Glande interstitielle de l’ovaire et corps jaune
Les cellules inteistitielles de 1 ovaire qui se trouvent, comme
1. On entend par là l’évolution du tractus génital et des glandes annexes, celle du sque elle, en partie du moins, et celle de l'instinct sexuel.
Avant toutes ces recherehes sur la glande interstitielle on connaissait déjà l'influence du testicule iVi 9/060 sur l’évolution des caractères sexuels secondaires. C’est ainsi que l'on savait que les vésicules séminales et la prostate sont très peu développées chez les animaux châtrés. On avait vu que, chez les chapons la crête et les ergots s’alTaissent et que la transplantation du testicule, chez ces animaux, fait reprendre à ces organes à peu près les caractères qu’ils présentent chez le coq. Plus récemment, M. Nussbaum* (1906) a montré que celte callosité noirâtre et dure (callosité copulatrice) qui se développe chez les mâles de "renouilles {Rana fusca) à la paume des pouces, à l’époque du frai, ne se produit pas. si les testicules ont été préalablement enlevés; mais l’hypertrophie caractéristique survient, quand on a inséré sous la peau du dos des mâles châtrés des fragments de testicule, au fur et à mesure que se résorbe la substance testiculaire. C’est donc bien le suc testiculaire qui provoque le développement des organes sexuels secondaires.
2. Il ne paraît cependant pas aisé, du moins dans l’état présent de nos connaissances, d'étendre le mécanisme d’une sécrétion interne comme cause du déterminisme des caractères sexuels secondaires à toutes les espèces animales C'est ce que A. Giard a remarqué (Soc. de Biologie, 9 janvier 190' p /) eii se fondant sur des faits observés chez les Oiseaux et surtout chez les Insectes.
'Histologiste allemand, professeur à l’Université de Bonn.
REPRODUCTION
leurs similaires du testicule, dans le tissu conjonctif interposé entre les follicules ovariques, homologues des tubes séminifères, et qui sont orientées, elles aussi, autour des vaisseaux sanguins, présentent, elles aussi, les caractères des cellules glandulaires. A côté de cette glande interstitielle, il y a encore dans l’ovaire une autre glande, formée par les cellules des corps jaunes ; ces cellules paraissent être également des éléments glandulaires, dont la sécrétion se déverse dans les vaisseaux sanguins très nombreux du corps jaune
On ne connaît pas le rôle de la glande interstitielle. La question ne se pose d’ailleurs que pour certaines espèces animales, comme les Chéiroptères, les Insectivores, les Rongeiu’s ; chez la plupart des autres Mammifères et chez la Femme, 1 ovaire est dépourvu de cellules interstitielles.
Le corps jaune paraît tenir sous sa dépendance les caractères sexuels secondaires de la femelle.
En effet, si l’on empêche la formation du corps jaune par la destruction des ovocytes et des follicules qui les renferment (les corps jaunes se différencient aux dépens des follicules de ue Graaf même) — et cette destruction est réalisable, sans opération sanglante, au moyen des rayons X dirigés sur chaque ovaire, — on constate, un mois environ après la dernière application des rayons, une atrophie considérable du tractus génital, trompe, utérus, vagin, clitoris, mamelons (ex[)ériences de P. Bouin, P. Ancel et F. ViLLEMi.N sur la lapine, lÜÛC). — Quant à la glande interstitielle, elle a conservé son intégrité morphologique.
D'autre part, chez des lapines vierges et en rut et que l’on accouple avec un mâle dont les canaux déférents ont été réséqués en partie entre deux ligatuies plusieurs mois auparavant, la formation et l’évolution du corps jaune sont les mêmes que dans le cas de coït fécondant; et semblablement aussi l'utérus s’hypertrophie et les glandes mammaires se développent rapidement (voy. fig. 169 et 170) ; mais cette phase d'hypertrophie et d’accroissement est suivie dès le quatox’zième jour d’une phase de régression. 11 y a donc un parallélisme étroit entre l’évolution du corps jaune et celui de l'utérus et de la glande mammaire (expériences de P. Ancel et P. Bouin, 1909). — Que si, chez les lapines soumises au coït non fécondant, on détruit au thermocautère les corps jaunes dès leur apparition (quelques heures après), ni l'utérus, ni les mamelles ne présentent do modifications; si la cautérisation n’a lieu que quelques jours après le rapprochement, les deux organes en voie de développement régressent aussitôt (expériences des mêmes auteurs, 1909). '
1. « Il est singulier de constater, dit avec grande raison P. Bouin (Rev.méd. de l'Esl, jgo2, xxxiv, p. 465-472), que des formations aussi essentielles aient attiré aussi peu l’attention des histologistes. Les premières recherches suivies réalisées sur révolution et la véritable signification morphologique du corps jaune datent en effet des beaux travaux de Sobotta, publiés en 1896 et 1897. Cette sorte d’oubli dans lequel les biologistes ont laissé pendant longtemps ces formations s’explique par l'intérêt presque exclusif que l’on portait aux supports des propriétés héréditaires, ovogonies ou ovocytes... »
SÉCRÉTIONS INTERNES DES GLANDES GÉNITALES
C’est sans doute à l’absence des corps jaunes qu’il faut rapporter les troubles trophiques connus depuis longtemps, consécutifs à la castration chez la femme, tels qu’asthénie, tendance à l’obésité et peut-être aussi les désordres nerveux observés dans le même cas, céphalées, sueurs.
Fig. 1G9. — Photographie de deux glandes Fig. 170. — Pholographie de deux glandes mam mammaires de lapine vierge en rut (Akcei- maires de lapine vierge cinq jours après un et Bouin). coït non fécondant (Ancel et Boui.v).
rougeurs (troubles vaso-moteurs), vertiges, etc. On sait que la suj)pression lente et naturelle des ovaires (ménopause ou « âge critique w) amène souvent des phénomènes morbides analogues. L’administration d’extrait ovarique à des femmes sur lesquelles on avait pratiqué l’extirpation des ovaires ou pendant les accidents de la ménopause
REPRODUCTION
a eu fréquemment de bons résultats^, faisant disparaître les troubles sus-mentionnés.
Propriétés physiologiques des extraits d’ovaires. — Aux effets thérapeutiques de ces extraits ajoutons les données suivantes obtenues à la suite de 1 injection de doses variées : la diminution de la température centrale (expériences d’un élève du professeur Ferré [de Bordeaux], Bestion, 1898); 1 abaissement de la pression artérielle (expériences de Livon [de Marseille], 1898); 1 action vaso-dilatatrice sur la glande thyroïde (expériences de Hallion, 1907); et surtout l’augmentation des échanges gazeux respiratoires (expériences de A. Lokwy et Richter, de Berlin, 1899). — Les extraits d’ov'aires de différents Poissons (en particulier des Téb'odons du Japon) sont très toxiques.
11 importerait de rechercher l’action des extraits de corps jaune et de ceux de la glande interstitielle. On sait déjà que les premiers déterminent une diminution de la pression artérielle; mais cette action ne se produit en général qu’avec les corps jaunes d’animaux gravides; cependant les. extraits de corps jaunes périodiques de truie sont également très hypotenseurs.
Des effets obtenus avec ces divers extraiis on ne peut naturellement rien conclure au sujet du rôle de l’ovaire ou des corps jaunes comme glandes à sécrétion interne. C'est la remarque que nous avons déjà faite à. propos des actions physiologiques d’autres extraits glandulaires.