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Formation de la lymphe

La lymphe se forme dans l’intimité même des tissus, dans les interstices cellulaires ; les éléments cellulaires puisent dans les fentes et les espaces conjonctifs les matériaux qu’apportent les capillaires ai-tériels et y rejettent les déchets qui vont être entraînés dans les capillaires veineux et les vaisseaux lymphatiques euxmêmes. Comment se forme cette lymphe et d’où provient cette quantité (voy. p. 493) de liquide? Les faits acquis à ce sujet ne paraissent pas dépendre d’une seule et unique cause, mais plutôt de plusieurs causes dont il n’est pas facile encore de déterminer sûrement l’importance respective.

1° Facteurs physico-chimiques de la formation de la lymphe.

Les modifications de la pression sanguine modifient le courant lymphatique. La quantité de liquide provenant d’un organe donné augmente par la ligature des veines et diminue par la ligature <les artères, elle augmente aussi quand la quantité totale du sang augmente {pléthore). On a par suite considéré la lymphe comme étant le produit de la filtration du plasma sanguin à travers l’endothélium des capillaires ; cette filtration se fait en raison de la différence de pi-ession qui existe entre le sang intracapillaire et le liquide interstitiel [théorie de Ludwig et de ses élèves, régnante jusque vers 1890).

Quelques expériences ont paru contraires à cette manière de voir; voici une des plus importantes. Le courant lymphatique ne s’arrête pas après l’occlusion complète de l’aorte thoracique, mais persiste, quoique affaibli, pendant une heure ou deux; si, dans ce cas, la lymphe s’écoule encore par une fistule du canal thoracique, c’est qu’elle continue à se former, et cette formation doit se faire indépendamment de toute action de la pression artérielle, puisque celle-ci est tombée à zéro dans le territoire de l’aorte abdominale. — Remarquons d’abord que la lymphe recueillie après occlusion de l’aorte thoracique provient du foie ; la ligature des Ivmphatiques du foie arrête en effet immédiatement, dans cette condition, l’écoulement de la lymphe (L. Starling, 1894). Or, la pression dans la veine porte et par suite dans les capillaires intra-hépatiques n’est que très peu diminuée par l’occlusion de l’aorte thoracique (E.Starling)^ C’est en réalité la pression capillaire dans les viscères abdominaux qui règle l’écoulement de la lymphe, et non la pression artérielle.

A côté de la filtration interviennent des phénomènes de diffusion ou d’osmose. La différence même de composition qui existe entre le plasma sanguin et le plasma lymphatique prouve que la formation

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