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B. Schnepf, médecin français du milieu du siècle dernier

Pour apprécier exactement la capacité des poumons et les quantités d’air que les mouvements respiratoires y introduisent, il faut déterminer les diverses parties qui constituent successivement ces quantités d’air. On nomme air respiratoire ou air courant la quantité d’air inspirée et expirée à chaque mouvement de la respiration ordinaire ; air complémentaire, celle que l’on peut inspirer en plus par une inspiration énergique (c’est-à-dire la différence entre l’inspiration normale et l’inspiration forcée); air de réserve, la quantité que l’on peut expirer en sus d'une expiration ordinaire (c’est-à-dire la différence entre une expiration modérée et une expiration forcée), quantité sensiblement égale à celle de l'air complémentaire ; et enfin air résidual la quantité d’air qui ne peut être chassée du poumon même pendant l’expiration la plus énergique. Les trois premières de ces quantités constituent la capacité viht/e d’IluTCiiiNsox.

Le tableau suivant montre comment on a groupé les différents éléments de la capacité totale des poumons :

i Capacité vitale / d. Air complémentaire i',5oo

de Hutchinson ) c. Air courant o',5oo

3‘,5oo (b. Air de réserve i‘,5oo'\ Capacité

(pulmonaire

a. Air résidual i',ooo f de Gréiian i

' 2',5oo

Le schéma ci-dessous (fig. 141) fait bien voir aussi cette répartition.

Fig. 14J, — Schéma de la capacité totale du poumon (schéma de F. Jolyet et F. Vuult,

ou du soufflet thoracique).

A. position de la paroi mobile dans l'expiration forcée ; — B, sa position dans l'inspiration forcée ; — C A D, excursion de cette paroi dans la respiration calme ; — R, ressort représentant l'élasticité thoraco-jmlmonaire. — La flèche FF' représente l'action des forces inspiratoires.

L’un des plus intéressants problèmes qui se pose ici est celui de la ventilation du poumon. Des recherches faites sur ce point il est

RESPIRATION

résulté que dans chaque révolution respiratoire normale une partie seulement de l’air contenu dans les poumons (air vicié) est renouvelée. C’est au moyen de la dite de L'inspiration d'hydrogène

(II. Davy, Gréhant), que cotte notion a été acquise.

On lait une inspiration dans l’hydrogène pur; il entre ainsi dans le poumon 500 centimètres cubes de ce gaz; on recueille alors l'air des expirations qui suivent, jusqu'à ce qu’il ne s’y trouve plus d’iiydrogène ; on constate qu’il faut 6 à 10 révolutions respiratoires, pour que tout l'air pulmonaire soit renouvelé.

Gkéiiant (1864) a appelé coefficient de ventilation la quantité d’air nouveau qui, après chaque mouvement de ventilation, j-este dans l’unité de volume de l’espace ventilé; le poumon est un espace de ce genre, et le mouvement respiratoire constitue un véi-itable mouvement de ventilation. Le coefficient de ventilation sera donc le quotient obtenu en divisant la quantité [x] d’air pur, qui reste dans le poumon après une expiration normale, par le volume connu du poumon après celte expiration [air résidual air de rèse?'i,'e = par exemple, 2‘,365). Gréiiâm a trouvé, par la méthode de l’inspiration d’hydi-ogène, que la quantité æ=zen moyenne 0‘,320 (c’est-à-dire que, quand on exécute une inspiration et une expiration ordinaires, ou égales chacune à un demi-litre, iin tiers environ de l’air inspiré est rendu à l’atmosphère, mélangé avec deux tiers d'air vicié, et deux hc?'s d’air pur entrent et renouvellent par le mélange le contenu du poumon). Donc le coefficient de. la ventilatio7i pulmonaire sera

de = 0,140 ; il est un peu plus fort que 1/10. On peut dire que

la masse d'air vicié des poumons se mélange à chaque inspiration aiee 1 ! 10 de son volume d'air pur. Ce coefficient varie, du reste, avec lo volume des poumons et avec le volume de l’inspiration.

Ainsi une inspiration de un demi-litre renouvelle mieux l’air dans les poumons que deux inspirations de 300 centimètres cubes qui feraient ensemble 600 centimètres cubes (Grkham).

Telles sont les valeurs des quantités d’air introduites dans les poumons par la respiration. Si Ton considère que le nombre moyen des mouvements respiratoires est de 16 à la minute, on a ainsi 20000 inspirations par vingt-quatre heures, et comme chaque inspiration introduit un demi-litre, nous respirons en somme 10000 litresd’air au moins dans une journée. Or, la quantité de sang mis en rapport avec cet air est considérable.

