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III. — LA LACTATION

Les mamelles ont été considérées comme un utérus extérieur. La relation entre ces organes et l’appareil génital femelle qu’implique cette expression hardie ne ressort-elle pas nettement des observations anatomiques faites sur les Marsupiaux? Chez ces Mammifères les mamelles sont situées au fond d’une poche formée par deux replis de la peau du ventre et destinée à contenir les petits pendant toute la période de l’allaitement; cette poche est vraiment une matrice exté-

1. On doit remarquer cependant que ces résultals ne sont pas obtenus à coupsûr, pas plus que ceux fournis par l'extrait testiculaire. Rien d’étonnantà cela ; les extraits ovariques doivent différer beaucoup les uns des autres au point de vue de leur activité, suivant que les ovaires avec lesquels ils ont été préparés ont une glande interstitielle et des corps jaunes plus ou moins développés. Or, il est des espèces où la glande interstitielle forme la majeure partie de l’organe (les 4/5 chez les Rongeurs, par exemple), tandis qu elle existe à peine chez les Mammifères supérieurs adultes ; d’autre part, les ovaires enlevés sur des femelles en gestation ou quelques joursaprès la rupture des follicules de de Graaf contiennent des corps jaunes en pleine activité, tandis que, si on les extirpe à d’autres moments, ils peuvent ne contenir que des corps jaunes en régression. Il est donc indispensable, pour obtenir des effets constants, de se servir d’ex- Iraits préparés, dans des conditions bien déterminées, avec l'une ou l’autre des deux glandes à sécrétion interne de l'ovaire. Et c'est ce que l’on n’a pas fait jusqu’ici.

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Heure; car les petits, nés extrêmement faibles et imparfaitement développés, y séjournent jusqu’à ce que leur développement soit achevé. Mais n’est-ce pas aux mamelles elles-mêmes que l’on peut appliquer cette expression, puisque chez tous les IMammifères les petits, à la naissance, sont incapables de se nourrir des mêmes aliments que les parents et ne peuvent subsister et croître que grâce à un aliment spécial, au liquide fourni par les mamelles? Celles-ci constituent donc bien un organe complémentaire de l’appareil de reproduction.

Sécrétion du lait. Le lait et son rôle.

Les mamelles sont des organes glandulaires, au nombre de deux chez la femme, qui ne se développent qu’à la puberté, et qui, dans la seconde moitié de la grossesse, se développent encore plus. Ce n’est d’ordinaire que le deuxième ou le troisième jour après l’accouchement que la sécrétion s’établit. 11 faut étudier, comme pour toute glande, le mécanisme de cette sécrétion, puis le produit sécrété, c’est-à-dire le lait.

1® Mécanisme de la sécrétion.

A. Phénomènes histolofçiques. — Au fur et à mesure que la cellule élabore le pi’oduit de sécrétion, elle grossit; la partie du cytoplasma au-dessus du noyau se remplit de granulations graisseuses; vers la fin de ce travail, la graisse, sous forme de gouttelettes, envahit l’extrémité supérieure de la cellule; en même temps une portion du noyau paraît se fondre dans la sécrétion. Bientôt tout le cytoplasma qui constitue le sommet de la cellule tombe dans la cavité de l’acinus avec la graisse et les débris nucléaires. La base de la cellule, avec son noyau alors aplati, reste en place. Et cet élément, grossissant et s’élevant peu à peu, recommence le même travail.

R. Phénomènes chimiques. Formation des principaux éléments du lait. — Les éléments principaux du lait sont le sucre de lait ou lactose, la graisse (beurre) et une matière albuminoïde, la caséine (voy. p. 41). Que sait-on de l’origine de oes éléments dans la glande?

a. Formation de la lactose. — La lactose, C'-IP^O” (voy. p. 22), fait partie du groupe des hexobioses. Ce sucre ne se trouve pas dans le sang, mais seulement dans le lait. De ce seul fait on peut inférer qu’il est produit parla glande mammaire. Il est facile d’ailleurs de montrer par une série de preuves concordantes qu’il en va bien ainsi.

