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CROISSANCE ET REPRODUCTION DES TISSUS

les trous ont été pratiqués dans l’épipliyse et dans la diaphyse, on constate qu’au bout do quelque temps ils sont séparés par un plus grand intervalle. C’est donc à la jonction de la diaphyse et de l’épiphyse que l’os s’accroît en longueur. 2® Un fil métallique est introduit sous le périoste et enserre le corps d’un os long ; quelque temps après, l’animal ayant été sacrifié, on constate que le fil se trouve dans l’épaisseur de l’os. — C’est par le périoste que se produit cette addition de couches osseuses à la surface de l’os : si on évide un os, ne laissant que l’étui de périoste qui l’entoure, on voit qu’un os nouveau se reforme dans l’étui périostique ; un morceau de périoste détaché et transplanté sous la peau ou en plein muscle reproduit un os (expériences de Ollier*, 1898). Sur cette propriété du périoste repose la méthode chirurgicale des résections osseuses sous-périoslées (L. Ollier). Il suffit en effet de conserver le périoste, quand on pratique une résection, pour que l’os puisse être régénéré.

Tels sont, très résumés, les faits morphogéniques*. Ils dissimulent tout un travail chimique qui les détermine, mais dont nous ne connaissons que le résultat brut. C’est une matière collagène (voy. p. 43), identique au collagène des autres tissus conjonctifs, l’osséine, qui constitue la substance fondamentale du tissu osseux. Cette matière s’inscruste de sels alcalino-terreux en grande quantité; pour 15 à 30 p. 100 d’osséine, le tissu frais contient de 30 à 60 p. 100 de matières minérales. Celles-ci consistent surtout en phosphate tricalcique et un peu de carbonate de chaux, de chlorure et de fluorure de calcium et de phosphate de magnésie. Ces matières minérales, insolubles dans l’eau, donnent au tissu osseux sa rigidité connue.

A l’état adulte, chez les animaux supérieurs, lorsque les tissus et les organes sont arrivés à leur développement complet, il est des tissus qui peuvent encore se reproduire, lorsqu’ils ont subi une perte de substance.

Tel est, parmi les tissus de revêtement, l’épiderme avec ses phanères, poils et ongles. On sait que, pendant toute la vie, la partie superficielle de l’épiderme se détache fréquemment sous forme d’écailles qu’entraînent la sueur et la sécrétion sébacée ou les simples frottements de la peau. Ces fragments épidermiques sont remplacés par des parties nouvelles. D’autre

part, Tépiderme enlevé par accident se renouvelle aisément à tout âge.

Quant aux poils et aux ongles, ils ne cessent de s’accroître, les uns du côté de leur follicule, les autres aux dépens du derme sous-jacent; leur coupe périodique est la preuve certaine de la constance de leur régénération ; et les ongles arrachés repoussent.

Le tissu osseux aussi répare complètement ses pertes de substance,

1. L. Oi.MER (1825-1000), célèbre chirurgien français, fut longtemps professeur de clinique chirurgicale à l’Universilé de Lyon.

2. Pour le détail le lecteur doit se reporter aux traités d'histologie.

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comme le montre la consolidation des fractures, même à un âge très avancé.

L’accroissement du tissu musculaire, chez l’animal adulte, ne se produit plus que sous l’influence de l’exercice. D’autre part, quand il a été détruit, ce tissu ne peut se reproduire; entre les parties divisées il se fait seulement un tissu de cicatrice. — De même, les portions détruites du système nerveux central ne se reproduisent pas.

En somme, le pouvoir de reproduction des tissus est assez restreint chez l’homme ; la plupart des organes ne se réparent qu’incomplètement, à l’aide d’un tissu cicatriciel, le même à peu près dans tous les organes. — Chez les animaux inférieurs, au contraire, la puissance régénératrice est très grande ; un fragment d’hydre reproduit un animal entier; chez le triton un membre, la queue, etc., peuvent se reproduire. Les exemples de ce genre sont très nombreux. — La connaissance des faits d'autotomie (mutilation spontanée des membres observée chez les Crustacés, les Insectes, etc.) les a encore multipliés; l’autotomie, qui a pour résultat la fuite de l’animal laissant à son agresseur le membre par lequel celui-ci l’a saisi, est suivie de la régénération de ce membre. Ainsi le lézard s’ampute la queue pour échapper à son ennemi, et cette queue repousse ; ainsi les araignées s’amputent et régénèrent leurs pattes très facilement.

Les phénomènes de transplantation se rattachent à ceu.x de la régénération. Des portions de tissus divers détachées d’un organisme et transplantées dans un autre organisme dans des conditions convenables continuent à vivre. La transplantation réussit, sinon à coup sûr, du moins beaucoup mieux quand elle est effectuée entre individus de même espèce. C’est sur ces faits que repose la pratique des greffes animales (greffes cutanées pour la cicatrisation des plaies étendues, transplantations périostiques, transplantations de dents, de segments d’artères et de veines, et même d’organes entiers avec leurs vaisseaux suturés à des vaisseaux d’autres parties du éorps [expériences de Ai.. Carrel, 1906-i908j, greffes thyroïdienne» [voy. p. 648], etc.).

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