Au-dessous de l’épithélium pulmonaire se trouve en etfetun richeréseau de capillaires sanguins. Ce sont des capillaires très petits, car ils ont une dimension juste assez grande pour le passage d'un globule sanguin et très serrés les uns contre les autres, de telle sorte

que les mailles qui les séparent sont très étroites. On trouve, par exemple, que, sur une surface donnée d’alvéoles pulmonaires, l’étendue occupée par les capillaires équivaut aux trois quarts et les intervalles qu’ils laissent entre eux, seulement à un quart de la surface. La surface totale de l’ensemble des alvéoles a été approximativement évaluée à 100 mètres carrés*; il en résulterait que les capillaires forment une nappe de 75 mètres carrés, nappe très mince, en contact presque immédiat avec l'air et se renouvelant constamment. Malgré sa grande minceur, cette nappe, en raison de son étendue, n’en contient pas moins environ un litre de sang, et, en raison de la vitesse de la circulation pulmonaire, on a calculé qu’il y passe en vingt-quatre heures 15 à 20000 litres de sang. Quelque approximatifs que soient ces chiffres, ils indiquent bien la grandeur des échanges gazeux qui s’opèrent entre le sang et les masses d’air mises en contact avec ce liquide, dont elles ne sont séparées ([ue par la mince paroi des capillaires et un épithélium d’une très faible épaisseur; c’est le développement considérable des surfaces de contact entre l’air et le sang qui assure à l’hématose les conditions les plus favorables.

Ces phénomènes consistent en l’absorption de l’oxygène de l’air par le sang qui traverse les poumons, en l’échange de cet oxygène, dans les tissus, contre une quantité correspondante d’acide carbonique et de vapeur d’eau {respiration interne) et en l’exhalation par les poumons de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau. L’air subit donc, dans les poumons, des modifications qui constituent les échanges gazeux respiratoires. Mais, en pénétrant dans les poumons, il subit d’abord des modifications physiques qu’il faut signaler.

1® Modifications physiques de l’air respiré.

L’air dans la respiration subit un premier ordre de modifications, de température, de volume, d’état hygrométrique.

1. Les modifications de température concernent l’air inspiré et l’air expiré. Dans son passage à travers l’appareil respiratoire, l’air extérieur se réchauffe. Et il sort des poumons à une température voisine de celte du corps.

1. D'après des calculs ingénieux de Marc Sée * (i88G), la surface pulmonaire mesurerait seulement 8i mètres carrés a peu près. N. Zuntz l’évalue à environ 90 mètres carrés.

Anatomiste français (1827-1912).

RESPIRATION

Si, après avoir fait une inspiration par le nez, on expire par la bouche dans un tube ouvert et contenant un thermomètre à son intérieur, on constate que, pour des températures extérieures moyennes entre 10<> et 30<>, l'air expiré a une température de + 33° à + 35». A — 6°, l’air expiré a été trouvé de + 30° et, à + 44°, de + 38°.

Rôle respiratoire du nez. — Le rôle du nez esta ce point de vue prépondérant. Les losses nasales sont tapissées par une muqueuse très vasculaire ’et par conséquent, puisqu'elle reçoit beaucoup de sang, très chaude et très humide; elle recouvre une série de replis (cornets) circonscrivant des

Fig. 142. — Passage de l'air dans les fosses nasales (coupe sagiuaie)

(schéma de M. Lermo\ez1).

V, vestibule du nez; — Cl, cornet inférieur ; — C.M, cornet moyen ; — CS, cornet supérieur; — PT, pavillon tubaire; — TO, tache olfactive; — 00', colonne d'air antéro-supérieure, olfactive; — RR', colonne d'air postéro-inférieure, respiratoire (non olfactive).

canaux étroits (méats), par lesquels l’air est obligé de passer; à ce passage, en même temps qu’il se charge de vapeur d’eau (voy. plus loin), il se met à peu près à la température du corps. De plus, en circulant sur la muqueuse nasale (voy. fig. 142), l’air inspiré subit une sorte de filtration dans laquelle il se dépouille d’une grande partie des impuretés (poussières minérales de toutes sortes, spores, bactéries, etc.) qu’il entraîne; toutes ces impuretés sont arrêtées dans les nombreuses anfractuosités du nez, d’où elles sont chassées par le moucher ainsi que par l’éternuement ; d’ailleurs, le mouvement des cils vibratiles (voy. p. 123), dont les cellules de la muqueuse sont munies, tend à ramener vers l’extérieur les particules qui se déposent sur la muqueuse 2, D'autre part, le mucus nasal exerce une action bactéricide plus ou moins marquée. — Ces diverses observations prouvent

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