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Physiologiste et médecin allemand contemporain

3. V. 1 AcuoN, liecherches expérimentales et cliniques sur la fréquence et le rythme delà respiraliun t^I'nése, Paris,

INNERVATION RESPIRATOIRE

De ce point de vue il est permis de dire que l’activité autonome du centre respiratoire est rythmique et, d’autre part, ([ue le maintien de cette activité rythmique parait être une résultante des effets d excitations multiples qui arrivent dans le même temps au bulbe : 1° excitations chimiques venues du sang et résultat de la vie des tissus ; 2“ excitations réflexes venues de la périphérie générale et surtout de la périphérie pulmonaire ; 3° excitations dynamiques venues des centres supérieurs, résultait de la vie cérébrale. — Dans ces conditions, les excitations d’ordre chimique ne représentent que l’un des facteurs de ce rythme. 11 peut donc y avoir indépendance entre ce dernier et les besoins chimiques de l’organisme ; c’est cette indépendance qui se manifeste par l’existence d’une respiration de luxe (A. Mosso), c’està-dire par le fait que nous respirons plus que nous n’en avons chimiquement besoin.

2“ Voies respiratoires centrifuges.

Nous connaissons les centres de la respiration et les voies sensitives respiratoires. Quelles sont les voies centrifuges ?

Ces voies sont multiples. L’anatomie suffit à montrer qu’elles sont constituées par tous les nerfs moteurs qui se détachent des parties cervicale et dorsale de la moelle et, d’autre part, du bulbe pour se rendi’e aux muscles des parois thoraciques et, d’autre part, aux muscles de la face et du larynx qui ont une action respiratoire {voy. p. 513, 519 et 529) ; branches du plexus cervical et du plexus brachial (par ses branches collatérales) et nerfs dorsaux d’un côté et, d’un autre côté, nerf facial et nerfs récurrents; enfin, il a été dit déjà que les muscles de Reisseissex sont innervés par les pneumogastriques.

Rôle des nerfs phréniques. — Restent les nerfs phréniques qui innervent le muscle inspirateur par excellence, le diaphragme. Les phréniques se détachent des troisième et quatrième nerfs du plexus cervical. Leur action est facile à démontrer.

L’excitation du bout périphérique d’un de ces nerfs détermine une contraction du diaphragme. — La section des deux nerfs, à la partie inférieure du cou, abolit les contractions de ce muscle et change la forme de la respiration; le ventre ne se gonfle plus à l’inspiration, mais il s’affaisse au contraire; pendant l’expiration le musclo n’est plus qu’une cloison inerte et flottante; la respiration est dyspnéique. Tels sont les effets immédiats de la section.

En voici les effets tardifs. Chez les animaux à type respiratoire abdominal (lapins, cobayes), la paralysie du muscle est presque toujours définitive et

RESPIRATION

la morl survient en vingt-quatre heures en général, par asphyxie, chez les jeunes animaux dont la cage thoracique n’est pas assez rigide et se laisse déprimer par la pression atmosphériiiue. Chez les animaux à type respiratoire costo-abdominal (chiens, rats), le jeu des autres muscles inspirateurs sullit à assurer l’acte respiratoire*. D’ailleurs, la fonction elle-même du diaphragme n’est pas complètement abolie par la .section des phréniques.

ün a remal que en effet qu’après cette opération la perte des mouvements du diapliragme n’est pas absolue. C’est que ce muscle reçoit des fibres des derniers nerfs intercostaux. L’excitation de ces filets nerveux jirovoque des contractions du diaphragme, mais faibles et partielles, dans la zone costale du muscle. Impuissants au début à suppléer les deux phréniques, peu à peu ces rameaux intercostaux fournissent une innervation plus active et peuvent rétablir la tonicité des fibres musculaires.

Chez l’homme les paralysies du diaphragme ne sont pas suivies d’un trouble grave de la respiration, qui s’accomplit alors par l’action des seuls nerfs moteurs des côtes.

Les phréniques contiennent quelques fibres sensibles. L’excitation du bout central est douloureuse sur un animal anesthésié et détermine de l'accélération des mouvements respiratoires, quelquefois un arrêt en expiration. Du reste, les névralgies diaphragmatiques sont bien connues des médecins.

3° Influence du système nerveux sur les échanges gazeux

respiratoires.

Si l’influence indirecte du système nerveux sur les échanges respiratoires est évidente (voy. en particulier p. 555 et 558), la question de savoir si ces échanges sont directement régis parle système nerveux est plus discutable.

Tandis que Zuntz et ses élèves continuent à soutenir que les lois de la diffusion gazeuse suffisent à expliquer les échanges entre l’air intra-alvéolaire et le sang, l’école de Chr. Bohr s’est efforcée de montrer que l’excitation des pneumogastriques peut faire varier ces échanges ; ces nerfs contiendraient des fibres par l’excitation desquelles serait augmentée l’absorption d’oxygène, et d’autres fibres dont l’excitation amènerait une diminution dans cette absorption. D’après des expériences de A. Krogh (1904) sur la respiration cutanée et pulmonaire de la grenouille, la première servirait spécialement à l’élimination de l’acide carbonique et se ferait indépendamment de toute action nerveuse, par un mécanisme purement physique; la respiration pulmonaire, adaptée surtout à l’absorption de l’oxygène, et comparable à un processus sécrétoire, serait régie par le système nerveux.

La question ne peut être actuellement tranchée.

1. D'après les expériences de G. Billard et M. Cavalié (Soc. de Biol., 1898). Voy. aussi M. Cavalié, De l'innerualion du diaphragme (Thèse, Toulouse, 1898).

RESPIRATION DES TISSUS

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