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Marc Laffont, pliysiologiste français contemporain

FONCTION GLYCOGÉNIQUE DU FOIE

laire et passeraient dans le tronc des splanchniques (A. et E. Cavaz- ZAM^, 1892, MoRATet üufourt, 1894).

Comme la piqûre diabétique s’accompagne d’une vaso-dilatation abdominale très marquée, on s’était demandé si, sous l’influence de cette augmentation de la circulation, le l'oie, fonctionnant plus activement, ne produirait pas par cela seul plus de sucre. Mais on sait (voy. p. 473) que l’excitation du bout périphérique des splanchniipies, encoi'e que ces nerfs contiennent très vraisemblablement des fibres vaso-dilatatrices, ne provoque que de la vaso-constriction.

On a donc été conduit à admettre l’existence de nerfs glyco-sécréteurs. Ces nerfs agiraient bien en accroissant la transformation du glycogène en glycose (expériences de Morat). Mais cette interprétation a été remise en question.

D’après des expériences de E. Wertheimer et G. Battez (190‘J), en elfet, l’atropine, cet agent paralysant des nerfs sécréteurs, n’empêche ni la glycosurie par piqûre du bulbe ni la glycosurie asphyxique 2. Si donc ce phénomène ne se produisait que par l'intermédiaire de nerfs proprement sécréteurs, ne serait-il pas supprimé par l’atropine à haute dose?

D’autres excitations que l’excitation asphyxique mettent en activité le centre bulbaire. Un a déjà vu tout à l’heure que l’excitation du bout central du pneumogastrique amène la glycosurie. Tel est aussi l’effet de l’excitation des nerfs dépresseurs, du bout central du sciatique. Il peut donc y avoir, sous l’influence d’excitations réflexes, mise en activité du centre bulbaire, mais on ignore dans quelle mesure de telles excitations interviennent pour la régulation de la glycémie normale.

Quel que soit en définitive le mécanisme de la piqûre diabétique, cette excitation fait entrer en jeu des centres qui sont en communication avec le foie par des fibres descendant dans la moelle cervicodorsale et s’engageant dans les splanchniques; par l’excitation de ces nerfs est augmentée la transformation du glycogène en glycose. Il y a donc, aussi bien par la piqûre du quatrième ventricule que par l’e.xcitation des splanchniques, hyperglycémie et glycosurie par l’exagération de la production sucrée du foie. Et ainsi se trouvent

1. E. Cavazzam, physiologiste italien contemporain, professeur de nhvsioIo<Ti« i. l’Université de Modène. - A. Cavazzam, frère du précédent, médecin con temporain.

2. L’asphyxie par simple oblitération de la trachée provoque en effet le oassao-du sucre dans les urines en excitant l’appareil nerveux du foie Les pronriélés excitantes du sang chargé d’acide carbonique ont été déjà signalées

ment (voy. p. 480 et 58y). ^ pieceucm-

NUTRITION

encore corroborées les étroites relations entre le glycogène hépatique et la glycose du sang dont la réalité est par ailleurs démontrée.

2, Des influences nerveuses s’exercent aussi pour diminuer la production hépatique du sucre. Ici encore se trouve une expérience de Claude Deunauo.

A la suite de la section de la moelle entre la quatrième cervicale et la cinquième dorsale, le sang elle foie ne contiennent plus de sucre, mais il s’accumule une grande quantité de glycogène dans le foie. Ainsi, après cette opération, les cellules hépatiques ont gardé leur propriété de former du glycogène, mais elles ont perdu celle de le transformer en glycose.

Cette suppression de la glycogenèse hépatique entraîne un abaissement de température considérable, le foie ne fournissant plus aux muscles la glycose qui en est le combustible.

La section des splanchniques est suivie aussi d’hypoglycémie.

F. Troubles de la fonction glycogénique et de la glycémie. — Glycosuries et diabètes. — L’augmentation du sucre dans le sang ou hyperglycémie par action du foie donne lieu à la glycosurie. Claude Bernard estimait que le sucre ne passe dans l’urine que lorsque le sang en contient plus de 2 grammes pour 1000 (de 2 gr. oO à 3 grammes^). Cependant il peut y avoir glycosurie malgré une glycémie très peu supérieure à la normale, si la perméabilité du rein est accrue.

Théoriquement, la glycosurie d’origine hépatique peut être due à deux causes : à ce que le foie a plus ou moins perdu la propriété de retenir et de fixer le sucre sous forme de glycogène (trouble de la fonction glycogénique) ou à une production exagérée de glycose (trouble de la sécrétion glycémique). Dans le premier cas, il y a diminution de l’une des formes de l’activité hépatique, et, dans le second cas, exagération d’une autre forme de cette activité.

