KM
Une étude identique a été faite par les mêmes physiologistes pour la glande parotide et semblablement par comparaison du sang artériel afférent à la glande et du sang veineux efférent et a conduit à des résultats analogues (voy. p. 173). Des recherches du même genre, faites par un physiologiste anglais, Barcroft(1899-1901), sur la glande soûs-maxillaire, ont montré que, de 0 cc. 23 par minute, la quantité d’oxygène, absorbée par la glande à l’état de repos, passe à 0 cc. 86 sous l’influence de l’excitation de la corde du tympan et que l’élimination de l’acide carbonique passe dans le même temps de Occ. 27 à 0 cc. 97. L’augmentation de la consommation d’oxygène a de même été démontrée pour la glande pancréatique en fonctionnement (voy. p. 235). Meme constatation encore pour le rein, quand on provoque la diurèse, par exemple par une injection d'urée i.
A ces trois séries d’expériences on pourrait en ajouter une quatrième, consistant en les expériences qui démontrent que la tension de l’acide
1. D’après ces expériences, dues à deux physiologistes anglais, Barcroft et T.-G. Brodie (J. o/ physiol., 1904, XXXII, p. 18), la diurèse est accompagnée d’un accroissement notable dans 1 absorption d oxygène par le rein, sans qu’il y ait une augmentation simultanée dans la quantité d’acide carbonique éliminé.
RESPIRATION
«îarôonique est plus grande dans les cavités organiques et leurs liquides que dans le sang des capillaires (voy. à ce sujet le tableau de la page 587 ; en comparaison des chiffres de ce tableau il faut placer le chiffre qui exprime la tension de GO^ dans le sang artériel, soit 21 millim. 28 Hg [2,8 p. 100 (L’atmosphère]).
Toutes ces expériences, en même temps qu’elles établissent la réalité de l’activité respiratoire des tissus, donnent la signification exacte des échanges gazeux intrapulmonaires. L’acide carbonique est un produit de décomposition, formé dans les tissus et excrété par les poumons; seulement ceux-ci, comme on l'a vu (p. 546), interviennent activement dans cette excrétion. Toujours est-il qu’ils ne constituent essentiellement qu’un milieu d’échanges; le siège des phénomènes de combustion se trouve dans les tissus eux-mêmes. Ces derniers, suivant leur activité, selon qu’ils sont en repos ou en travail, selon l’état de veille ou de sommeil, ont des besoins différents; on comprend dès lors l’influence exercée sur les échanges gazeux respiratoires par le repos, l’exercice musculaire, le sommeil, les périodes d’activité glandulaire, surtout des glandes digestives.
Ce n’est pas que les phénomènes de fixation de l’oxygène sur le sang, au niveau du poumon, n’aient leur part dans la production de la chaleur animale. Dans des expériences délicates et assez complexes, Berthelot a pu montrer que la chaleur dégagée par la fixation d’oxygène sur la matière colorante du sang, pour le poids moléculaire ()*■ = 32 grammes, est de 15 cal. 32. D’ailleurs, le sang, comme tout autre tissu, a sa respiration propre (voy. p. 344). Mais son pouvoir oxydant est très faible par rapport à celui des tissus. Au contraire, la puissance et la rapidité de l’activité réductrice qu’exercent les tissus sur l’oxygène de l’oxyhémoglobine du sang sont faciles à saisir dans une e.xpérience élégante de ^hERORDT, qui a déjà été rapportée (voy. p. 344).
De tout ceci il résulte que la respiration, chez les animaux supérieurs, comprend trois grands actes solidaires les uns des autres : 1° respiration des tissus; 2° transport par le sang des agents et des produits gazeux de la respiration des tissus ; 3° échanges gazeux du sang au niveau de la surface pulmonaire.