1° Preuve tout à fait directe: dans le sang qui revient de la mamelle en

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activité sécrétoire, chez la vache, on a trouvé moins de glycose que dans le sang qui revient, par exemple, de la tête (sang d’une veine jugulaire) ; au contraire, dans la mamelle en repos complet, la consommation du sucre est sensiblement la même que dans les autres tissus.

Voici maintenant des preuves qui, pour être moins directes, ne sont pas moins démonstratives:

2° Si 1 on injecte de la glycose dans le sang de chiennes ou de lapines qui allaitent, on trouve ce sucre dans toutes les sécrétions, sauf dans le lait, qui ne contient jamais que de la lactose ; et l’on a constaté aussi, chez des lapines allaitant, que la glycosurie consécutive k ces injections est beaucoup moindre que chez des animaux témoins. D’où l’on suppose qu’une partie de la glycose injectée a passé dans les glandes mammaires à l’état de lactose ;

3“ On extirpe les glandes mammaires à des chèvres qui sont ensuite fécondées et qui mettent bas normalement ; la délivrance est accompagnée d’hyperglycémie et de glycosurie. D’où l’on conclut que cette glycosurie, d’ailleurs intense, tient à l’absence des mamelles ;

4° On extirpe les mamelles à des chèvres en pleine lactation ; dans les premières heures qui suivent l’opération, il survient une très forte glycosurie. Ce qui prouve que, la glande mammaire venant à manquer, il n’existe plus de tissu apte à transformer la glycose en lactose ; par suite la glycose en excès passe dans les urines.

Ainsi la lactose se forme dans les glandes mammaires, et elle s’y forme aux dépens de la glycose apportée par le sang. Pendant la gestation il y a accumulation croissante de glycogène dans le foie, de sorte que, dès le moment de la délivrance, le foie peut jeter dans le sang une plus grande quantité de glycose ; et cette glycose, les cellules de la glande mammaire la transforment en lactose. — On saisit donc là un nouveau cas de ces associations fonctionnelles glandulaires dont nous avons déjà cité des exemples ; c’est une association entre le foie et les mamelles.

i\os connaissances sont maigres sur la formation des deux autres éléments principaux du lait.

h. Formation de la graisse. — L’étude histologique de la sécrétion paraît montrer que la graisse est produite dans les cellules glandulaires elles-mêmes. Avec quels matériaux?

Une alimentation riche en graisse augmente la quantité de graisse du lait chez une femelle en lactation. Mais il n’est pas sùr que la graisse ingérée soit utilisée telle quelle et ne soit pas modifiée par les cellules de la glande mammaire.

Même avec une nourriture pauvre en graisse, la quantité de matière grasse du lait reste importante. D’où l’on conclut que la glande mammaire peut former de la graisse soit aux dépens des hydrates de carbone, soit aux dépens des graisses en réserve. En faveur de cette dernière opinion, on peut citer le fait que, malgré une nourriture ne contenant pas d’iode.

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on trouve dans le lait de la graisse iodée, s’il s’est déposé préalablement une telle graisse dans l’organisme. Il faut noter cependant qu’il est impossible que toute la graisse du lait, chez les Herbivores (vache laitière par exemple), provienne de celle des aliments, cette quantité étant supérieure à celle que contient la nourriture de ces animaux. Une partie doit donc provenir des hydrates de carbone ou des matières albuminoïdes.

