Tous ces procédés offrent des causes d'inexaclilude
SÉCRÉTION DE LA SUEUR
choléra, par exemple, dans diverses anuries) dans lesquelles l’urée est très abondante. C’est un cas de suppléance de la fonction rénale par les glandes sudoripares.
Toxicité de la sueur. — La sueur est très peu toxique. On a pu en injecter de 60 à 100 centimètres cubes (injection intraveineuse) à des lapins de 2 kilogrammes environ, sans rien produire que des accidents insigniliants. Cependant des doses de 15 centimèfres cubes par kilogramme amèneraient la mort, chez le chien, en un à trois jours; les troubles les plus importants seraient l’accélération du cœur, les vomissements, la congestion gastro-intestinale, l’hypoglobulie, etc. — La sueur, sécrétée pendant un travail musculaire pénible, serait plus toxique*. La toxicité de la sueur augmenterait aussi dans les cas d'albuminurie et d’éclampsie (d’après des observations du médecin italien A. Noto sur des femmes enceintes, 1903), ce qui prouve que, en cas d’insuffisance rénale, des substances nocives peuvent s'éliminer par la peau etque celle-ci joue alors un rôle défensif.
B. Rôle de la sueur. — La sueur, en tant que liquide d’excrétion, joue un rôle peu important; elle est seulement une des voies d’élimination de l’eau. Ce n’est que dans des cas pathologiques, nous l’avons indiqué tout à l’heure, qu’elle contient des substances qui s’éliminent normalement avec les urines.
Le véritable rôle de la sueur est un rôle physique qui tient à l’effet de l’évaporation de l’eau à la surface du corps. Pour passer de l’état liquide (à 37°) à l’état gazeux, 1 kilogramme d’eau absorbe 582 calories; un animal, qui évapore un litre d’eau, se refroidit donc de 582 calories. Comme un homme adulte produit environ 100 calories par heure (2400 en vingt-quatre heures), l’évaporation de 1 litre peut compenser toute la chaleur produite durant six heures. De •cette évaporation résulte donc une réfrigération souvent intense. Aussi la sudation joue-t-elle un rôle prépondérant dans la régulation de la chaleur animale 2. C’est un point que nous retrouverons en traitant de cette dernière question.
La sécrétion sudorale (perspiration cutanée) a enfin pour rôle de favoriser l’exercice de la sensibilité cutanée. Elle contribue à maintenirlasouplesse de l’épiderme, et c’est là une qualité de la peau grâce à laquelle les moindres contacts extérieurs sont transmis exactement aux organes nerveux qui se trouvent disséminés dans
1. La connaissance de ces faits surla toxicité de la sueur est due à S.Arloinq (Soc. de Biologie, 26 décembre 1896, p. 1107 et 29 mai 1897, p. 533).
2. Lavoisier (ÜLwore.v, t. II.p. 700) écrivait en 1789 : t La machine animale est gouvernée par trois facteurs principaux : la respiration qui consomme de l’hydrogène et du carbone et qui fournit du calorique ; /a transpiration qui augmente ou qui diminue, suivant qu'il est nécessaire d'emporter plus ou moins de calorique, ■enfin la digestion qui rend au sang ce qu'il perd par la i cspiralion et la transpiration. •
FONCTIONS D’EXCRETION
cette membrane sensible. Aussi voit-on un très grand nombre de glandes sudoripares dans les parties les plus sensibles, telles que la paume de la main et la plante des pieds.