I- — Résistance au froid
Quand la température du milieu s’abaisse, en vertu de la loi de Newton la radiation calori(|ue augmente; cependant l’animal ne se
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refroidit pas. C’est que l’orj’aiiisme a deux j^u'aiids moyens de lutter contre le Iroid. La déperdition de chaleur devient moindre et, d autre part, les phénomènes de comhustion s’exagèrent, d’où augmentation dans la thermogenèse.
A. Diniinutioii de La déperdilioii <le chaleur. — L’expérience montre ([ue, lorsque la température extérieui'e s’abaisse, la peau j)àlit, ses vaisseaux se resserrent. Les veines ne ramènenl donc aloi’s delà surlace cutanée qu’une faible projxvi'tion de sang refroidi, et ainsi la contraction vasculaire a pour consé(|uence un moindre refioidissement de la masse du sang. Du même coup, la j)eau recevant moins de sang, la quaiîUté de chaleur cjue lui cède le sang diminue et la radiation calorique (jui se fait parla surface diminue aussi.
Lest par action réflexe (jue ce phénomène se produit. Les nerfs sensibles de la peau sont excités par Je Iroid ; l’excitation est transmise aux centres vaso-constricteurs dont la réaction provoque le resserrement des vaisseaux des régions ex[)osées au froid.
Ln plongeant une main dans l’eau glacée, non seulement cette main s anémie, mais l’autre main s’anémie aussi et se refroidit, comme on peut le constater en y plaçant un tliermomètre (réllexo vaso-constricteur observé par Brown Séqü.vbd et Tholozan, 1851). On a démontré directe-
Fi". 1/9. — Resserrement réflexe des vaisseaux de l’avant-bras et de la main sous l’influence du froid (FiiAxçois-FnANCK).
Une main est placée dans un appareil iiléthysmographique. L’autre main, à l’instant FF'
saisit un morceau de glace. *
ment le resserrement réfle.xe des vaisseaux qui se produit dans ce cas en disposant la main non ex|)osée au froid dans un appareil inscripteur des changements de volume (voy. p. 4.37); cette main subit une diminution de volume notable, comme on le voit sur la figure 179.
Ce mécanisme est assez important pour que les combustions respiratoires ne se modifient nullement sous rinfluence de refroidissements modérés, même prolongés pendant plusieurs heures (expériences de Lorvv, 1889 et de ID bner, 1891, sur l’homme).
Quand le refroidissement augmente, un autre mécanisme compensateur intervient, que nous allons examiner.
CHALEUR ANIMALE
B. xVii^iiientation <le la i>i'o<li:etioii <Ie clialeiii'. — Avec rabaissement de la tempéialure extérieure les combustions augmentent.
Soii un nomme è jeun qui, à une lenij)cralure de -1- 15“ à -f 20“, consomme 4 lit., 5 d’oxygène en quinze minutes; exposé nu à une température do -I- 10“, il en consomme dans le môme temps 5 lit., 5 et même 6 litres (expérience de L. Fhedebico sur lui-même). Des observations semblables ont été laites sur divers animaux, chiens,- lapins, cobayes.
Où se produisent ces combustions ? surtout, sinon exclusivement, dans le système musculaii e.
On sait par des observations journalières que le froid, qu’il soit causé par l’air ou par l’eau d’un bain ou d'une douche, détermine des séi’ies de secousses musculaires plus ou moins fortes, des /’?’tssons. Au furet à mesure que le frisson devient plus fort, la quantité d’acide carboniciue exhalé augmente (voy. p. 558) et la température se relève. Nous connaissons d’ailleurs l’inlluence de l’activité musculaire sur la thermogenèse (voy. p. 782).
Ch. Richet a distingué deux espèces de frisson thermique, le frisson réflexe et celui de cause centrale. Le premier survient quand la température de l’organisme n’a pas encore changé; c’est ainsi qu’une douche froide fait frissonner, sans modification aucune de la température centrale. Normalement, les tout petits chiens maigres, à poils ras, tremblent sans cesse; ils frissonnent pour no pas se refroidir. L’excitation des nerfs sensibles de la peau par le froid stimule les centres moteurs bulbomédullaires qui commandent les secousses musculaires du frisson. — La seconde forme du frisson s’observe aisément chez les chiens chloralisés; pendant le sommeil la température tombe aux environs de 30“ ; mais, à mesure que s’atténue l’anesthésie et que se fait le réveil, il survient un tremblement général ou frisson et en même temps la température cesse de s’abaisser; quand le frisson devient |)lus fort, elle commence à remonter. C’est donc l’abaissement de la température centrale (refroidissement du sang) qui a amené cette réaction.
D’autre part, dans des expériences faites sur des personnes ayant l’habitudedes'observer, on a montré (A. Lofa v, 1889, J. K. Joh.xnsso.nL 1897 et 1904) que, lorsque l'on s'abstient rigoureusement de tout mouvement volontaire et de tout frissonnement sous l’induence du froid, le refroidissement périphérique n’élève plus le taux des combustions respiratoires.
Ainsi ce n’est pas par action directe sur les phénomènes chimiques intracellulaires, en provo(|uant directement l’accroissement des décompositions chimiques, que l’organisme lutte contre l’excès de la déperdition cutanée. Cette élévation subite des combustions respiratoires, qui atteint 100 p. 100 et plus et qui survient à la suite de l’exposition brusque au froid, est due à des mouvements, soit volontaires, soit involontaires (frissons), c’est-à-dire au travail des
i. Physiologiste suédois contemporain, professeurà t’Universilé de Stockholm.
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muscles. En d’auti-es termes, il n’y a pas de régulation chimique directe de la tliermogenèse. Celte régulation se fait par l’intermédiaire du système musculaire.
Cependanl il y a des cas dans les(piels il se produirait aussi une augmentation des combustions dans le foie ; on a constaté, dans cet organe, au moyen d’aiguilles thermo-électriciues, des élévations de température sur des animaux préalablement refroidis.
C. Limites de la résistance au froid. — L’homme, chaudement vêtu et bien nourri, peut lutter indéfiniment contre de très grands froids; c’est ce qui est arrivé par exemple à nombre d'explorateurs dans les régions polaires. Quant aux animaux, ils sont protégés par l’épaisseur de leur pelage hivernal. Mais l’organisme ne résiste pas très longtempsau refroidissementcontinu. C’est pour cela que les animaux à peau nue résistent difficilement aux basses températures; un lapin rasé meurt de froid deux fois plus vite qu’un lapin normal. De même, les homéothermes de beaucoup d’espèces résistent mal aux bains froids d’une durée un peu longue ; la mort survient quand la température centrale est tombée à 20<* environ.