Celles-ci participent-elles à cette formation de la matière grasse ? On l'a pensé, car une alimentation riche en albumine augmente la quantité de graisse du lait. Il est vrai que dans ce cas les albuminoïdes peuvent simplement épargner les hydrates de carbone et les graisses des tissus, rendus par cela môme disponibles en plus grande quantité pour le travail de la glande mammaire.

c. Form.vtion de la caséine. — Gomme la lactose, la caséine n’existe pas dans le sang. Elle doit donc être formée par les cellules de la glande mammaire, soit aux dépens des albumino'ides du sang, soit à partir du protoplasma même des cellules. Ce qui tendrait à prouver la première origine, c’est que, dans le colostrum (voy. plus loin), on trouve très peu de. caséine et beaucoup d’albumine et que, au fur et à mesure que la sécrétion lactée acquiert ses caractères définitifs, la proportion de caséine augmente, et celle de l’albumine diminue de plus en plus.

G. Innervation des glandes mammaires. — L’influence du système nerveux sur la sécrétion lactée est prouvée par des faits d’observation, tels que l’augmentation de la sécrétion parla succion du mamelon ou, inversement, son arrêt par diverses émotions. Gonnaît-on les nerfs qui relient le système nerveux central à la glande?

D’après des expériences faites sur la chèvre, le nerf spermatique externe fournirait à la glande, indépendamment d’un rameau dont l’excitation amène l’érection du mamelon, deux autres filets dont l’excitation provoque à la fois la sécrétion et des modifications circulatoires.

D’après des expériences faites sur la chienne, l’excitation du bout périphéricjue du nerf mammaire, provenant du cordon d’union entre les 4® et 5® paires lombaires, amène une baisse de la pression sanguine dans l’artère mammaire et en môme temps un jet abondant de lait, si on comprime le mamelon. La compression du mamelon des autres mamelles, par comparaison, ne fait sourdre que quelques gouttes de lait. Ce nerf serait donc assimilable à la corde du tympan, à la fois vaso-dilatateur et sécréteur.

La sécrétion lactée n’est toutefois pas sous la dépendance absolue du système nerveux, comme le démontrent les observations de Goltz et R. Ewald sur une chienne à moelle dorso-lombaire enlevée ; cet animal mit bas cinq petits ; on lui en laissa un qu’elle nourrit et qui se développa parfaitement; le lait sécrété était normal.

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2° Causes de la sécrétion lactée.

Tout le monde sait que la succion du mamelon provoque la sécrétion de la glande mammaire. Mais ce serait une erreur de considérer les excitations mécaniques de ce genre comme étant des causes de sécrétion ; ce sont bien plutôt des agents d’excrétion.

L’excitant spécifique de la sécrétion paraît être de nature humorale. Voici quelques expériences, dues au physiologiste russe M. Mmonoff(1895), qui le prouvent.

Sur une chèvre primipare, tous les nerfs de la glande mammaire sont réséqués sur une longueur de 2 centimètres, un mois et demi avant l’époque de la mise bas. Celle-ci venue, les mamelles s’iiypertrophient néanmoins, comme sur un animal normal, et sécrètent comme chez celui-ci. — La même opération fut pratiquée sur une autre chèvre avant la fécondation ; les résultats furent identiques.

Ce n’est donc pas par l’intermédiaire du système nerveux central que, pendant la gestation et après l’accouchement, les glandes mammaires se développent, puis se mettent à sécréter, mais sans doute sous l’influence d’agents chimiques produits dans les ovaires (voy. p. 728 ce qui a été dit de l’influence des corps jaunes)L

11 est probable d’ailleurs que les influences qui président au développement de la glande (action morphogène d’une sécrétion interne [coi'ps jaune]) ne sont pas les mêmes que celles qui provoquent son activité sécrétoire.

3“ L'excrétion du lait.

Le mécanisme de l’excrétion du lait est double, extrinsèque et intrinsèque; le premier est le plus important.

1. Par la succion du mamelon, l’enfant opère le vide dans la cavité buccale, et le lait y est aluRS précipité par la pression atmosphérique

1. Pendant ses longues époques de repos, la glande est comme atrophiée ; c’est son état normal chez la jeune fille, chez la vieille femme et chez l’homme! A l’époque de la puberté, elle se développe chez la femme, mais les culs-de sac mammaires et leur épithélium ne sont bien distincts et bien caractérisés que sous l’influence de la grossesse et de la parturition.

