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Médecin russe contemporain

Or, les injections d’extrait thyroïdien atténuent les accidents aigus (convulsions et dépression nerveuse) consécutifs à l’extirpation de l’appareil thyroïdien. Cet extiait se comporte donc comme un antidote plus ou moins actif.

2" Chez les animaux qui résistent assez longtemps à la thyroparathyroïdectomie pour que les troubles nutritifs aient le temps de se développer, chez ceux qui survivent, grâce à la conservation d’une petite portion de glande, et qui sont atteints de troubles tardifs et chroniques, et enlin chez l’homme myxœdémateux, les échanges nutritifs sont profondément modifiés dans le sens d’un abaissement général.

Les échanges azotés sont abaissés ; il y a diminution de l'urée et de l’azote total des urines. 11 y a diminution aussi de l’acide pliosphorique. D’autre part, il y a diminution de la quantité d'oxygène fixé et d’acide carbonique exhalé. — De cette diminution gémirale des échanges résulte certainement rabaissomenl de l^i température constaté dans tous ces cas.

Parmi les marques les plus saisissantes de cette influence trophique- de la sécrétion thyro'idienne, U faut surtout citer les altérations de la peau dans le myxœdème ou consécutives à lathyro'idectomie, le retard de l’ossification (voy. fig. 102) qui tient au non développement des cartilages épiphysaires, d’où le nanisme, et enfin l’atrophie des organes génitaux, ovaires et testicules. Ce dernier fait est une preuve des relations qui existent entre la fonction thyro'idienne et les fonctions génitales L

Or, l’administration d’extrait thyroïdien relève le taux des échanges, de tous les échanges, chez les myxœdémateux aussi bien que chez les animaux qui ont subi une thyroïdectomie totale ou partielle. Par suite la température se relève aussi.

De tout cela il résulte que les glandes thyroïdes exercent normalement par leur sécrétion une action régulatrice sur la nutrition. Si ces organes, atrophiés ou atteints par quelque dégénérescence, ne sécrètent plus ou si on les a extirpés, il se développe toute une série de troubles tenant uniquement au défaut dans l’organisme d’un principe qui augmente normalement l’intensité des mutations de matières dans les tissus.

B. Propriétés physiologiques de riodothyriue. — La nature chimique des extraits thyroïdiens n’a pas été éclaircie. Mais on a retiré de la glande thyroïde, par un traitement d’ailleurs assez brutal (par l’action sur le tissu de l’acide sulfurique bouillant), une

1. A l’appui de celle idée on peut citer les curieux résultats de quelques expériences de O. Lanz (iSgS) et surtout de celles du médecin italien G. Ceru (1904), qui ont vu que les poules Ihyroïdectomisées pondent moins d’œufs et des œuts beaucoup plus petits que des poules témoins de la même couvée.

FONCTIONS DE L’APPAREIL THYROÏDIEN

substance protéique,' remarquable par sa teneur en iode ; c’est Viodothyrine de E. Bauman^n^ (1895-1896) (lui contient de l’iode en quantité variable, jusqu’à l'O p. 100.

La substance iodée de la glande normale ne serait pas l’iodothyrine, mais une globuline, la thyroglobuline (A. OswALD'i, 1899-1900). La quantité de cette globuline est en proportion de la quantité de matière colloïde “ contenue dans la glande. Une thyroïde humaine fraîche fournit de 1 à 3 gram* mes de thyroglobuline (pesée à l’état sec). , ,

On a trouvé constamment de l’iode dans la thyroïde de l’homme et d’animaux d’espèces très diverses La proportion de ce corps est très variable et augmente beaucoup avec une alimentation riche en iode et encore plus quand on fait ingérer des préparations iodées. La thyroïde de' l’homme contient en moyenne de 2 à 6 milligrammes d’iode. — On a trouvé aussi de l’iode en quantité variable dans les parathyroïdes, chez quelques animaux (chien et lapin). ,

11 a paru que le fonctionnement de l’appareil thyroïdien est lié à la production et à l’action de cette substance iodée. Voici pourquoi :

Dans les cas d’altération de la thyroïde, dans le goitre, la thyroïde ne' contient pas d’iode ou en contient très peu. Cependant les goitres colloïdaux en contiennent (A. Oswald, 1897), mais dans ces cas la cachexi(! caractéristique n’existe pas. — Ce fait, rapproché de cet autre, à savoir qu’on trouve toujours de l’iode dans la thyroïde normale et qu’on en trouve en quantité notable seulement dans cet organe, ne démontre-t-il pas l’imr portance de ce corps dans le fonctionnement de la glande?

2° L’action physiologique de l’iodothyrine ou de la thyroglobuline de Oswald est essentiellement la même que celle de l’extrait thyroïdien. Comme celui-ci, cette substance agit donc parfaitement en dehors de la glande. Son administration fait augmenter la quantité d’urine, la quantité d’azote total, de chlorures et d’acide phosphorique des urines, ainsi que les échanges respiratoires. Aussi a-t-elle dans le traitement du myxœdème les mêmes bons effets. — Cependant avec l’iodothyrine on n’a pas pu, comme avec l’extrait thyroïdien, diminuer les convulsions des chiens thyro-parathyroïdectomisés

1. E. Baumann (1846-1896), chimiste physiologiste allemand, ancien professeur à l’Université de Fribourg-en-Brisgau, a laissé de remarquables travaux sur les processus synthétiques dans l’organisme animal.

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