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CROISSANCE ET REPRODUCTION DES TISSUS

•ou du poumon, et réciproquement. Le ferment du foie est particulièrement .actif.

Les produits de l’autolyse ressemblent à ceux do la digestion pepsique ou trypsique. Ainsi dans l’autolyse de la rate on a trouvé des albumoses, des bases hexoniques (lysine, arginine, hislidine), des acides aminés (leucine, acide amino-valérianique, acide asparagique), du tryptophane. Dans l’autolyse ce ne sont pas seulement les albuminoïdes qui sont transformés en produits azotés, analogues à ceux de la digestion trypsique, mais aussi le glycogène en acides lactique, acétique, butyrique, etc.

On peut se demander s’il n’est pas des cas où l’autolyse se produit chez l’animal vivant. Les destructions organiques profondes que les pathologistes observent quelquefois ne s’expliqueraient-elles pas ainsi? N’a-t-on pas trouvé dans le tissu cancéreux un fei’ment qui attaque la matière albuminoïde de la tumeur (E. Petrt [de Graz], 1902) et n’a-t-on pas montré que ce ferment, contrairement à ce que l’on savait des autres agents d’autolyse, n’agit pas seulement sur l’albumine du tissu cancéreux, mais sur celle aussi d’autres organes (F. Blümenth.^l [de Berlin], 190a) et n'est-on pas amené à voir là, quand ce ferment protéolytique passe dans la circulation, la cause de la cachexie cancéreuse? — D’autre part, c’est par autolyse que s’effectuerait, à la période de résolution de la pneumonie aiguë, la liquéfaction de -l’exsudât solide qui encombre les alvéoles pulmonaires.

4° Utilisation des matières protéiques.

Le rôle des matières protéiques assimilées a été déjà indiqué (p. 14o;. Ces substances servent au renouvellement des matériaux protoplasmiques usés. Mais on sait que la masse totale de ces matériaux est petite (voy. p. 145 et 678). Nous avons examiné en son temps et lieu la question du besoin minimum d’albumine (voy. p. 145).

Une partie des albumino'ides de la ration sert à l’entretien de la chaleur. On peut, en effet, calculer en moyenne que, dans l’apport total de calories fournies à l’organisme, sur 100 calories, il y en a :

17 chez l’adulte et 18 chez le nourrisson fournies par l'albumine,

20 — 53 — — les graisses,

63 — 29 ~ ~ les hydrates de carbone.

Ce rôle calorifique et énergétique de l’albumine n’est donc pas ■insignifiant, encore qu’accessoire, puisque chez l’adulte ce sont les hydrates de carbone qui fournissent plus des trois cinquièmes de la ration énergétique, et les graisses chez le nourrisson près des trois •cinquièmes.

5® Développement et reproduction des tissus.

Dans les organismes en voie de croissance, l’assimilation l’em

NUTRITION

porte sur la désassimilation; il y a développement des tissus, plus ou moins rapide suivant les espèces.

C’est ce développement qui se fait dans tous les organes que l’on appelle croissance.

« A proprement parler, l’accroissement n’est qu’une augmentation de masse Mais un tissu ou un organe i)euvent augmenter de masse de deux façons différentes : 1“ par l’augmentation de volume des éléments déjà existants ; 2» par l’adjonction aux éléments préexistants d’éléments nouveaux, autrement dit, par formation ou multiplication cellulaires. Le premier mode... est en général très limité; les éléments anatomiques ont à peu près le même volume chez les animaux de taille très différente... Mais habituellement l’accroissement s’accompagne de la production d’éléments nouveaux, d’une prolifération cellulaire... Tantôt l’accroissement est central, c’est-à-dire que les cellules nouvellement formées se produisent dans toute la masse et dans tous les sens, de façon que l’organe augmente de volume suivant ses trois dimensions ; tel paraît être le cas des organes massifs, comme le foie, le cerveau, etc. Tantôt l’accroissement se fait en surface, comme dans les membranes épithéliales par exemple; tantôt enfin, comme dans les tubes nerveux de l’enfant, qui augmentent de longueur à .mesure que la taille s’élève, l’accroissement est linéaire et se fait suivant une seule dimension 2. »

La croissance est très rapide durant la première période de la vie, puis va en diminuant jusqu’à l’âge adulte; à ce moment, on peut admettre qu’il s’établit un équilibre approximatif entre l’assimilation et la désassimilation. Puis peu à peu celle-ci paraît l’emporter sur celle-là et au développement, à l’évolution succède un mouvement de sens inverse, une mvolution, elle aussi plus ou moins rapide suivant les espèces et suivant les individus, et qui mène les êtres à leur mort naturelle.

On ne peut étudier les phénomènes de la croissance qu’en les suivant dans chaque tissu. Prenons comme exemple un des tissus, dits « de soutien », dans lesquels ces phénomènes sont très nets, le tissu osseux.

Les os s’accroissent en longueur et en épaisseur.

Cet accroissement.se fait par addition de substance nouvelle, comme le montrent les vieilles expériences de Duhamel®. 1° On pratique dans la diapbyse d’un os, sur un jeune animal, plusieurs trous en des points déterminés. On sacrifie l’animal quand l’os s’est notablement développé et on voit que les distances entre les points n’ont pas varié. Si, au contraire.

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