note) en est une jireuve convaincante.

Il est donc très difficile, sinon impossible, de déterminer la quantité totale de lymphe du corps. Mais on a déterminé la quantité qui s’écoule par vingt-quatre heures d’une fistule du canal thoracique chez différents animau.v. On a vu à la p. 298 la quantité fournie par une vache normalement nourrie. Un chien du poids de 10 kilogrammes donne en moyenne bOO à 650 centimètres cubes de lymphe. — Chez l’homme, dans un cas de fistule du membre inférieur (chez une jeune fille de dix-huit ans, de 60 kilogrammes [I. Mu.vk et Rosenstein, 1890]], on a recueilli, dans les douze à treize heures consécutives au repas, de 1134 à 1372 grammes de lymphe, et, après dix-huit heures de jeûne, 50 à 70 grammes par heure.

20 Propriétés de la lymphe.

La lymphe du canal thoracique est, chez les animaux à jeun, claire, incolore. Pendant la digestion, comme le chyle (lymphe des intestins) s’y mélange en grande quantité et que ce chyle (voy. p. 285-288) contient beaucoup de fines gouttelettes de graisse, la lymphe prend une couleur laiteuse. — Sa saveur est salée.

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CIRCULATION LYMPHATIQUE

Sa densité est de 1007 à 1043*. Son point de congélation est un peu plus bas que celui du sang, en raison de la présence des produits de désassimilation qui augmentent sa concentration moléculaire ^ — Sa réaction est alcaline, mais moins que celle du sang.

La lymphe, sortie des iraisseaux, se coagule comme le sang. I^e caillot cependant est plus lent à se former, beaucoup moins volumineux que celui que fouinit le sang et très peu rétractile*. Le mécanisme de cette coagulation est le même que celui de la coagulation du sang et les agents qui s’opposent à cette dernière s’opposent aussi à celle de la lymphe. Le sérum lymphatique est identique, au point de vue qualitatif, au sérum sanguin.

Toxicité delà lymphe. — La lymphe est douée de propriétés toxiques, mais moindres que celles du sang et que le chauffage à •’55o abolit (expériences faites avec la lymphe de chien par Pagano. 1893). Cette toxicité serait qualitativement différente de celle du sang, d’après les expériences de Ashem et Barbera * (1897) qui ont vu que l’injection de lymphe de chien dans le bout central de la carotide interne, sur le même animal, amène des changements de la pression sanguine par excitation et paralysie du système nerveux vaso-moteur.

3® Composition de la lymphe.

La lymphe n’est pas un véritable liquide, puisque, comme le sang, elle tient en suspension des éléments figurés, des globules blancs. Elle contient aussi, après les repas riches en graisse, des globules graisseux en plus ou moins grande quantité ; on trouve ces granulations non seulement dans la lymphe des intestins (voy. p. 286), mais aussi dans celle du canal thoracique et même des membres inférieurs (par reflux du chyle dans les lymphatiques de la cuisse).

A. Éléments figurés. — Les globules blancs de la lymphe sont des lymphocytes. On en trouve environ 8000 par millimètre cube chez l’homme, de 5 à 8000 chez le chien, plus de 11000 chez le lapin. La proportion est plus considérable dans la lymphe qui sort des ganglions lymphatiques que dans celle qui y arrive (voy. p. 330).

1. Dans le cas de üstule chez l’homme cité plus haut, la densité a oscillé do 1 017 à 1 023.

2. n a été trouvé égal à o®,625 pour la lymphe du canal thoracique du chien, tandis que le à du sérum sanguin de la jugulaire, chez le même animal, était de o“,6i7 (G. Fano et F. Bottazzi, 1896).

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