La glycosurie produite par diminution de la fonction glycogénique n’est qu’un phénomène passager^, sans graves conséquences, si elle est modérée. — La glycosurie par exagération de la production du sucre par le foie peut n’étre aussi que passagère. Telles sont les glycosuries dites nerveuses que l’on observe chez l’homme, et analogues à celles que l'on détermine chez les animaux par la piqûre du quatrième ventricule ou par diverses lésions du système nerveux. Telle est aussi la glycosurie asphyxique.

1. Le sang des diabétiques contient d'ordinaire 3 à 4 grammes et même 7 et jusqu’à 10 (I.épine) pour looo.

2. Quelquefois cependant elle est persistante et donne alors lieu à des manifestations nerveuses rappelant celles du diabète (narcolepsie, fatigue, impuissance, etc.), à des lésions cutanées, etc., tous désordres qui ne présentent d'ailleurs point l'intensité de ceux du diabète. Ces cas de <■ petit diabète curable» seraient dus à une insuffisance chronique du foie (A. Gilbert et Em. Weil, 1899).

FONCTION GLYCOGÉNIQUE DU FOIE

A côté de cette dernière, on peut ranger toute une série de glyco~ suries toxiques.

L absorption d un grand nombre de substances très diverses, oxyde do carbone, sels d’urane, chloroforme, chloral, morphine, strychnine, curare, adrénaline, iodothyrine, etc., amène en elîet de la glycosurie. Le mode d action de la plupart de ces substances n’a pas été suffisamment étudié pour (ju il soit possible d’assigner sûrement leur cause à ces glycosuries toxiques

En ce qui concerne la glycosurie par l’adrénaline, plusieurs faits intéressants sont dès maintenant acquis. La substance produit son effet aussi bien en badigeonnage sur le pancréas qu'en injection intrapéritonéale ou intraveineuse. La glycosurie s’accompagne d’hyperglycémie et d une notable diminution ou même de la disparition du glycogène du foie. Elle est donc d origine hépatique. — On a soutenu, d’autre part, que cette action de 1 adrénaline est antagoniste de celle de la substance que sécrète le pancréas et qui diminue 1a production du sucre (voy. p. 643) ; ce serait en raison de cet antagonisme qu’un excès d’adrénaline dans le sang amènerait 1^ Glycosurie. Les faits sur lesquels a été fondée cette théorie sont encore insulfisants.

Mais foutes ces glycosuries doivent être distinguées du diabète ^ proprement dit, ou diabète vrai, affection chronique, mettant plus ou moins rapidement la vie en danger.

Le diabète a-t-il toujours pour cause ce trouble de l’activité hépatique caractérisé par une sécrétion exagérée de la glycose? Chauveau et M. Kaufmann (1893-1895) l’ont soutenu en se fondant sur les résultats de leurs analyses comparatives du sucre dans le sang artériel et dans le sang veineux, d’après lesquelles la consommation du sucre est toujours la même chez les animaux diabétiques et chez les animaux sains. Il semble cependant qu’il puisse y avoir aussi diabète par diminution dans la consommation du sucre produit, par défaut du pouvoir de destruction de ce sucre dans les tissus (muscles et glandes plus particulièrement). Et voici par exemple par quels faits et quels raisonnements on s’est efforcé de l’établir (Ch. Bouchard, 1898) : chez les diabétiques, après suppression complète des hydrates de carbone, on peut encore observer l’élimination d’une quantité considérable de glycose. de 100 à 200 grammes. Supposons que 1 organisme ait dû, pour lournir à sa dépense énergétique et calorifique, brûler 500 grammes de glycose, chiffre d’ailleurs plutôt faible. Il

1. Encore convier t-il de remarquer que plusieurs d’entre elles, le chloroforme

le chloral, la morphine, le curare, etc., feraient passer dans le^ urines non nas de la glycose, mais de 1 acide glycuronique CfilI'OOi qui a érrnlement priétés réductrices. ^ également des pro-

2. De StaSiit,),, incontinence d’urine, qui vient lui-môme de S.aS.tvttv nasser A

travers. ’ H«=»cr .a

nutrition

s’ensuit que cet organisme avait 600 à 700 grammes de sucre à. trouver par jour (500 + 100 à. 200 de glycose excrétée). Pour produire cette quantité, il faudrait 6 kilogrammes de graisse ou 1 073 grammes de substances albuminoïdes, soit 5 kilogrammes de viande. « Cela supposerait, dit Ch. Bouchard. une polyphagie invraisemblable ou une autophagie impossible. » Ainsi, « pour expliquer par l’augmentation de la production du sucre une glycosurie même modérée, on est obligé d’admettre comme conséquence une polyphagie ou une autophagie et une azoturie telles qu’on n’en a jamais vu^ ». On voit que dans celte conception le diabète n’est pas sous la dépendance d’une lésion ou d’une altération fonctionnelle du foie, mais est lié à une incapacité des tissus en général à détruire le sucre ^ ; ce ne serait plus une maladie du tissu hépatique, ce serait une maladie des tissus, et spécialement des tissus musculaires et glandulaires.