Cette hypertrophie et la fonte glandulaire, qui caractérisera sécrétion du lait peuvent cependant se produire aussi dans quelques circonstances particulières! Des jeunes filles ont vu, après avoir donné leur sein à un nourrisson, sous l'influence excitatrice de la succion, cette glande se développer et produire du lait ; des hommes même ont présenté un phénomène analogue. Enfin, à l'époque de la naissance, des enfants mâles ou femelles sécrètent par cette glande rudimentaire un liquide très analogue au lait {lait de sorcière). Il semble bien que les sécrétions de ce genre se produisent plutôt par l’intermédiaire du système nerveux que sous l'influence d excitants chimiques directs.

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qui s’exerce sur la mamelle. « La bouche de l’enfant joué donc le rôle d’une pompe aspirante L »

2. Quelque essentiel et prépondérant que soit ce rôle de la succion dans l’excrétion du lait, la mamelle participe cependant aussi au phénomène. En premier lieu, l’érection 2 du mamelon, due à la contraction des fibres musculaires lisses qui se trouvent mêlées à son tissu conjonctif, permet à l’enfant de le saisir plus facilement. D’autre part, il existe dans les acini glandulaires, au-dessous de l’épithélium sécréteur, une couche de cellules, dites myo-épithéliales, dont la contraction donne lieu sans doute à l'excrétion hors des cellules sécrétantes de leur produit de sécrétion ; les mêmes éléments myo-épithéliaux se trouvent dans les canaux excréteurs et leur contraction doit faciliter la progression du lait. Quant aux canaux galactophores, au moment où ils traversent le mamelon, ils sont plongés dans un tissu conjonctif sous-cutané, très riche en fibres musculaires lisses, transversalement ou circulairement disposées; la contraction de ces fibres, par action réflexe, à la suite de l’excitation des nerfs sensibles du mamelon provoquée par la succion, amène la sortie du lait.

4“ Le produit de la sécrétion, le lait.

Le lait n’est pas un produit de composition constante. On a constaté que deux laits de même âge, provenant de deux femmes différentes, peuvent présenter des différences notables dans leur teneur en sels ou en principes organiques. On a constaté aussi que, chez la même femme, la composition du lait peut varier aux différentes heures de la journée et, d’autre part, au début et à la fin d’une même tétée. Pour établir la composition moyenne du lait, il faut donc tenir compte de ces données®. Enfin les modifications du régime alimentaire font varier la composition du lait; un régime riche en hydrates de carbone fait augmenter la lactose et le beurreun régime riche en albuminoïdes fait augmenter la caséine.

A. Quantité et propriétés du lait. — La quantité sécrétée n’est pas facile à déterminer chez la femme. On a fait cette détermi-

1. .1. Béclard, Traité élémentaire, de physiot. , édit., p. 3g, Paris, 1880.

2. Ce terme est impropre, car il ne s'agit pas là d'une véritable érection favec turgescence, augmentation de volume) ; quand le mamelon s'érige en réalité il s'allonge et s’amincit par le fait de la contraction de ses libres musculaires

3. On peut pour cela recueillir le lait de la façon suivante (procédé de Ch. Michel*, i8g8) : on prélève un échantillon au début de la première tétée du matin, un autre échantillon au milieu de la tétée du milieu du jour et un dernier échantillon à la fin de la tétée du soir. On a ainsi vraiment un laU moyen.

* Chimiste et pharmacien français contemporain.

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nation d’une manière indirecte en pesant l’enfant avant et après chaque tétée. Le premier jour après l’accouchement, la sécrétion ne se monte guère à plus de 50 grammes en général ; dès le quatrième jour elle atteint 500 grammes. Une bonne nourrice, du poids de 55 à 60 kilogrammes, vers le sixième mois, donne environ 1 litre de lait par vingt-quatre heures. Une vache normande, bonne laitière, en donne, au quatrième mois du vêlage, 25 litres, et des vaches hollandaises en donnent jusqu’à 40 litres.

