I. Médecin français contemporain
ü. Tel est aussi le rôle des cils vibratiles des bronches.
que c'est par le nez, et non par la bouche, que doit se faire la respiration normale et suffisent à montrer les inconvénients qu’il y a de respirer par la bouche quand on se trouve dans un milieu froid et sec.
2. L'élévation de température de l’air expiré a, comme conséquence physique, une augmentation du volume de cet air par rapport au volume de l’air inspiré. Le volume de l’air expiré est encore supérieur à ce dernier pour une autre raison, parce qu’il est saturé de vapeur d’eau, comme on va le voir ci-dessous. — En réalité, cet air, si on le ramène à la température et au degré d’humidité de l’air atmosphérique, occupe au contraire un volume un peu moindre, parce que le volume d’oxygène absorbé est plus grand que celui de l’acide carbonique exhalé, comme l’a constaté Lavoisier' dès 1785; nous reviendrons plus loin, avec l’étude du quotient resipiratoire^ sur cette importante question.
3. L’état hygrométrique de l’air expiré est à peu près toujours le même. Dans le nez l’air inspiré se charge de vapeur d’eau ; au sortir du naso-pharynx, quand il arrive à l’entrée du larynx, il est déjà presque saturé. D’autre part, l’air se sature complètement au niveau de la surface pulmonaire, c’est-à-dire d’une surface constamment humide, et cela en fonction de sa température de 35“. L’état hygrométrique d’une masse gazeuse est, en effet, fonction de sa température et de sa pression. Si l’air inspiré présente de grandes oscillations d’état hygrométrique, en raison des variations constantes de la température et de la pression barométrique, l’air expiré présente, au contraire, en raison de la fixité de sa température ( H- 35% dans les conditions habituelles), une grande constance dans sa valeur hygrométrique. Par conséquent, il y a continuellement une élimination de vapeur d’eau par les poumons. La quantité émise réellement par l’expiration, c’est-à-dire ayant effectivement une origine organique, est représentée, à tout instant, parla différence entre le point de saturation de l’air expiré, à 35°, et le point de saturation de l’air inspiré, à la température et à la pression barométrique du moment considéré.
Des expériences directes ont déterminé cette quantité. On peut l’obtenir en enregistrant les pertes de poids subies par l’organisme, en un temps donné. En dehors de toute évacuation rénale, gastrique ou intestinale, les pertes de poids que l’organisme subit de façon continue tiennent évidemment à l’évaporation pulmonaire. Chez l’homme, la perle quotidienne d’eau par les poumons est de 400 à 500 grammes.
L’évaporation pulmonaire, simple résultat des lois physiques dans les conditions normales, prend une signification particulière de défense dans les conditions de la polypnée thermique. Elle devient alors. Ch. Richet l’a montré et ceci a déjà été remarqué tout à l’heure (p. 535), une vraie fonc-
RESPIRATION
tion défensive contre l’augmentation de température et, chez les animaux qui ne disposent pas de l’évaporation sudorale, tels que le chien, l’évaporation pulmonaire intense, produite par l’accélération du rythme respiratoire, constitue le mécanisme fondamental de refroidissement dans la lutte contre le chaud.
2® Modifications chimiques de l’air respiré.
Échanges respiratoires.
L’air subit, dans les poumons, d’autres modifications, d’ordre chimique, et ce sont ces changements qui constituent essentiellement la fonction respiratoire.
Nous allons voir quels sont ces changements et, les connaissant, nous aurons à déterminer leur mécanisme, puis leur valeur à l’état normal et leurs variations sous diverses influences extérieures et physiologiques.
A. Xatiire des échanges respiratoires. — a. Échange d’oxygène ET d’acide carbonique. — Comme l’a montré Lavoisier à la fin du XVIII® siècle, la respiration consiste en une absorption d’oxygène et une élimination d’acide carbonique.
L’analyse comparée de l’air inspiré et de l’air expiré donne la preuve de ces échanges ; on trouve, chez l’homme, pour 100 vol. de gaz :
Dans l’air inspiré. Dans l'air expiré.
Oxygène 20.g5 16-17
Azote' 79.02 79,02
Acide carbonique o,o3 3-4 (2)
Ainsi l’air expiré contient, par rapport à l’air inspiré, un déficit d'oxygène et, au contraire, une quantité très appréciable d’acide carbonique. L’exhalation d’acide carbonique par la respiration pulmomonaire est facile à mettre directement en évidence.
Il suffit d’expirer par un tube dans un verre à expérience contenant de l’eau de baryte ou de chaux. Après quelques barbotages du gaz expiré, on voit se former un trouble, qui bientôt se transforme en précipité donnant à l’analyse du carbonate de baryte ou de chaux. On peut d’ailleurs s’arranger de façon à doser l’acide carbonique exhalé en un temps donné par les poumons, en faisant passer très exactement tout le gaz qui a servi à la respiration, pendant ce temps, à travers une solution de baryte ; cette solution a été préalablement titrée; on fait un titrage acidimétrique à la fin de l’expérience.