SENSIBILITÉ CUTANÉE
Les terminaisons nerveuses sensibles sont nombreuses dans la peau. Les bistologisles distinguent les corpuscules du tact ou de Meissner (dans les papilles dermiques), ceux de Krause (dans la conjonctive, dans la muqueuse buccale, etc.), ceux de Vater-Pacini‘ (dans le tissu conjonctif sousdermique 2) et les terminaisons libres épidermiques en boutons). D’après le développement de chacune des formes de la sensibilité cutanée en des points divers de la peau, et, comparativement, d’après la répartition des différents appareils nerveux terminaux en ces mêmes points, on peut espérer résoudre la question posée. Ainsi les corpuscules de Meissner serviraient à la réception des impressions tactiles, parce qu'ils sont répandus en grand nombre là où la sensibilité tactile est très développée (face palmaire des doigts, langue,* etc.) ; les corpuscules de Krause recevraient les impressions de froid parce qu’on les trouve dans la conjonctive et dans la muqueuse du gland, c’est-à-dire en des endroits où l’on sent le froid, mais point les contacts (on y sent aussi la douleui') ; et les terminaisons libres seraient les appareils récepteurs des impressions douloureuses, puisqu’on ne trouve que ces appareils dans la cornée, qui ressent exclusivement la douleur. Telle est du moins la conclusion à laquelle est arrivé, après de nombreuses recherches, Max von Fret*, un des physiologistes qui a le plus contribué à étendre nos connaissances sur les formes de la sensibilité eutanée. Cette conclusion cependant est conjecturale.
La question des voies nerveuses par lesquelles les différentes impressions cutanées sont conduites aux centres est plus compliquée que la précédente. Il faut remarquer en effet que les filets sensibles des racines postérieures et ceux des nerfs crâniens ne transmettent pas seulement les impressions reçues par la peau, mais celles qui viennent des muscles, des articulations, des organes internes et d’où naissent les sensations de mouvement actif et passif, d’effort, de résistance, etc., et ces sensations plus ou moins bien définies que l’on dénomme besoins et les sensations générales de fatigue, de malaise, de bien-être, de volupté, etc. Comment distinguer les voies suivies par toutes ces impressions? On verra que cette détermination, encore imparfaite d’ailleurs, n’a pu être poursuivie que pour les impressions tactiles, thermiques, douloureuses, et, à un moindre degré encore, pour les impressions kinésiques^.
1. Vateb (1684-1751), anatomiste allemand. — 1‘acini (i8i2-i883), anatomiste italien.
2. On les trouve aussi dans diverses parties du péritoine, au voisinage des articulations, etc.
3. Physiologiste autrichien contemporain, professeur à l’Université de Würzburg.
4. On dit souvent kinesthésiques (de «(vtitiî, mouvement, et afir6iri,T;<;, sensation), mais ce terme, accouplé au mot sensation, comme on le fait, est évidemment un pléonasme. Nous proposons de dire simplement kiiiésiques, qui se comprend de reste.
812 FONCTIONS SENSORIELLES
Il faut pour le moment faire l’étude de chacune des formes de’U sensibilité cutanée.