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CHAPITRE V

ÉCHANGES DE MATIÈRES. FONCTIONS SÉCRÉTOIRES. NUTRITION PROPREMENT DITE.

La nutrition, chez les animaux, comprend à la fois des actes préparatoires et des actes intimes qui se passent au niveau des tissus, des éléments anatomiques. Les actes préparatoires sont tellement distincts qu’ils ont été classés comme des fonctions particulières : digestion, ou actes de transformation des substances alimentaires; absorption, ou pénétration dans le sang des substances transformées; circulation, ou transport du sang et de ces substances jusqu’au niveau de tous les tissus, de tous les éléments anatomiques. Et ce sont les fonctions qui viennent d’être étudiées. Au niveau des éléments anatomiques se produisent, au contact du sang et de la lymphe, les phénomènes auxquels il convient de réserver spécialement le nom de nutrition', ce sont les échanges qui s’établissent plus ou moins directement entre le sang et les, tissus, les actes par lesquels diverses glandes moditient la composition du sang, etc.

Le sang oxygéné apporte à tous les tissus les matéria,ux nécessaires, soit à leur réparation et à leur développement, durant la période de croissance, soit à leur réparation seulement, durant la période d’état, soit à leur activité fonctionnelle. Mais chaque organe puise dans le fonds commun les substances minérales et organiques dont ses cellules ont besoin et qu’elles s’incorporent en les modifiant peu ou prou, et c’est là ce que l’on appelle V assimilation. Il n'est pas de cellule vivante qui ne sépare du sang et n’élabore quelque substance, soit d’une façon continue, soit à divers moments de son existence ; et il n’en est pas qui ne rejette dans le sang des matériaux qui ne lui sont plus utiles [désassimilation) . Ce sont ici les phénomènes les plus importants et vraiment caractérustiques de la nutrition proprement dite.

Mais parmi les cellules de l’organisme il s’en trouve un grand nombre, les cellules glandulaires, qui élaborent des produits qu’elles n’utilisent pas elles-mêmes, mais qu’elles rejettent au dehors, soit à la surface de quelque revêtement, épiderme ou muqueuse, soit

dans le milieu intérieur. De ces produits, les uns sont directement éliminés de l’organisme, les autres agissent dans le tube digestif ; d’autres enfin (voy. p. 111), passant dans le sang, en quantité parfois très faible, deviennent partie constitutive du milieu dans lequel vivent les cellules, modifient la nutrition ou exercent une action souvent puissante sur le fonctionnement de divers organes. On voit donc les rapports étroits qui existent entre les fonctions sécrétoires et les phénomènes essentiels de la nutrition ; ceux-ci comme celleslà consistent en le passage de matériaux du milieu intérieur dans les cellules et en la transformation de ces matériaux en produits cellulaires. 11 y a lieu conséquemment de présenter ici l’étude d’ensemble des fonctions sécrétoires, d’autant plus que l’étude des glandes offre les exemples les plus remarquables de cette activité spéciale des cellules par laquelle celles-ci extraient du sang les substances dont elles ont besoin et les retiennent à l’exclusion des autres.

Ce chapitre comprendra donc les fonctions sécrétoires, puis les échanges de matières proprement dits, formation des matières de réserve, assimilation, désassimilation.

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