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I. — Échanges gazeux respiratoires entre le sang

et les tissus.

La vraie nature de la respiration une fois découverte, Lavoisier déjà s’était demandé quel est le siège des combustions organiques. Il avait émis les deux bypolbèses que le poumon peut être soit le siège de ces combustions, soit un simple milieu d’échanges. Cette question a été résolue par des expériences directes dont les plus démonstratives ont trait à la respiration élémentaire des tissus.

Ces expériences peuvent être divisées en trois groupes. Les unes ont été faites sur des animaux privés d’oxygène, les autres sur des tissus isolés du corps, et les dernières sur des organes fonctionnant isolément. Quels ont été les résultats de toutes ces recherches?

1“ Si un animal respire dans un gaz dépourvu d’oxygène, par exemple dans de l’azote ou de l’hydrogène purs, et que l’on constate la production d'acide carbonique dans cette condition, il est clair que celui-ci ne peut provenir d’une combustion qui s’opérerait dans le poumon au moment même de l’acte respiratoire. Le premier, Spallanzani a réalisé cette expérience sur des escargots (1803) ; il vit qu’au bout de quelques heures ces animaux avaient exhalé un volume d’acide carbonique à peu près équivalent au A’olume normal. W. EowAnns obtint le même résultat (1824) sur dos grenouilles, sur des poissons et sur un jeune chat de trois ou quatre jours. Ainsi, dans une atmosphère qui ne contient pas d’oxygène, des animaux exilaient de l’acide carbonique, et en quantité presque égale à cello'qu'ils expirent dans l’air ordinaire.

RESPIRATION

11 y a plus. Des grenouilles auxquelles on enlève les poumons commuent d’exhaler de l'acide carbonique; cette exhalation se fait par la peau ; c’est aux dépens de l’oxygène (jue contenait le sang que peut se produire cet acide carbonique.

A cette catégorie d’expériences rattachons, moins à cause de sa valeur démonstrative qu’en raison do son intérêt historique et de curiosité, l’expérience dite des rjrenouilles salées de Oertmann (1877), inspirée parPFLÜGER. On injecte dans le bout central de la grande veine abdominale d’une grenouille une solution de chlorure de sodium à 7,5 p. 1000 jusqu’à ce que le liquide qui s’écoule par le bout périphéri(iue de la même veine soit incolore. Les animaux ainsi traités peuvent vivre un ou deux jours. Or. placés dans une atmosphère d’oxygène pur, ils absorbent autant d’oxygène et produisent autant d'acide carbonique qu’une grenouille normale. — Cette expérience n’a pas la même signification que les précédentes; elle montre seulement que le sang n’est pas nécessaire aux oxydations, mais non que celles-ci se font dans les tissus; car on fait remarquer que les produits de désintégration des tissus peuvent passer par diffusion dans les capillaires où ils seraient oxydés, la tension de l’oxygène dissous dans l’eau salée suppléant au défaut d’oxyhémoglobine.

2° C’est encore Spall.\nzani qui, le premier (1803), montra que des fragments de tissus séparés du corps et placés dans un tube plein d’air, absorbent de l’oxygène en quantité inégale. Ces expériences, peu nombreuses et incomplètes d’ailleurs, puisque Spallanzani ne mesurait pas 1 acide carbonique produit, ont été reprises surtout par Paul Iîert (1870). \oici quelques-uns des chiffres obtenus par ce dernier et qui établissent une sorte de hiérarchie des tissus d’après leur pouvoir oxydant :

Poids.

Nature du tissu.

Quantité d’oxygène absorbé.

Quantité d’acide carbonique produit

lüO grammes.

\î n «iplos;

f’orv#*a II.

Hâte

Testicules

Os brisés

Il y a une température optima, voisine de 37°, pour laquelle les échanges sont le plus actifs (P. Reg.vard, 1879).

Toutes ces expériences n’étaient cependant pas à l’abri d’une grave objection, l'intervention possible de phénomènes bactériens. Pour ce motif, J. Tissot reprit (1895), dans le laboratoire de Chauveau, l’étude de la respiration élémentaire du muscle dans des conditions d’asepsie rigoureuse. Ses résultats confirmèrent la réalité des échanges respiratoires du tissu isolé en milieu clos renfermant de l’oxygène, et fixèrent surtout l’évolution et la signification exacte de l’absorption d’oxygène et de l’élimination de CO^ parle muscle extrait du corps. L’absorption d’oxygène et l’élimination d’acide carbonique, pour un muscle isolé aseptiquement et maintenu à l’abri de La putréfaction, sont deux phénomènes qui évoluent dans le même sens et

RESPIRATION DES TISSUS

vont décroissant comme la vitalité du muscle, mesurée par ses réponses à l’excitant électrique. Un muscle préalablement tué par la chaleur et placé dans une enceinte close dans des conditions parfaitement aseptiques ne modifie pas l’atmosphère qui l’entoure. Le quotient respiratoire du muscle isolé, respirant en milieu aseptique, présente des valeurs très variables. Cela tient à ce que, tandis que l’absorption d’oxygène est exclusivement fonction de l’activité vitale du tissu, l’élimination d’acide carbonique est due, pour une part, à l’élimination, par un mécanisme simple de diffusion physique, de l’acide carbonique préformé dans le tissu, au moment où on sépare celui-ci du corps. La valeur de cet acide carbonique préformé est donnée par la respiration du muscle dans un gaz inerte, tel que l’hydrogène. Si l’on tient dès lors exclusivement compte de l’acide carbonique dft à la respiration réelle du tissu, pour établir le quotient respiratoire, oa trouve, pour le muscle, comme à l’état normal, un quotient respiratoire inférieur à 1, se rapprochant de l’unité sous l’influence du travail.

3' Dans des expériences faites sur l’animal vivant on s’est efforcé de déterminer les échanges respiratoires de divers muscles et de quelques glandes. Ainsi, par la comparaison du sang artériel afférent et du sangveineux efférent du muscle releveur de la lèvre supérieure chez le cheval, on a pu mesurer la valeur de ces échanges dans ledit muscle (Chauveau et Kaufmann, 1887) ; voici les chiffres obtenus par ces auteurs :

Quantités rapportées à 1 minute et à 1 kilogr. de muscle.

Quotient

02 absorbé.

CQ2 exhalé.

respiratoire.

Repos

0sr,0068

0sr,00C8

Travail

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