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I. — FONCTIONS SÉCRÉTOIRES

Un des meilleurs moyens de savoir ce que sont exactement ces fonctions consiste à essayer de déterminer l’évolution qu’ont subie nos idées sur la structure et sur le fonctionnement des glandes, encore que nous ne puissions en présenter ici qu’un bref résumé.

C’est à Malpighi que sont dues les premières notions exactes sur la structure des glandes. En découvrant les acini (de axtvoç, grain de raisin) des glandes, nom sous lequel il décrivit du reste non pas les culs-de-sac terminaux aujourd’hui connus, mais bien les lobules primitifs formés par ces culs-de-sac, il considéra (1686) comme élément essentiel de la glande une série de petits grains disposés sur les ramifications des canaux excréteurs comme les grains d’une grappe de raisin sur leur tige, et arriva à définir la glande sous sa plus simple expression comme « une cavité close avec un conduit excréteur ». A ce moment peut-être on aurait pu se demander s’il ne fallait pas chercher dans cette cavité close le petit laboratoire où s’effectue la sécrétion ; mais les esprits étaient loin d’être préparés à cette idée.

Il faut attendre près de deux siècles et arriver à l’année 1830 pour que la conception malpighienne de la nature des organes glandulaires soit définitivement éclaircie par J. Müller^ Par une série d’études anatomiques

1. J. MOller (i8oi-i858), physiologiste et anatomiste allemand, un des fondateurs de la physiologie comparée, compte parmi les plus grands physiologistes du XIX* siècle.

FONCTIONS SÉCRÉTOIRES

et embryologiques sur les diverses glandes de l’homme et des animaux, J. Müller jeta les bases de nos connaissances actuelles sur la nmrphologie des appareils sécréteurs; fort de ces nouvelles notions anatomiques, il aborda l’explication des phénomènes physiologiques en s’attachant à renverser les derniers restes de la théorie mécanique. Les phénomènes sécrétoires, dit-il, ne peuvent « être mis sérieusement sous la dépendance de la lorce du cœur et de l’impulsion du sang. Une explication aussi mécanique ne suffirait pas. Outre qu’on ne pourrait l'appliquer aux sécrétions des végétaux, elle ne ferait pas non plus concevoir comment la sécrétion augmente par l’effet d’irritations spécifiques locales, sans que le cœur y prenne aucune part. On se demande, en outre, pourquoi le liquide qui a subi un changement particulier ne s’épanche que d’un côté, et poui'quoi le mucus ne coule pas tout aussi aisément entre les tuniques du canal intestinal qu’à, la surface de l’interne; pourquoi la bile contenue dans les conduits biliaires n’a pas la même facilité à se porter vers la surface du foie qu’à suivre le trajet de ces canaux i. » — « D’ailleurs combien ne serait-il pas facile de renverser toutes ces théories mécaniques par une seule question. Pourquoi se produit-il là un cerveau, ici des muscles, ailleurs des os? »2 Ce ne sont donc pas, conclut Müi.ler, les vaisseaux qui sécrètent, mais bien les parois des culs-de-sac glandulaires, parois sur lesquelles se ramifient les vaisseaux. Les glandes, d’après leur morphologie, représentent de vastes surfaces plissées et par cela même réduites à un petit volume, et la sécrétion est due à l’activité de la substance vivante qui recouvre cette vaste surface.

Mais la véritable nature, la nature cellulaire, des éléments sécréteurs ne fut définitivement établie que par les travaux des histologistes, A l’expression vague de substance vivante on substitua la notion précise de cellules épithéliales. On découvrit en même temps que des organes constitués par ces cellules sortent des substances particulières, différentes pour chaque organe. 11 est en effet des glandes qui sécrètent un produit plds ou moins épais dans lequel il est facile de reconnaître les divers états des cellules glandulaires rompues et tombées en deliquium. Dès 1842, Goodsir^ s’était beaucoup occupé d’études de ce genre. Avec le microscope, il constatait dans le foie des Mollusques et des Crustacés la présence de la bile à l’intérieur des cellules hépatiques ; à la face interne de la poche à encre des Seiches, il trouvait des cellules pleines de matière noire; enfin il voyait dans les culs-de-sac terminaux des glandes mammaires une masse de cellules à noyau renfermant un liquide dans lequel nagent un plus ou moins grand nombre de globules graisseux parfaitement semblables à ceux du lait. Il en conclut que les produits sécrétés ont pour origine la reproduction (prolifération) des cellules glandulaires, leur action métabolique

1. J. Müller, Manuel de phijsioi, trad de l’allemand sur la 4» édition (i84^) par A.-J.-L. JoüRDAN, Paris, i845, t. I, p. 867.

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