‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 267 sur 510 · Id. Ibid., p · texte numérisé non relu

Id. Ibid., p

3. Goodsir (John) (1814-1867), anatomiste anglais, professeur à l’Université d’Edimbourg, fut des premiers à adopter la théorie cellulaire de Schwann; Virchow lui a dédié sa Pathologie cellulaire comme à « l’un des premiers et des plus sages observateurs de la vie des cellules ».

Gley. — Physiologie.

NUTRITION

et leur résolution en sécrétion. Cette théorie n’est d’ailleurs pas exacte pour toutes les sécrétions. Quoi qu’il en soit, les recherches ultérieures, et (l’ahord celles de IIeiuenhain (1868) et de Ua.nvier (1869), démontrèrent d’une façon irréfragable que les produits sécrétés par les glandes sont le résultat d’un travail chimique propre à ces organes, caractéristique de l’activité de leurs éléments cellulaires.

Toute sécrétion est donc le résultat du fonctionnement propre des éléments anatomiques glandulaires, c’est-à-dire des cellules qui tapissent les culs-de-sac sécréteurs. Les cellules sécrétantes (de secernere, séparer) séparent du sang des matériaux qu elles accumulent et élaborent en elles, pour les laisser ensuite échapper dans la cavité centrale du cul-de-sac glandulaire.

Sufüt-il, pour caractériser le phénomène sécrétoire, de dire qu’il consiste en une élaboration par les cellules de produits déterminés ? A ce compte, toute cellule serait glandulaire. Et cest la conclusion devant laquelle R.vxvier n’a pas reculé. « L’élaboration, dit-il \ au sein du protoplasma, d’une substance définie est lacté séciétoire par excellence. A ce point de vue toute cellule vivante est une cellule glandulaire, car toute cellule vivante élabore dans son intérieur un certain produit qu’elle utilise ou qu elle rejette. » U n’est en effet point d’élément cellulaire qui ne transforme quelque substance qui lui vient du sang, soit d’une façon continue, soit à une phase seulement de son existence. C’est là une propriété commune à tous et dans le jeu de laquelle consiste la nutrition cellulaire. Mais si elle est ainsi générale, elle ne peut servir de caractéristique fonctionnelle. Alors, comment distinguer les cellules glandulaires? 11 n’est besoin que de remarquer que toutes ces cellules accomplissent une double opération : d’élaboration de substances chimiquement définies et d’excrétion des substances produites ; et c’est de l’intime union de ces deux opérations que résulte la fonction sécrétoire, la phase d élaboration ou de secrétion, pour la désigner par son nom usuel, n’existant qu en vue de la phase d’excrétion. En effet, les cellules proprement glandulaires ne travaillent pas pour elles-mêmes; elles subviennent sans doute, comme tous autres éléments, à leur vie par le renouvellement de leur protoplasma, mais, en outre, elles travaillent pour les autres ; car les principes qu’elles ont fabriqués, elles les rejettent hors d’ellesmêmes 2, soit à la surface d’un revêtement épidermique ou muqueux, soit dans le milieu intérieur.

1. Leçons sur le mécanisme de la sécrétion {Journ. de micrographie, 1887, t. XI,

p. i4; voy. aussi p. 386). .

2. « Partout ailleurs la substance élaborée est employée sur place et ne quitte à aucun moment la cellule qui lui a donné naissance, quels que soient d ailleurs la manière dont elle est utilisée et le résultat de cette utilisation. Dans une cel-

FONCTIONS SÉCRÉTOIRES

Il suit (le là qu’on donne à tort le nom de sécrétion à l’acte par lequel une cellule glandulaire ex[mlse les produits qu’elle contient : la sécrétion, c'est essentiellement le travail intracellulaire formateur de produits spécitiques; et l’acte par lequel la cellule rejette ces produits, phénomène passif en comparaison du précédent, doit être^ appelé excrétion cellulaire. On le distinguera ainsi de Vexcrétion glandulaire’, cette dernière, émission en dehors de l’organisme, à la surface du tégument externe ou du revêtement interne, des produits formés par les cellules, n’est qu’un phénomène secondaire et d’ailleurs n’existe pas dans toutes les glandes, n’existe que dans celles qui ont un conduit excréteur. Pour les glandes dites à sécrétion interne, il n’y a qu’une excrétion cellulaire ; les produits élaborés par les cellules, dès que celles-ci les expulsent, passent directement dans le sang.

Nous pouvons maintenant définir les glandes des organes épithéliaux de forme variable, qui par des opérations physico-chimiques séparent du sang des matières diverses ou élaborent aux dépens de leur propre substance des produits doués d'une action chimique spéciale qu’elles déversent hors d'elles-mêmes. Et nous savons que dans la sécrétion il se trouve que l’activité de l’élément sécréteur (épithélial) ne sert pas à cet élément, soit pour un acte d’accroissement, soit pour un dégagement d’énergie répondant à une fonction spéciale, mais aboutit soit à la formation de matériaux solubles, utiles à des fonctions qui se passent ailleurs (telles sont les sécrétions digestives), ou de substances qui exercent une influence sur les échanges chimiques d’autres tissus ou sur l’activité de ces tissus (telles sont les sécrétions ditesi nés), ou de substances qui jouent un rôle mécanique, •comme les larmes, les sécrétions séreuses, etc., soit à l’élimination du sang des divers déchets provenant du fonctionnement des organes ; cette élimination, qui se termine en dehors de l’organisme, prend le nom d'excrétion et il importe de dire ici tout de suite que l’excrétion ne sert pas seulement à débarrasser les tissus des substances qui ont parcouru tout le cycle de leurs transformations et des matières usées, mais aussi à maintenir la composition et la concentration moléculaire constantes du sang (voy. p. 342).

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