C’est un liquide opaque, blanc bleuâtre, d’une saveur sucrée, d’une odeur spéciale suivant les espèces animales. — Sa densité est de 1025 à 1036 (lait de femme); son point de congélation, à condition qu’il soit frais et non adultéré, est de — 0%55. Microscopiquement c’est une émulsion; il va 8 à 900 000 globules par millimètre cube; cette émulsion est stable. — Sa réaction est toujours légèrement acide chez les Mammifères. Porté à l’ébullition, il ne coagule pas, tout le monde le sait ; la caséine en effet ne coagule pas par la chaleur. 11 coagule par les acides ou sous Tinfluence de la présui’c. L’action de la présure a été étudiée p. 223. La coagulation spontanée met quelques jours à se faire, elle est l’œuvre indirecte d’un ferment ligui-é, le ferment lactique (Pasteur) ; celui-ci transforme la lactose en acide lactique, (.^2i|22(jn p[|2()=4(;3i|603. quand cet acide se trouve en quantité suffisante dans le milieu, alors la coagulation se produit.

B. Composition du lait. — Abandonné à lui-même, le lait se sépare en deux couches ; les globules butyreux viennent à la surface et forment la crème i ; le liquide sous-jacent est aqueux et bleuâtre. Le lait est en effet constitué par un liquide, le plasma du lait, qui tient en suspension des éléments figurés, parmi lesquels les globules de graisse ; par la coagulation on a le caséum, formé par la caséine coagulée qui entraîne les globules graisseux et, d’autre part, le petit-lait ou sérum {lactosérum), qui contient la plus grande partie des sels, la lactose et un peu d’albumine soluble.

Sur 100 parties, le lait de femme contient environ :

Grammes.

Eau 87

Sels 0,3

Lactose 6

Graisse ■ 4

Caséine 2

Le lait de vache confient moins de sucre (4 grammes seulement), autant de graisse et plus de sels (0?'‘,8) et de caséine (3 grammes). C’est pour cela que, quand on est obligé de donner du lait de

1. Avec la crème on fait le beurre par le battage qui agglutine les globules.

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vache aux très jeunes enfants, il faut le sucrer et, d’autre part, l’étendre d’eau (pour diminuer la teneur en caséine).

La (|uanlité d’eau varie suivant les laits. C’est le lait de chèvre qui en contient le moins.

Les matières minérales du lait sont très nombreuses. Voici quelle est leur répartition (d’après Bunge) dans un litre de lait de femme :

Grammes.

K*0 (polasse) 0,782

Na-0 (sonde) 0^237

CaO (chaux) 0,842

MffO (mairnésie) o,o65

P205 (anhydride phosphoriquc! 0,468

Fe*05 (oxyde de fer) o,oo5

Cl(chlore) 0,445

Total des cendres 2,344

11 y a en outre des citrates alcalins * et des traces de fluor et de silice. — Nous avons montré p. 135 la signification de ces matières minérales du lait par rapport au développement du nouveau-né. Ajoutons que les animaux dont les petits se développent très vite ont un lait particulièrement riche en cendres et notamment en chaux et en acide phosphorique.

La quantité de lactose est très variable suivant les espèces animales.

La quantité de beurre varie encore plus. La graisse du lait de vache est formée d’environ 25 à 30 p. 100 d’oléine, 60 p. 100 de palmitine, 3 p. 100 de butyrine et de quelques grammes de stéarine, caproïne et caprine.

La caséine n’est pas la seule matière albuminoïde du lait.

Si, en effet, on précipite la caséine par l’acide acétique, on obtient avec le filtrat un coagulura par la chaleur. Ce coagulum est formé d’une albumine Uaetalbumine) et d’une globuline ilactoglobuline) que l’on peut séparer très simplement.