Nous aurons à revenir sur celte question quand nous étudierons un peu plus loin le diabète causé par l’extirpation complète du pancréas ou diabète pancréatique.

11 y a lieu de distinguer encore une autre forme de diabète, d’origine rénale.

Le type en paraît être le diabète phloridzique (voy. p. 611) qui s’accompagne d’une glycémie normale ou même d’hypoglycémie. Pour cette raison, on ne peut l’attribuer à une production exagérée du sucre dans le foie. Sous l’influence de laphloridzine le rein devient très perméable à la glycose, comme N, Zuntz (1895) l’a conclu d’une expérience consistant à injecter directement de la phloridzine dans l’artère rénale (expériences sur le chien); immédiatement la glycose apparaît dans l’uretère correspondant, et quelque temps après seulement dans l’uretère de l’autre rein. Il a été dit déjà (p. 611) que ce diabète prend fin dès que l’on cesse de faire ingérer de la phloridzine.

4® Fixation et formation de graisses par le foie. Fonctions

adipo-hépatiques.

L’action du foie sur les graisses est complexe. Non seulement la cellule hépatique retient des graisses, mais elle peut en former et elle

1. Cu. Bouchard, La théorie palhogénique du diabète {Semaine médicale, 4 mai 1898, p. 201).

2. Celle incapacité du diabétique à détruire ou à consommer le sucre ne tient pas, comme on l’a cru souvent, à une diminution des oxydations. Les oxydations ne sont nullement diminuées dans l’organisme du diabétique. C’est ainsi que la lévulose, qui s’oxyde à peu près aussi facilement que la glycose, est utilisée dans le diabète et se transforme en grande partie dans le foie en glycogène. Même dans le diabète pancréatique, la lévulose se comporte de celte façon. Demême, l’organisme des diabétiques détruit très bien des corps plus ou moins apparentés à la glycose, comme les acides glycuronique et glyconique, la glycosamine, l’aldéhyde salicyliiiue, etc.

FONCTIONS ADIPO-HÉPATIQUES

les détruit aussi. A côté de la fonction de fixation et de la fonction adipogénique, il y a donc une fonction adipolytique.

A. Le foie, organe fixateur de graisses. — La fixation au niveau du foie des graisses alimentaires ’ a été directement démontrée.

1° De nombreuses observations ont appris, depuis longtemps, que l’augmentation des matières grasses dans l’alimentation fait augmenter la graisse du foie.

2° Chez les chiens, on trouve beaucoup plus de graisse, sous forme de savons (?), dans le sang de la veine porte que dans celui des veines sus-hépatiques.

3“ En faisant ingérer à des cobayes divers corps gras, beurre, huile de foie de morue, huile de pied de bœuf, huile d’olive et sacrifiant les animaux sept heures après, on a trouvé dans les cellules hépatiques des granulations graisseuses en grande quantité (graisses neutres et savons) ; mais l’huile végétale (huile d’olive) est fixée en bien moindres proportions. Mêmes constatations sur le foie de chiens sacrifiés après un fort repas de lait (voy. fig. 158). — Cependant les huiles végétales peuvent être retenues par le foie, comme le prouve une expérience bien connue (A. Lebedeff*, 1883) consistant à donner à un chien de l’huile de lin et à l’intoxiquer ensuite par le phosphore ; le phosphore amène rapidement la dégénérescence graisseuse du foie et la mort ; et, dans ce cas, on retrouve dans le foie gras de l’animal des graisses, dont la majeure partie (les 4/5) est de l’huile de lin.

4“ L’injection de savon par la veine porte est beaucoup moins tonique que par une veine de la circulation générale (voy. p. 246) ; la dose mortelle est alors de 0,40 à 0,50 par kilogramme (expériences sur le lapin) au lieu de Os^lO seulement. Le foie retient donc une forte proportion de la matière grasse injectée.

B. Le foie, organe formateur de graisse. — La formation de graisse par le foie n’est pas moins certaine.

On sait depuis fort longtemps que, chez les animaux bien nourris, le

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