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I. — Glande interstitielle du testicule

Prises dans leur ensemble, les cellules interstitielles, qui se trouvent très nombreuses dans le tissu conjonctif interposé entre tous les tubes séminifères, constituent une véritable glande.

Elles possèdent en effet tous les caractères cytologiques des éléments glandulaires, structure du noyau, présence dans le cytoplasma de nombreux produits de sécrétion, cycle sécrétoire. Elles sont, de plus, orientées le plus souvent autour des vaisseaux sanguins et lymphatiques (glande vasculaire sanguine). Elles sont, enfin, indépendantes des cellules séminales, puisque: 1“, elles fonctionnent dans le testicule jeune, alors que la glande génitale possède encore des caractères embryonnaires et, 2°, dans le testicule vieux, alors que les cellules reproductrices sont en dégénérescence ou ont disparu, ainsi que, 3°, dans les testicules ectopiques, où elles sont normalement développées et où les cellules séminales n’existent pas et, 4°, dans les testicules dont les canaux déférents ont été liés ou réséqués en partie, dans lesquels elles conservent leurs caractères et leur activité, alors que les cellules séminales dégénèrent lentement, puis disparaissent.

Quelle est la fonction de cette glande enchevêtrée dans la glande séminale, mais qui en est bien distincte, comme on vient de le voir? Trois sortes d’expériences permettent de résoudre la question.

I» Quels sont les effets de la suppression de la glande séminale, la glande interstitielle étan* conservée ?

Considérons les animaux cryptorchides ou ceux sur lesquels on a lié les canaux déférents de façon à détruire les éléments séminaux. La plupart des cryptorchides n’ont plus de glande sexuelle, mais la glande intersti-

1. P. Aincel et P. Bouin (de Nancy), aux éludes de qui nous devons surtout nos connaissances sur celte glande et sur ses fondions, l’appellent aussi diaslémaiiqiie (de SioaTTiiJLà, interstice).

REPRODUCTION

tielle est bien développée; or, ils possèdent tous les attributs de la virilité,, tous les caractères sexuels du mâle et l'instinct génital, ils sont seulement intéconds — D autre part, si on réalise la sténose des voies excrétrices du sperme soit par ligature des canaux déférents, soit par injection dansl’épididyme d’une substance sclérogène (chlorure de zinc}, on constate, plusieurs mois après, la dégénérescence de la glande séminale et l’intégrité de la glande interstitielle; or, les animaux ainsi traités ont conservé tous leurs caractères sexuels et leur activité génitale (expériences de- P . Ancel et P, Bouin sur le lapin, 1904). Ainsi est obtenue une dissociation lonclionnelle entre la glande reproductrice et la glande interstitielle. — La même dissociation est obtenue par l’exposition des testicules aux rayons X qui détruisent la glande séminale, sans altérer l’interstitielle; on voit alors que, l’aspermatogenèse devenant définitive, le tractus génital reste cependant intact et que l’activité sexuelle persiste (expériences de A. Schônberg, 1903, sur le cobaye et le lapin, vérifiées par divers radiographes et complétées et développées par J. Bergonié et L. Tribondeaü, 1904-1905, dans de nombreuses recherches méthodiques sur le rat blanc). C’est donc bien sous la dépendance de la glande interstitielle que sont les caractères sexuels et l’instinct reproducteur.

2° Quels sont les effets de la suppression de la glande interstitielle?

Quand la glande interstitielle est détruite à peu près complètement, les animaux prennent les caractères des castrats. C’est ce que l'on voit chez certains cryptorchides qui ont perdu les apparences de la virilité, dont lepénis n’est pas développé et qui n’ont plus d’activité génitale ; on a pu constater, dans quelques-uns de ces cas, que la glande interstitielle était très réduite. De même, parmi les animaux auxquels on fait subir la sténose des voies spermatiques, il en est, on ne sait encore pour quellescauses, chez lesquels la glande interstitielle dégénère ou, s'ils sont très jeunes, ne se développe pas ; les animaux deviennent alors peu à peu semblables à des castrats ; les jeunes, par exemple, ont un squelette et une musculature peu développés, un train postérieur volumineux, un tractus génital infantile.

3° Faisons maintenant la contre-épreuve décisive. A des animaux castrés jeunes, injectons de l’extrait de glande interstitielle ; d’autres animaux castrés en même temps sont conservés comme témoins. Or, les premiers se développent à peu près comme des animaux normaux, leur squelette est à peu près le même (os moins longs que ceux des castrés témoins) et les dimensions de leurs organes génitaux (pénis et vésicules séminales) sont sensiblement identiques (expériences de P, Ancel et P. Boüin sur des cobayes, 1906).

De tous ces faits on peut conclure que, de même que dans le pancréas, il y a dans le testicule deux glandes distinctes, l une à sécrétion externe, c’est la glande séminale, l’autre à sécrétion interne, c’est la glande interstitielle qui tient sous sa dépendance le déter-

I. C'est là V insuffisance spermatique, bien distincte, comme on va le voir cidessous, de ce que Ancel et Bouin ont appelé l’insuffisance diaslémalique.

SÉCRÉTIONS INTERNES DES GLANDES GÉNITALES

minisme des caractères sexuels secondaires ^ et l’instinct génital, qui commande donc (comme la glande thyroïde) à des actions trophiques importantes, d’ordre morphogénique. L’action générale du testicule sur l’organisme, chez les Mammifères, doit donc être rapportée à la seule glande interstitielle -.

Propriétés physiologiques de l’extrait testiculaire. — Depuis les observations de Brow.n-Séquard sur les oH'ets thérapeutiques de l’extrait testiculaire, on a étudié l’action physiologique de cet extrait. Quoique aucune étude méthodique générale n’ait été entreprise, on n’en a pas moins constaté des laits intéressants : l’augmentation de la force musculaire sous l’influence de ces injections et la persistance de ce phénomène longtemps après la cessation des injections (expériences ergographiques de O. Zotu et de F. Pregl [de Graz], 1896); l’augmentation de l’énergie de la contraction cardiaque (expériences de K. Hedbom [de Stockholm] sur le cœur isolé, 1898); le ralentissement du pouls et l’abaissement de la pression sanguine (\V. E. Dixon [de Londres], 1901) ; l’accroissement de la consommation d’oxygène et de l’élimination d’acide carbonique (expériences de A. Loewy et Richter [de Berlin], 1899), etc. — Il importerait aujourd’hui de rechercher si ces actions ne sont pas dues en réalité aux produits de la glande interstitielle présents dans tout extrait testiculaire. — Gomme il a été dit p. 659-660 à propos de l’action d’autres extraits, on n’a pas la preuve que ces effets seraient obtenus avec le sang veineux de l’organe.

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