On traite le lait par du chlorure de sodium à saturation : la caséine se précipite ; les deux autres albuminoïdes restent en solution ; on précipite parle sulfate de magnésie à saturation : la lactoglobuline se précipite et le liquide filtré contient la lactalbumine.

Les proportions de ces deux substances sont minimes. La caséine reste la matière protéique essentielle du lait.

Le lait contient encore d’autres substances organiques, des traces de lécithine et de cholestérine, une matière colorante jaune et enfin

1. Le lait de vache contient souvent u^So d’acide citrique par litre. C'est gnice à cet acide que le phosphate de calcium serait maintenu en solution dans le lait. — L’acide citrique se formerait dans la gianJe aux dépens de la lactose.

Glev. — Physiologie.

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des ferments solubles, une amylase, une lipase, une calalase (ferment décomposant l’eau oxygénée ou oxydase indirecte [\oy. p. 9“)]), un ferment dédoublant le salol en acide phénique et acide salicylique, et de la pepsine et de la trypsine. Ces ferments paraissent éti e simplement excrétés par les glandes mammaires, comme ils le sont aussi par la glande rénale.

Substances étrangères éliminées par le lait. — On a remarqué depuis bien longtemps qu’un grand nombre de médicaments administrés à des nourrices passent dans le lait. 11 y a là un moyen indirect d’agir sur le nourrisson. Par contre, il faut craindre, en faisant prendre des médicaments à une nourrice, d’intoxiquer plus ou moins gravement son nourrisson. Bien des substances sont en effet éliminées avec le lait, les sels de potasse et de soude, le sulfate de magnésie, le carbonate d’ammoniaque, le bismuth, le zinc, le plomb, le borax, l’iode et les iodures, l’arsenic, l’alcool, l’éther et le chloral, le salicylate de soude, la quinine, l’atropine, la rhubarbe, le séné, la scammonée, l’huile de ricin, le colchique, le copahu, etc.

C. Colostrum. — Dans les premiers jours qui suivent l’accouchement, la glande mammaire ne sécrète pas le liquide qui a été analysé ci-dessus, le lait proprement dit, mais un liquide qui s’en rapproche, le colostrum.

Le colostrum est épais, jaunâtre, plus dense que le lait (1050), de réaction alcaline. On y trouve des globules de graisse, comme dans le lait, des leucocytes et des éléments mûriformes, sans noyau, de 8 à 40 g de diamètre (corpuscules du colostrum). Il coagule en bouillant et ne coagule pas par la présure ; celle-ci agit cependant si on ajoute au colostrum une petite quantité de chlorure de calcium. — La composition du colostrum està peu près la môme que celle du lait, mais il contient moins de caséine et beaucoup plus d’albumine.

5° Rôle du lait.

De ce que le lait contient toutes les substances qu’il faut pour la constitution des tissus et pour la production de chaleur et d’énergie, et cela en proportions différentes de celles qui sont nécessaires à l’adulte, il suit que cet aliment ne peut être remplacé pour le nouveau-né par aucun autre. On doit particulièrement remarquer la grande quantité de graisse et de phosphates terreux que contient le lait. Nous verrons, en étudiant la chaleur animale, combien sont élevés les besoins thermiques du nouveau-né; la consommation de graisse que son alimentation le met à même de faire répond à ces besoins.

Le lait, pour être utilisé, doit d’abord être coagulé dans l’estomac. On a vu quelle est l’action de la présure, p. 222 et suivantes; et à ce

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propos les différences, si imporlantes au point de vue de la digestibilité du lait, qui existent entre le caséum du lait de femme et celui du lait de vache, ont été signalées.

On s’est demandé si les ferments contenus dans le lait n’exerceraient pas quelque action favorisante sur son utilisation. Rien d’absolument certain n’a été jusqu’à présent fourni à cet égard.

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